"Palestine libre", c'est trois jours de renvoi

Par Al-Kanz

Cela ressemble à une mauvaise blague. Et pourtant. Une élève de 3e d’un établissement de Villefranche-sur-Saône s’est vu notifier trois jours de renvoi pour avoir arboré un t-shirt particulièrement subversif. Il y était inscrit : « Palestine libre ».

Cela ressemble à une mauvaise blague. Et pourtant. Une élève de 3e d’un collège de Villefranche-sur-Saône s’est vu notifier trois jours de renvoi pour avoir arboré un t-shirt… tenez-vous bien ! où était écrit : « Palestine libre ». Selon le site Protection Palestine, Zeyneb avait choisi de porter ce t-shirt suite aux propos farouchement pro-Israël tenus la veille par son professeur d’histoire. Ce dernier n’a semble-t-il pas bien apprécié le choix vestimentaire de l’impudente, puisqu’il s’est mis dans une colère telle que Zeyneb a choisi de quitter la salle de cours ; ce que lui reproche le proviseur qui s’est rangé du côté du professeur.

Sur Twitter, Donjipez rapporte qu’à son époque porter un t-shirt à l’effigie de Lénine, moustachu mais non palestinien, c’était un jour de renvoi. Soit l’époque a vraiment changé, soit soutenir le communisme est moins subversif que soutenir la Palestine occupée.

Le site Protection Palestine invite chacun à écrire au proviseur dont voici l’adresse : claudeb69@gmail.com, avec copie à : ccpp69400@yahoo.fr. Il est possible aussi d’appeler : 04 74 02 72 72 /04 74 02 72 80. Un modèle de mail est proposé sur le site Protection Palestine : j’écris au proviseur qui n’aime pas les t-shirts propalestiniens.

Crédit photo Une : Flickr – Daquella Manera



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Vos réactions (18 commentaires)

  1. Ariss    

    As salam alaykum,

    Il a du recevoir mon avis sur la question…

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  2. Fatima_Zahra    

    As salamou ‘alaykoum,

    C’est inadmissible, il faut absolument qu’un maximum de personnes se manifeste en envoyant au moins un mail au directeur de l’établissement en question.

    Proposition: Que chaque personne qui se manifeste auprès du directeur laisse un mot ici pour encourager d’autres à le faire également. Moi je vais le faire incha’Allah.

    Des fois on se demande comment faire pour être utile à la Palestine et aux palestiniens, eh bien à mon avis comme cela c’est un bon début : ne laissons pas la désinformation, le mensonge et l’injustice s’installer. Chaque action aussi minime soit-elle compte. Wa Llâhou a3lam.

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  3. saliha    

    salam alaykoum wa rahmatoullah,

    Je suis bouche bée, il faut qu’on se mobilise et qu’on arrête de se laisser marcher sur les pieds,pourquoi tous les jours ont nous baratine que nos opinions personnelles(ou religieuses) doivent rester à la porte de l’établissement alors que les enseignants ne respectent pas cela.Al hamdoulillah je ne fais plus parti du milieu scolaire mais cela peut arriver à n’importe qui alors sa ne sert à rien d’avoir pitié de la chère Zeyneb et de ne rien faire ,au contraire il faut se mobiliser car elle a été courageuse de tenir tête à son enseignant.J’ai envoyé un mail au proviseur, j’ai fais tourner l’info par mail,texto(demain inchallah car il ets tard)

    salam alaykoum wa rahmatoullah

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  4. Sonia    

    Salam aleykum personnellement j’ai envoyé un mail, mais pas exactement celui qui était proposé,

    voici un exemplaire si ça peut servir…

    Monsieur le Proviseur du collège Claude Bernard de Villefranche-sur-Saône,

    J’ai pris connaissance de l’exclusion de Mlle Zeyneb D. pendant 3 jours pour le motif d’avoir porté en classe un tee-shirt « Palestine libre » et parce qu’elle a quitté le cours.

    Au delà du fait qu’il semblerait que son professeur d’histoire avait quelque peu débordé du programme de l’éducation national, la liberté d’expression et de penser semble être mis à mal, dans cette exclusion… Je ne commenterai pas les propos qu’aurait tenu l’enseignant, car ceci est une affaire que vous devez régler en interne il me semble.

