SOS Pèlerin, vendeur d’assurances pour AXAEn politique, on a l’arabe de service. Dans le business, aussi. Longtemps en politique on a eu - et on a encore - des militants couscous-merguez. Officiellement, on pratique l’ouverture en intégrant des minorités visibles. Officieusement, ce sont des faire-valoir. Dans l’esprit des donneurs d’ordre, Mouloud qui fait la danse du ventre est plus crédible que François. Ces postures essentialistes, fondées sur des présupposés toujours arrivistes, si elles sont courantes, n’en sont pas moins à dénoncer. Surtout quand les fins sont mercantiles. Car à la différence du politique, le camelot, quand il n’est pas ouvertement margoulin, s’embarrasse de peu de scrupules. La morale n’est pas son affaire : on prend l’argent là où il est. Et de l’argent les musulmans en ont. Plus qu’hier et encore plus demain. Certains en font un business dans les règles, d’autres usent de procédés qu’il est grand temps de mettre au jour.

SOS Pèlerin, une association profondément communautariste

Association sortie de nulle part, création ex-nihilo qui cherche à s’imposer comme une référence en matière de pèlerinage, SOS Pèlerin est tout orientée vers la communauté musulmane. Comment donc croire à leur discours “association pour tous les pèlerinages” quand SOS Pèlerin ne se mobilise que pour le pèlerinage à La Mecque ? Pourquoi insister sur le “tous les pèlerinages” quand dans le même temps on se consacre complètement et uniquement au pèlerinage à La Mecque ? Sos Pèlerins ne fait rien pour le pèlerinage à Lourdes. Or on sait que ce pèlerinage est souvent le fait de personnes âgées qui ont justement besoin d’assistance et de soutien. Les pèlerins non musulmans ne méritent-ils pas autant d’attention que les pèlerins musulmans ? Qu’ont donc les pèlerins musulmans de plus que les pèlerins des autres religions pour être tant courtisés ?

A la vérité, SOS Pèlerin est une association qui ne s’intéresse qu’aux musulmans. C’est bien pour cela que ses responsables se sont sentis obligés de forcer le trait en insistant lourdement sur le fait qu’ils sont “dans une démarche citoyenne et laïque”. Ou encore que leur objectif est “d’améliorer les conditions de pèlerinage pour les pèlerins de toute croyance, toute culture et de toute origine”. Si seulement c’était le cas. Il ne suffit pas de dire cent fois pour que réalité soit.

La preuve par l’image

En cliquant sur le lien suivant http://www.sospelerin.org/fr_destinations.html, on se rend compte qu’il n’y a des informations que pour le hajj. On pourrait nous rétorquer que ce n’est normal puisque c’est la période. Certes, mais cela est comme ça depuis l’origine. Quid des autres pèlerinages ? des copier-coller de sites tiers (exemple : le texte de cette page http://www.sospelerin.org/fr_saintjacquesdecompostelle.html a été repris de cette autre page http://www.saint-jacques.info/clunylepuy.html) ou pire en guide d’informations pour le pèlerinage à Rome une photo du pape Jean-Paul II (sic). Voir ici : http://www.sospelerin.org/fr_rome.html. Aveu ou mépris des pèlerins chrétiens ?

SOS Pèlerin, une efficacité médiatico-médiatique

Il paraît que tout le monde connaît SOS Pèlerin. Il paraît surtout que le journalisme est par nature partisan du moindre effort : il suffit que dans un JT un expert proclamé intervienne sur un sujet pour que les confrères journalistes se disputent son numéro de téléphone. Dès lors se construit une réalité médiatique qu’il convient de ne jamais confondre avec la réalité du terrain. Ces deux réalités peuvent se confondre et n’être qu’une. Comme elles ne le peuvent pas. En occupant un terrain vide, SOS Pèlerin est devenu la nouvelle coqueluche des médias. C’est désormais l’expert ès pèlerins floués. Sauf que lorsqu’on prétend aider les pèlerins, on est sur le terrain et surtout on agit en amont.

