Halal. Après le KFC qui surfe de façon particulièrement étrange sur le halal (voir KFC, halal ou non halal ?), au risque de perdre définitivement une clientèle qui s’interroge de plus en plus sur le caractère halal des poulets vendus dans ses restaurants, c’est au tour de Quick, célèbre chaîne de fast-food, de vouloir s’attirer les faveurs des consommateurs musulmans. Ou plus précisément un restaurant de la chaîne Quick. Ce restaurant situé à Toulouse s’est semble-t-il mis à vendre des produits « halal ». Jacques Raboin, propriétaire de ce Quick, a compris comme beaucoup d’autres que se mettre au halal lui permettrait d’augmenter significativement son chiffre d’affaires. Mais comme beaucoup d’autres, ce chef d’entreprise toulousain pense qu’il suffit de se fournir en viande halal, si tant est qu’elle le soit véritablement, pour qu’il devienne possible pour un musulman de manger dans son restaurant.

Du halal par-dessus la jambe

Certes nombre de musulmans se fichent comme de l’an mil que la viande qu’on leur sert soit ou non vraiment halal. Dès lors qu’on leur présente un papier faisant office de certificat, ils opinent du chef et considèrent que c’est halal. Le ventre a ses raisons que la raison ne connaît pas. Mais pour un musulman peu regardant, combien de musulmans évitent ces lieux de restauration où l’on trouve par ailleurs de la viande non halal, de la viande de porc ou encore de l’alcool ? Car se lancer dans le halal, ce n’est pas seulement acheter puis vendre de la viande halal. C’est aussi, et surtout, s’assurer que tout ce qui accompagnera la viande sera aussi halal : quid des pains utilisés dans les hamburgers ? des sauces dont la composition n’est pas toujours halal ? de l’utilisation des mêmes ustensiles pour le porc et la viande non halal, et donc de la contamination de la viande halal ? ou encore de l’alcool servi dans ce genre de restaurant ?

Vendre halal selon les principes du halal

On pourrait se satisfaire d’une conversion au halal si et seulement si, a minima, Quick, comme tout autre enseigne investissant cette niche, dédiait une partie du restaurant au stockage, à l’élaboration et à la cuisson des menus halal. Ce serait par ailleurs un signe fort lancé aux consommateurs musulmans : on afficherait clairement ses intentions commerciales, tout en donnant des assurances quant au respect des principes régissant le halal. Si on ne peut pas exiger de Quick qu’il devienne totalement halal, à l’instar de certains restaurants KFC ou Mcdonald’s de Londres, on ne peut pas non plus accepter que l’enseigne prétende faire du halal, alors que seuls les steaks de ses hamburgers le sont. Il y a un minimum de précautions à prendre et de garanties à donner aux clients.

Le Quick qui voulait devenir halal
Un Quick de Toulouse qui se veut halal et des certificats d’organisme tiers merci à Youcef

En choisissant le moins-coûtant, ces sociétés qui ont flairé, à juste titre, le bon filon, sapent elles-mêmes le développement de leur nouveau positionnement. Elles ne s’en rendent peut-être pas toujours compte, éblouies par le dynamisme du marché des consommateurs musulmans. Mais, il va bien falloir qu’elles intègrent cette réalité, faute de quoi le réveil devrait être assez difficile. Longtemps dupés, les consommateurs musulmans ont aujourd’hui les mêmes exigences que tout autre consommateur : des exigences de qualité, de transparence et d’honnêteté.