    Par contre l’exclusion relative au port du tee-shirt « Palestine libre » apparait beaucoup plus dérangeante. En quoi est-ce un mal d’arborer de tel slogan ? En quoi la sensibiliser de Mlle Zeyneb vis à vis de ce conflit peut justifier une exclusion? La cour internationale de justice de l’ONU a elle même fait voter plusieurs résolutions déclarant les colonies, la construction du mur, l’occupation militaire en Cisjordanie… illégales. En quoi réclamer justice et liberté pour un peuple opprimé peut constituer un motif d’exclusion ?

    Je pense que ce type d’attitude loin de favoriser l’apaisement est source de problèmes pour l’avenir. En effet il ne peut que renforcer le sentiment d’injustice ressentie par certains jeunes à l’égard de la question palestinienne, et pousser à une radicalisation. Une meilleure attitude viserait certainement à établir un dialogue entre les différentes parties prenantes… En l’espèce entre enseignants et élèves. Ces jeunes sont l’avenir, a nous de voir si nous souhaitons leur fournir des clés de compréhension du monde dans lequel nous vivons, ou si nous souhaitons dresser des barrières infranchissables par la suite…

    Dans l’attente de votre réponse, je vous demande Monsieur d’agréer mes salutations distinguées.

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  5. sam    

    Monsieur le Proviseur du collège Claude Bernard de Villefranche- sur-Saône,

    J’ai pris connaissance du cas de Mlle Zeyneb D. que vous avez décidé d’exclure pendant 3 jours pour avoir osé porté en classe un tee-shirt « Palestine libre » et parce qu’elle a quitté le cours, sous les hurlements de son professeur (ce que vous nommez désobéissance !).

    Mais vous savez fort bien que Zeyneb ne faisait que répondre à la propagande de son professeur d’histoire, qui dans un cours précédent, faisait l’éloge d’Israël, en parfaite violation des principes de l’école républicaine. Plus tard, ce même professeur s’en est pris aux défenseurs de la cause palestinienne, les taxant de « charlots » et de « charlatans » !
    De plus votre acte nuit à la liberté d’expression qui est un des principes de notre chère République.Comment pouvez vous vous permettre de renvoyer une élève qui donne son avis sur un sujet qui la préoccupe.Je suis moi même originaire d’Ossétie du Nord et personne ne m’a jusqu’à présent interdit voir sanctionner pour avoir porter un t-shirt soutenant mon peuple.
    Je vous le dis HAUT et FORT c’est une HONTE de votre part,et de la part de personnes censé représenter les valeurs de notre pays.

    C’est pourquoi je vous demande l’annulation immédiate de la sanction visant Mlle Zeyneb D. et sa pleine et entière réhabilitation. Je demande en outre que Zeyneb et ses camarades puissent bénéficier à l’avenir d’un enseignement d’histoire de qualité, honnête, neutre et respectueux des principes de la République, qui ne fasse pas l’éloge éhontée de la colonisation.

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  6. Yus    

    Mes fréres, mes soeurs,
    tous a nos claviers pour inonder la messagerie de ce charmant proviseur de mail de réclamation. On l’a vu avec l’affaire du CNED, un peu de « lobbying » (dédicasse à nos amis sionistes) pour mettre la pression et on peut arriver à nos fins.

    ps: faire un copier coller du méme mail n’est pas forcément une idée extraordinaire, laissons chacun s’exprimer de part ses mots.

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  7. Nour    

    As salam aleykoum,

    Mail envoyé :-)

    Encore une fois je suis choquée par tout ça …
    Qu’Allah azwajal nous accorde la réussite.

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  8. dzaria    

    salem erlikoum

    starfallah ya labbi skon voit de nos jours…
    inchallah allah y erdina kemel amin

    Monsieur,

    Je vous ecris ce mail pour vous faire part de mon mécontentement concernant le renvoi INJUSTIFIÉ de l’élève Zeyneb D pour avoir tout simplement porté un t-shirt où la phrase Palestine Libre est écrit.