Or qu’a fait depuis trois ans SOS Pèlerin, sinon être interviewé quelques secondes par reportage ? Occuper l’espace médiatique est plus aisé que travailler sur le terrain. Parisiano-parisienne, SOS Pèlerin veut laisser croire qu’elle est une association incontournable et un acteur majeur, et pourtant SOS Pèlerin n’a pas organisé de réunions pour informer sur le hajj bien avant que les pèlerins ne choisissent leur agence de voyage. SOS Pèlerin n’a même pas traversé le périphérique parisien pour conseiller les musulmans. Or, on sait bien que depuis des années, même les plus petites associations qui ont en charge les lieux de culte organisent des sessions de formation au hajj. Pourquoi n’entend-on jamais parlé de SOS Pèlerin avant le hajj, mais toujours après ?

Le meilleur moment pour SOS Pèlerin, c’est après les arnaques

Lorsque SOS Pèlerin intervient, c’est après coup pour dénoncer telle agence de voyage, tel ministre, telle association, tel gouvernement, à cause de qui les arnaques se multiplient. Le message est clair : “Tous pourris !”. C’est là une vieille ficelle, dont on use et abuse quand on veut s’acheter une notoriété. Mais le propos, démagogique, ne résiste pas la réalité. Car, encore une fois, les faits sont là et ne mentent jamais. On peut calomnier, diffamer, tenter de discréditer un tel et un tel, gesticuler dans tous les sens et jeter à la vindicte populaire les empêcheurs de commercer en rond, la réalité, elle, ne s’embarrasse pas de ces agitations intéressées.

Le véritable travail d’assistance aux pèlerins, c’est celui qui permet à ces derniers de bien choisir leur agence et de ne se pas tromper dans leur choix. On n’attend pas chaque année que des pèlerins se fassent arnaquer. On met tout en oeuvre pour que plus aucune arnaque ne se produise. Aider les pèlerins, c’est prévenir les arnaques, c’est leur offrir toutes les clés pour bien choisir leur agence de voyage et pour ne pas tomber dans les mains de voyagistes escrocs. Aider les pèlerins, c’est faire un travail de prévention, ce n’est pas jouer les agitateurs publics en pointant des boucs émissaires - réglant en passant des comptes dont nul n’a que faire - ni de verser dans un discours complètement démagogique qui ne ramènera ni l’argent des pèlerins arnaqués, ni leur passeport ni ne règlera le problème général des voyagistes véreux. Aider les pèlerins, ce n’est pas non plus vendre des assurances.

SOS Pèlerin, vendeur d’assurances pour AXA

L’esbrouffe médiatique de SOS Pèlerin ne suffit pas à cacher la réalité. SOS Pèlerin est un courtier du groupe AXA. Ce n’est là ni supputation ni élucubration. Il suffit de lire la brochure distribuée par cette association pour le constater. Non sans vergogne, on nous y explique que pour bien préparer le hajj il est conseillé de prendre une assurance “Pélerin Assistance” qui est une assurance qui a été spécialement conçue par Axa pour pénétrer le marché du pèlerinage à La Mecque. Voilà des décennies que le hajj est organisé et c’est aujourd’hui que l’on apprend que lorsqu’on veut partir en pèlerinage il faut prendre une assurance, et pas n’importe laquelle : il faut prendre l’assurance AXA proposée par SOS Pèlerin. Le procédé laisse à désirer, tant il est un aveu d’amateurisme.

SOS Pèlerin, vendeur d’assurances pour AXA
SOS Pèlerin, vendeur d’assurances pour AXA. Extrait de la brochure de conseils aux pèlerins diffusées par l’association

SOS Pèlerin, vendeur d’assurances pour AXA
Assurances AXA, vendues par SOS Pèlerin

Remarquons au passage, en première page de la brochure, les chaleureux remerciements de SOS Pèlerin, dont le président est Zakaria Nana, à son partenaire Azensys, dont le président est… Zakaria Nana (voir la carte d’identité de la société sur le journal du Net : société Azensys). La charte graphique du site d’Azensys est d’ailleurs la même que celle du site SOS Pèlerin (site d’Azensys : http://www.azensys.com/, site de SOS Pèlerin : http://www.sospelerin.org/).

