Quelques précisions sur les organismes génétiquement modifiés (OGM)

Par Al-Kanz

Suite à la publication de notre billet sur les fromages à base d’OGM, Latiffa A., lectrice d’Al-Kanz, nous envoie un texte où elle nous explique quels sortes d’OGM posent problème et pourquoi ils posent problème.

Suite à la publication de notre billet Des fromages sans présure animale ? oui mais alors avec OGM, Latiffa A., qui nous fit le plaisir, fin 2007, de répondre à une interview sur le hajj (Voir La Mecque et mourir), nous envoie un texte où elle nous explique quels sortes d’OGM posent problème et pourquoi ils posent problème. Qu’elle en soit remerciée.

Quelques précisions in cha ALLAH concernant les organismes génétiquement modifiés.

Comme tout le monde – ou presque – le sait, les OGM sont des organismes modifiés artificiellement de sorte que leur patrimoine génétique contient de nouveaux gènes qui à la base ne sont pas présents (exprimés). Les premiers OGM, des bactéries, sont apparus dans les années 70, fruits des connaissances accumulées en génie génétique. Ces bactéries ont été, et sont encore, utilisées à diverses fins du fait de la facilité de leur manipulation. Les premières applications concrètes pour l’homme, outre les avancées qu’elles ont permises en recherche fondamentale, ont vu le jour dans les années 80. Une souche bactérienne était capable de produire de l’insuline humaine une fois que l’on y avait introduit le gène humain correspondant. Cette « révolution » répondait à un besoin de plus en plus pressant : l’insuline utilisée pour traiter les diabétiques était extraite de pancréas d’animaux comme le porc. Cette bactérie résolvait donc deux problèmes : d’une part la souche de bactérie utilisée se multipliait de manière très rapide, ce qui permettait d’obtenir de grandes quantités d’insuline et de ne plus être inquiété de l’approvisionnement. D’autre part, l’insuline que la bactérie produisait était de l’insuline humaine.

Même si elles sont très proches, l’insuline humaine et l’insuline porcine ou bovine présentent quelques différences qui ont engendré des réactions allergiques chez certains patients traités. Cette technique fut utilisée pour créer des bactéries produisant d’autres types de molécules à visée thérapeutique ou non. C’est le cas par exemple des bactéries ou levures utilisées dans la production de présure (pour être plus précis elles fabriquent une enzyme, la chymosine, responsable en partie de l’activité de la présure). Ces OGM, appelés plus tard « OGM outils », ne sont pas ceux qui ont soulevé il y a une dizaine d’années le grand débat sur les OGM. En effet, ces OGM outils sont confinés en laboratoire, détruits après utilisation et les protéines produites par ces bactéries ou levure ou champignons modifiés ne contiennent aucune trace de l’OGM qui a été utilisé pour les fabriquer.

A l’heure actuelle les « OGM problématiques » sont essentiellement les plantes génétiquement modifiées ou PGM. Les raisons sont nombreuses (enjeux éthiques, économiques, politiques, environnementaux et alimentaires) mais nous allons nous concentrer sur les problèmes alimentaires. Globalement deux points inquiètent :

– L’insertion de nouveaux gènes chez ces plantes n’est pas tout à fait chirurgicale. Le génome est à ce point complexe que l’on ne connaît jamais exactement l’effet de l’insertion d’un nouveau gène sur les gènes pré-existants. Sans rentrer dans les détails, l’insertion de ce nouveau gène peut provoquer directement ou indirectement la diminution ou l’augmentation de l’expression d’un autre gène présent à l’état naturel. Qui aboutiront à des modifications possibles des protéines de la PGM. Les PGM et les produits dérivés de ces PGM (huiles, par exemple) où l’on retrouve ces protéines ont ainsi une composition qui peut être affectée par rapport à la plante non OGM. Et la présence de ces nouvelles protéines peut entraîner des allergies aux conséquences plus ou moins fâcheuses.

– Le deuxième point concerne le génome de ces PGM. En plus du risque d’incorporation de petits morceaux de gènes de la PGM par nos propres cellules, les bactéries que nous abritons dans notre tube digestif pourraient également récupérer certaines parties de ce génome. Le risque est difficilement mesurable mais il existe néanmoins. Et le problème se pose d’autant plus quand il s’agit d’une plante qui a acquis une résistance à certaines molécules comme les antibiotiques.

Il reste donc beaucoup d’incertitude sur les risques réels de ces PGM (en plus des autres considérations) qui expliquent la réticence d’un grand nombre de personnes au développement et à la commercialisation de ces PGM.

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Vos réactions (2 commentaires)

  1. omnislam    

    Salam,

    JazakAllakheir à Latiffa pour la peine d’avoir expliqué brièvement l’OGM, et son impact sur les cellules humaines. Il devrait être plus judicieux d’ajouter l’impact qu’ont les OGM sur l’environnement et le fait de leur immuno-résistance qui polluent le développement naturel des champs alentours.
    De plus, les impacts de l’OGM sur les cellules humaines ne sont mesurés avec précision, et non sur du long terme. ce qui intéresse les politiques n’est pas le bienfait pour l’humanité, mais l’conomie réalisée sur la production, et la caisse entrante sur les exportation et les ventes quintuplés par ces ovnis des gènes.

    1
  2. Latiffa    

    salam alaykoum,

    wa anta min ahl al jaza. Je n’ai pas voulu m’étendre sur les autres enjeux parce que j’avais réagi avant tout en réponse à l’article au sujet de la présure et donc des implications au niveau alimentaire. Mais l’impact environnemental est très important. Comme vous le soulignez, aucune étude à long terme n’a été réalisé même si les défenseurs OGM donnent l’exemple des USA où la consommation des PGM est plus développée.
    Je ne pense pas que le bien-être de l’humanité soit la préoccupation centrale qui a amené au développement des PGM.
    wa ALLAH ou a3lam.

    salam alaykoum.

    2

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