    Je tiens à vous signalé que la liberté d’expression en France est encore d’actualité et qu’elle a tout bonnement répondu au provocation intolérable de son professeur d’Histoire qui lui aussi utilise son droit à la liberté de parole mais en ne respectant pas le cadre où cette liberté de parole s’exprime car il prend parti dans un conflit.
    C’est contre la laïcité de l’école que prône la République Française et donc sans vouloir vous apprendre votre métier de principal, le professeur d’Histoire en question devrait lui être rappelé a l’ordre et gardé ces convictions pour lui même ou resté neutre et non faire partagé ces propos et ces pensées pro-israel devant une classe de collégiens.

    Bien sur Mlle Zeyneb D ne devrait en aucun cas etre sanctionnée pour avoir quitté la classe pour echappé au hurlement de son professeur d’Histoire et etre renvoyé pour cela et pour avoir porté un t-shirt repondant aux jugement de son professeur. Vous devriez plutot aprendre a votre corps enseignant qu’ils n’y a que les « animaux » qui hurlent et que ce sont des élèves qui se trouve en face d’eux et non des personnes dénuée de pensée et incapable de comprendre une faute commise qui soit disant au passage n’est pas une faute. En effet porté un t- shirt que ce soit marquée Palestine libre, Vive Sarkozy ou J’aime les bananes n’est rien de choquant ou alors allez jusqu’à interdire de porté des t- shirt.

    En espérant que vous vous rendrez compte du ridicule de la situation et annulerez la sanction à l’encontre de Mlle Zeyneb D , je vous prie d’aggrér mes salutations.

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  9. sam    

    Salemoualeykoum

    On voit bien ici que l’acte est totalement prémédité ,le professeur demande à l’élève de sortir ou de cacher son tshirt donc de renoncer à ses opinions et à sa liberté d’expression,qui aurait pu se permettre une telle chose si un élève avait porté un tshirt Tibet libre ou alors Corsica Libera.L’enseignant savait que l’élève allait sortir et la poussé à le faire.

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  10. Nour    

    As salam aleykoum wa rahmatouLlâh,

    L’un d’entre vous a t’il reçu une réponse du directeur ?

    Wa salam.

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  11. saliha    

    alaykoum salam wa rahmatoullah

    non perso je n’ai pas eu de réponse, mais je viens de lui renvoyer le mail comme sa il se dira pas qu’on a oublié après avoir envoyé le premier mail

    salam alaykoum

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  13. Sofia    

    Bonjour à tous,

    dans cette affaire, il faut savoir raison garder…
    Je précise que jes uis enseignante, pro-palestinienne, de gauche, et pourtant je trouve que la façon dont cette affaire est exposée jusqu’ici est très biaisée : on n’a que la version de l’élève et de ses parents, personne ne s’intéresse à ce que raconte le professeur !