C’est un secret de Polichinelle pour qui s’intéresse de près au pèlerinage et à son organisation, mais une vérité à connaître de tous, afin que la transparence prime et que chacun agisse en connaissance de cause : Sos Pélerin c’est avant tout 150 000 euros versés par les assurances Axa.

Faire peur aux pèlerins, plutôt que de les aider avant leur départ

On pourrait se dire qu’il n’y a aucun mal à ce qu’Axa investisse dans une association qui prétend aider les pèlerins, voire qu’elle monte de son propre chef une telle association afin d’occuper le marché du pèlerinage. On peut évidemment se le dire. Il n’y a par ailleurs légalement parlant aucun problème à ce qu’un tel montage se fasse. Nous sommes bien d’accord. Néanmoins, moralement, il en est tout autrement. On ne peut pas vouloir vendre des assurances aux pèlerins d’une part et fonder sa communication - et donc la réussite du business - sur le dénigrement systématique des autres acteurs du pèlerinage. En d’autres termes, SOS Pèlerin ne peut pas déontologiquement parlant vendre les assurances AXA en crachant sur tout le monde et en faisant peur aux pèlerins. Ce n’est ni décent ni respectueux.

La manœuvre est gauche et médiocre. Si l’on ne s’assure que lorsqu’on a peur, si la peur est le meilleur argument commercial qui puisse être, cela n’autorise personne à attiser cette peur et à laisser croire aux musulmans qu’il est quasi certain qu’ils vont se faire arnaquer par leur agence de voyage. On ne peut pas décemment vouloir prospérer sur la misère des gens, misère sociale de tous ces vieux migrants qui signent sans trop savoir pourquoi le contrat que Mouloud leur tend : parce que Mouloud a su en plaçant deux trois mots d’arabe leur vendre ce pour quoi il est venu. Il est à ce titre significatif de constater que, plutôt que d’apporter une prétendue expertise et de prévenir les arnaques, Sos Pèlerin arrive toujours après la bataille, court après les micro des journalistes pour balancer des chiffres. Et des noms.

Dernières cartouches désespérées

Dans une comédie de boulevard, SOS Pèlerin serait le bouffon tragi-comique qui s’agite dans tous les sens et pointe du doigt les méchants, le chiffon rouge dans une main, la caisse enregistreuse dans l’autre. Dépassée par un travail de terrain efficace menée par des responsables d’association dans toute la France, Sos Pèlerin se voit obliger de multiplier les communiqués de presse vengeurs et diffamatoires. Tout le monde y passe : le CFCM, Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur et des Cultes, les autorités saoudiennes, l’ambassade d’Arabie saoudite et autres agences de voyage qui n’auraient pas eu la bonne idée de proposer l’assurance SOS Pèlerin à ses pèlerins. Et sa toute nouvelle bête noire : le CRCM Alsace ainsi que l’agence Amen Voyage International.

Il faut dire qu’en publiant dès le mois d’octobre 2007 et en distribuant gratuitement dans les mosquées et les associations le Guide du hajj sans souci, le CRCM Alsace et Amen Voyage International ruinent le business des assurances. Véritable outil de prévention des arnaques, ce guide offre en effet toutes les informations nécessaires pour un hajj bien choisi et à l’abri des escrocs. Or dans ces derniers communiqués et sorties dans la presse, Zakaria Nana a décidé de consacrer ses dernières cartouches à ces mêmes qui ont eu la mauvaise idée d’aider gratuitement les musulmans, et même de payer de leur poche (Amen Voyage International a financé l’impression de milliers d’exemplaires du Guide du hajj sans souci). On comprend dès lors mieux l’inconfort d’un Zakaria Nana qui voit partir en fumée les perspectives de contrats d’assurance AXA souscrits qu’aucun pèlerin ne souscrira plus, puisqu’il ne sera plus nécessaire de payer très cher des contrats obsolètes.