    1) On l’accuse de faire de la propagande sioniste. Le professeur, lui, affirme avoir traité rapidement les chocs pétroliers et la guerre du Kippour. L’élève lui prête des propos rageusement pro-israëliens : pourquoi la croit-on, elle, et pas lui ? Quelle preuve a-t-on dans un sens comme dans l’autre ? Aucune. Et pourtant, c’est elle qu’on croit. Ne vous est-il pas venu à l’esprit que cette élève pouvait avoir d’autres raisons d’avoir des griefs contre son prof (une mauvaise note, une remarque mal acceptée, que sais-je ?…) et qu’elle en soit venue à dire n’importe quoi ? Personnellement, j’ai déjà vu ça dans mes classes : un élève énervé d’avoir une mauvaise note, et qui s’est mis à raconter des mensonges sur moi pour me nuire, mais bien évidemment sans dire qu’en fait c’était une histoire de note. Peut-être faudrait-il considérer que la parole du professeur a autant de valeur que celle de l’élève, dans la mesure où on n’a aucune preuve ni dans un sens ni dans l’autre. Ou bien est-ce que le fait d’être pro-palestinienne fait automatiquement d’elle une sainte et de son professeur un menteur ?
    2) J’ai trouvé dans différents sites internet les propos qu’aurait tenus le professeur, rapportés par des blogueurs qui ne disent pas d’où ils les tiennent, en tout cas pas de l’intéressé. Et les propos qu’on lui prête sont archi-sionistes, complètement caricaturaux et racistes. Or, je m’étonne : vous ne le savez peut-être pas, mais la sensibilité de gauche (voire d’ultra-gauche) ainsi que le soutien à la cause palestinienne sont archi-majoritaires chez les enseignants d’histoire-géo ! J’ai du mal à imaginer un prof d’histoire-géo tenir de tels propos. S’il avait ce genre d’opinion, ce serait de notoriété publique dans son collège, il y aurait sûrement déjà eu des soucis dans son établissement. Perso, j’ai eu UN collègue raciste dans un précédent bahut, tout le monde le savait et ça posait problème tous les ans. Quant au fait qu’il ait parlé de « charlots » ou de « charlatans » à propos de certaines organisations pro-palestiniennes, de son point de vue de prof (je vous rappelle que tout cela se passait pendant un cours), il a parfaitement raison : dans nos cours d’histoire-géo, nous sommes censés présenter l’histoire du conflit israélo-palestinien, c’est une des parties les plus compliquées du programme car les sensibilités sont à fleur de peau (cette affaire le montre bien!), et nous nous efforçons toujours de la présenter de la façon la plus « neutre » possible. Il est hors de question d’y exposer notre propre avis (y compris quand il est pro-palestinien, comme c’est souvent le cas), et nous devons présenter des aspects positifs et négatifs dans les deux camps (même s’il n’y a pas forcément la même quantité de positif que de négatif). Idem par exemple pour la guerre d’Algérie : on doit parler les exactions de l’armée française, et aussi de celle du FLN. Est-ce cette nécessaire neutralité que la jeune fille a perçue comme pro-israélienne ? Peut-être, parce que cela heurtait sa sensibilité. En tout cas, le terme de « charlots » qualifie bien ceux qui font de la propagande (pour l’un ou l’autre camp, on s’en fiche), pour défendre leur cause, au moyen d’arguments biaisés ou de mauvaise foi : même si le terme employé par le prof est peut-être maladroit, il dit bien ce qu’il signifie : le cours d’histoire n’est pas le lieu de la propagande, de la mauvaise foi, mais celui de l’examen dépassionné des faits historiques. Le professeur a voulu faire la différence entre l’enseignement et l’activisme (qui prend quelquefois des libertés avec les faits historiques, pour justifier son combat) : c’est son boulot de prof d’apprendre aux élèves à RAISONNER, à regarder les arguments froidement pour pouvoir ensuite se faire leur propre opinion ! Il a raison de mettre les élèves en garde contre les politiques de tous poils qui travestissent la vérité pour leurs propres intérêt : je fais la même chose avec mes élèves en étudiant la rhétorique des mouvements d’extrême-droite en France, ça les aide à décrypter les discours de Le Pen. Qui y voit à redire ? Personne ! Pourquoi donc cela choque-t-il quand un professeur soulève les mêmes questions qui fâchent mais à propos de certains mouvements pro-palestiniens.
    3) Le T-shirt : le professeur applique le reglement intérieur. Pour que l’ambiance soit sereine dans un établissement scolaire, les réglements intérieurs de tous les collèges et lycées stipulent que toute propagande ou tout prosélytisme, qu’il soit religieux ou politique, y est interdit. Je ne sais pas exactement comment c’est formulé au collège Claude Bernard, mais il y a forcément un paragraphe là-dessus. Si vous avez bien lu ce qui est arrivé, le professeur a simplement demandé à la jeune fille de cacher le slogan (en mettant son pull par-dessus, par exemple), il ne l’a pas exclue d’emblée. Or elle a refusé d’obéir, le ton est monté et elle a quitté le cours puis l’établissement. Refuser d’obéir à un professeur qui vous demande de vous conformer au réglement intérieur, c’est un premier manquement, quitter un cours sans y avoir été autorisé, c’en est un deuxième, quitter l’établissement sans autorisation c’en est un troisième. Apparemment, la demande du professeur était tout à fait raisonnable (obéir au règlement intérieur, que la jeune fille et sa famille ont ACCEPTE en début d’année en le signant, comme dans tous les bahuts), mais la jeune fille a eu une réaction totalement démesurée. C’est cela qui est sanctionné, pas le motif du T-shirt ! Là encore, il m’est arrivé la même chose : un élève qui refuse d’obéir (s’asseoir, ou jeter son chewing-gum, ou se taire, ce genre de choses), le ton qui monte, l’élève qui quitte le cours en braillant : mon chef d’établissement a prononcé une journée d’exclusion, en raison de la succession de manquements. Dans mon précédent bahut aussi, un élève qui portait des signes comme une croix chrétienne tête en bas (apparemment signe gothique ou « sataniste ») a été rappelé à l’ordre chez le proviseur et a dû mettre d’autres vêtements, sous peine de sanctions plus lourdes (exclusion, vraisemblablement). Ce n’est pas le combat pro-palestinien qui est ici sanctionné, c’est la réaction disproportionnée de l’élève, comme cela aurait pu être le cas pour n’importe quel autre incident ! En dehors du collège, elle a tout à fait le droit d’avoir de proclamer ses opinions, mais oui, dans un établissement scolaire, il y a des restrictions à la liberté d’expression, cela aussi c’est stipulé dans les réglements intérieurs.

    Pour finir, deux choses :
    – imaginez-vous qu’il y a une forte probabilité statistique pour que le prof lui-même soit sympathisant de la cause palestinienne ! Simplement, il ne fera jamais état d’un tel argument, car ce n’est pas professionnel…
    – avant de lancer de telles campagnes de diffamation, ou de mails, avec des propos aussi catégoriques voire injurieux que j’ai pu lire dans d’autres sites, dites-vous que vous faites du mal à la cause que vous défendez ! En réagissant avec tant de violence, sans prendre le temps de savoir ce qui s’est réellement passé, sans prendre le temps de vérifier si tout ce qui s’est dit est vrai, vous discréditez la cause de vous prétendez servir. Après tout, une gamine de 3e qui raconterait des conneries, ce ne serait pas la première fois qu’on voit ça, surtout s’il s’agit de faire suer son prof… Honnêtement, à son âge, ça ne vous est jamais arrivé de raconter des craques à vos parents, pour expliquer que le prof vous avait collé de façon complètement injuste ? Allez, regardez-moi dans les yeux et dites « je le jure »… Après, les défenseurs de la cause palestinienne apparaissent comme des extrêmistes, prompts à l’insulte ou à la désinformation, qui lancent des campagnes de diffamation sans aucune preuve, et ne respectent pas les principes de neutralité de l’Education Nationale.

    On a la chance d’être dans un pays libre, mais pour que les arguments portent il ne faut pas qu’ils aient l’air d’être portés par des gens qui ne réfléchissent pas, ou qui refusent les principes de neutralité de l’école, auxquels les Français sont si attachés. Débattons, oui, exprimons-nous, oui, mais sans avoir recours à l’insulte ou à la diffamation : c’est s’abaisser au niveau de l’adversaire.
    Que cette jeune fille accepte les règles de fonctionnement de son établissement scolaire, qu’elle continue à militer au dehors, et qu’elle aille revoir son professeur d’histoire : il sera sûrement ravi de lui conseiller quelques lectures pour qu’elle comprenne mieux tous les tenants et aboutissants (historiques et géographiques !) de cette difficile question palestinienne !

    Sofia, prof d’histoire-géo, et pro-palestinienne comme nombre de ses collègues….

    PS : si vous voulez répondre, prenez le temps de réfléchir, ce serait bien que ce soit constructif. Je ne suis pas venue sur ce site pour insulter qui que ce soit, et il me semble avoir été modérée dans mes propos, j’aimerais que les suivants en fassent autant pour que le débat avance. Merci !

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  14. Sofia    

    C’est re-Sofia !
    J’ai oublié de vous dire qu’un élève qui porterait un T-shirt « vive Sarkozy » serait rapidement rappelé à l’ordre, et sommé de le planquer, pour le même motif : il y a bien le principe de liberté d’expression en France, mais à l’intérieur des établissements scolaires il est LIMITE, c’est inscrit dans la loi. Au moment des élections présidentielles, dans mon bahut dont les élèves sont plutôt marqués à droite, il y des petits rigolos qui ont commencé à vouloir distribuer leurs tracts DANS le lycée, ils ont été rappelés à l’ordre sans ménagements… Comprenez que toute cette histoire n’est pas tournée contre le mouvement palestinien : il faut que nos établissements d’enseignements restent des lieux de neutralité, pour qu’on puisse y enseigner dans une ambiance sereine.