Expertise d’opérette et diffamation éclairée

Dans ces dernières tentatives d’attirer l’attention sur lui, Zakaria Nana a dégoté ces derniers jours une nouvelle tête de turc : le CRCM Alsace, qu’il s’empressa pourtant de féliciter après un reportage télé sur le Guide du hajj sans souci, et l’agence Amen Voyage International. Le président de la société Azensys et de SOS Pèlerin dénonce, dans un communiqué daté du 18 décembre 2007, “les relations ambiguës entre le CRCM d’Alsace et Amen Voyages International (agence responsable de nombreuses arnaques comme l’ont montré les reportages de TF1)“. Un reportage de TF1, c’est tout ce que Zakaria Nana l’expert en pèlerins arnaqués a trouvé pour porter le coup à ceux qui ont osé s’intéresser gratuitement aux pèlerins.

Bien mal en a pris à Zakaria Nana. En se basant sur le reportage de TF1 pour diffamer Amen Voyage International et le CRCM d’Alsace, le président de SOS Pèlerin prouve son amateurisme et sa méconnaissance profonde des réalités de terrain. A trop vouloir jouer avec le feu, on finit par se brûler. Si Zakaria Nana était l’expert qu’il prétend être, il n’aurait pas commis une bourde monumentale : en citant le reportage de TF1, il fait un aveu qui ruine totalement sa crédibilité. Zakaria prétend défendre les pèlerins, mais ne sait pas du tout ce qui se passe sur le terrain. On ne peut pas aider les musulmans arnaqués en restant affalé dans son fauteuil à regarder les journaux télévisés. Le travail d’assistance se fait au plus près des victimes.

Le reportage en question est en effet une invraisemblable mise en scène orchestrée par des fausses victimes. Comme le précise Salah Mabrouk, directeur de l’agence Amen Voyage International, dans un communiqué (lire : Des rabatteurs dupent les journalistes de TF1 en se faisant passer pour des victimes), les victimes du reportage ne sont autres que les rabatteurs contre lesquels Amen Voyage International a porté plainte en octobre 2007 pour publicité mensongère et travail illégal. Cette mise en scène n’est autre qu’une vengeance, du reste bien maladroite.

Si Zakaria Nana est si bien informé sur les dérives et les arnaques au hajj, comment peut-il ignorer que M. Essolh, qui crie à l’arnaque contre Amen Voyage International dans le reportage de TF1, est en fait un rabatteur mis en cause. M. Essolh est très connu à Mulhouse, car il co-organise le pèlerinage depuis des années. Comment une association qui prétend avoir pignon sur rue peut-elle ignorer ceux qu’elle prétend combattre ? Zakaria Nana n’aurait jamais commis une telle bourde, si seulement son travail était véritablement un travail efficace, loin des chiffres piochés au hasard et des communiqués de presse parisiens.

Si c’est de la sorte qu’il mène l’enquête pour dénicher les agences véreuses, les pèlerins et futurs pèlerins ont vraiment de quoi s’inquiéter.

Au fond, une telle hargne (Zakaria Nana récidive dans une tribune déguisée en interview et publiée par ses amis de Saphirnews) reflète le désarroi dans lequel SOS Pèlerin est plongé. Le partenariat avec AXA est complètement mis à mal : avec le Guide du hajj sans souci, le CRCM Alsace et à Amen Voyage International ont en effet définitivement plombé le business des assurances.

Télécharger la brochure de vente d’assurance de SOS Pèlerin : Conseils aux pèlerins 2007

Benabdellah SOUFARI, président du conseil régional du culte musulman d’Alsace