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  15. Green    

    as salâm `ala mani t taba` al huda

    Sofia, pourquoi rappeler vous à (presque) chaque paragraphe que vous êtes pro palestinienne ?
    Ensuite, « un eleve qui porterait un t shirt [..] serait rapidement rappelé à l’ordre », c’est du conditionnel non ? C’est une chose qui ne c’est pas passé n’est ce pas ? En gros vous faites des projections sur des faits qui ne se sont pas produits et appelez à « la » (votre) raison à partir de faits imaginaires.
    On vous parle d’un fait réel et non imaginaire me semble t il. Pouvez vous nous apporter un fait réel d’élève portant un t shirt politque qui a été viré de « votre » bahut ?

    Pour finir, free palestine n’est pas une opinion politique.
    En tant que prof d’histoire géo., pouvez vous nous dire comment vous abordez la question de la palestine occupée ?
    Merci.

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  16. Sofia    

    Green, merci de votre réponse.

    Si je rappelle que je suis moi-même favorable à la création d’un Etat palestinien en Palestine, c’est pour que vous compreniez que mon opinion ne diffère pas de la vôtre sur le fond ! De toute façon, d’un point de vue d’historien ou de géographe, c’est une question quasiment évidente ! (même chez les historiens israéliens, voir les livres de Shlomo Sand, par exemple).

    Ensuite, si vous avez bien lu mon long message, vous avez pu voir que je cite plusieurs cas qui se sont réellement passés sur d’autres événements politiques ou religieux ! Simplement, dans les cas dont j’ai eu connaissance dans mes précédents établissements, on n’a jamais eu à aller jusqu’à l’exclusion car le rappel à l’ordre a suffi : le ou les élèves incriminés ont été priés de ne pas faire de propagande DANS le lycée, par exemple dans le cas de l’élève gothique de changer de T shirt, les élèves ne sont pas partis en claquant la porte du cours ou du bureau du proviseur et donc il n’y a pas eu besoin d’aller jusqu’à l’exclusion. Mais dans le cas de cet élève « sataniste », je me souviens bien que, déjà, certains avaient hurlé qu’on bafouait sa liberté d’expression (et en l’occurrrence sa liberté religieuse). Et, déjà, on avait expliqué au « comité de soutien » de l’élève, constitué de camarades à lui qui avaient pris sa défense, qu’il s’agissait de l’application du règlement intérieur. Vous voyez, les arguments sont les mêmes. Il s’agit bien de faits REELS, simplement je ne suis passée que dans 5 établissements, je ne peux pas vous raconter TOUS les cas qui se produisent tous les ans en France. Il suffirait de faire un sondage auprès d’organisations de CPE ou de proviseurs pour s’apercevoir qu’il y en a d’autres, simplement ils ne sont pas médiatisés !
    En éducation civique, par exemple, quand certains de mes élèves commencent à avoir des propos politiques, je ne les laisse pas faire. De toute façon, un prof n’a jamais intérêt à laisser les élèves exprimer des opinions politiques ou religieuses personnelles, parce que ça tournerait vite à la foire d’empoigne : on n’a jamais des classes composées à 100 % de sarkozystes, ou des 100 % de musulmans ! (et heureusement ! vive la diversité d’opinions).

    D’autre part, pour ce qui est de savoir si appeler à la « libération de la Palestine » est une opinion politique, c’est une question compliquée ! Le cours d’histoire est le lieu où on expose des faits, on replace les événements dans leur contexte sur le long terme : « free palestine » n’est pas de l’ordre de l’exposé des faits, mais de l’expression d’une revendication, d’une opinion. Et le slogan n’est pas aussi neutre que certains veulent le dire, car que met-on (et que met cette élève) derrière le terme de « Palestine »? Vous savez qu’un certains nombre de mouvements pro-palestiniens demandent la souveraineté sur l’ensemble du territoire actuel Israël + territoires occupés. Le slogan ainsi compris revidendrait à dire « les Israéliens dehors ! », ce qui est contraire aux résolutions de l’ONU. J’ignore ce qu’elle a voulu dire par ce slogan, elle n’y a peut-être même pas réfléchi, mais c’est typiquement le genre de truc propre à mettre le foutoir dans une salle de cours, j’imagine bien la scène.
    Je suis de ceux qui pensent que les résolutions de l’ONU doivent être appliquées, celles qui donnent le droit aux juifs à un Etat en Palestine, et celle qui donne aux Palestiniens un droit équivalant. Si on veut se battre pour l’application de la 2e partie de la proposition, il faut aussi accepter la première, et c’est en cela que je dis que ce slogan n’est pas neutre, il prête à confusion.

    Quant à la façon dont je traite la question du conflit israélo-palestinien en cours (je suis en lycée, donc mes élèves sont des Terminales, on peut faire un peu plus de nuances qu’au collège), c’est difficile à résumer. En gros : on remet le conflit en contexte, avec rappel des différents conflits historiques, des résolutions de l’ONU. Pour ce qui est des territoires occupés, c’est toujours très difficile de ne pas donner mon opinion ! (idem quand on fait la guerre d’Algérie, ou les débuts du christianisme en 2nde). Je donne 4 arguments qui expliquent que cette occupation est condamnable :
    – argument légaliste : position de l’ONU. Appel au droit international, imparable.
    – argument humaniste (ou humanitaire) : c’est humainement indéfendable, en raison des drames provoqués. J’insiste par exemple sur l’IDH dans la bande de Gaza, qui est parmi les plus faibles de la planète
    – argument stratégique : c’est tout simplement stupide de la part des Israéliens, cette persécution est contre-productive, ce n’est pas comme cela qu’ils auront la paix, cela ne contribue qu’à favoriser les extrémistes de tout poil
    – argument « psychologisant »: celui-là, je l’ai rajouté après mes premières années, pour répondre à mes élèves, qui me demandent souvent « mais madame, comment c’est possible que les Juifs persécutent un autre peuple, après ce qu’ils ont subi ? ». J’avoue que mon argument n’est pas très historique (les inspecteurs me taperaient sûrement sur les doigts), mais je tente une explication psychologisante, en faisant le parallèle avec les enfants battus qui à leur tour battent leurs enfants une fois adulte. En général, ça aide les élèves à comprendre.
    J’ajoute aussi souvent que les dirigeants israéliens ont toujours joué sur les divisions du mouvement palestinien, qui rend leur combat moins efficace, et que aussi bien du côté israélien que du côté palestinien, il y a des dirigeants qui ont intérêt à ce que le conflit s’envenime, parce que cela sert leurs stratégies politiques.
    Vous voyez, c’est pas simple ;-)

    Je peux affirmer que la majorité de mes collègues font de même : en général, on essaie de présenter les différents aspects d’un conflit pour que les élèves comprennent que ce n’est jamais simple et qu’il ne suffit pas des « faut qu’on » et « y’a qu’à », et d’autre part on essaie de leur donner un maximum de clés pour qu’il puissent COMPRENDRE tous les tenants et les aboutissants de la situation, et qu’ils se fassent ensuite leur propre opinion. On est toujours super prudents, parce qu’on sait bien qu’on a en face de nous des élèves avec des opinons très différentes (elles ne sont pas marquées sur leur front !), et que notre but n’est pas de choquer mais de donner aux élèves des clés pour comprendre le monde dans lequel ils vivent.

    J’espère avoir répondu à vos questions !

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  17. Mohamed    

    @Sonia

    Je risque de sortir du débat mais s’il y a autant de neutralit de la prt de l’éducation nationale, pouvez vous m’exppliquer pourquoi lors des attaques du 11 septembre 2001 tous les élèves ont été obligés à marquer une minute de silence?
    Pourquoi ne le faisons pas tous les jours pour tous les morts qu’il y a en palestine, Irak, Afghanistan, Haiti, etc.. etc…
    Perso la neutralité des profs, est une uthopie que j’ai longtemps effacé de ma mémoire comme celle des journalistes d’ailleurs.
    Quand je vois qu’un prof (devant mes yeux) se vantent devant les élèves d’avoir fait la guerre d’Algérie et d’avoir tué des algériens, permettez moi de douter de la sacro sainte et hypothétique neutralité de l’éducation nationale.
    Je pene que si tout le monde se range naturellement du côté de l’élève, c’est que nous avons tous vécu des situations similaires…
    Et puis on voit encore les résulats de ce corporatisme, le proviseur s’est rangé du côté du prof, vous du côté du prof, je ne pense pas que si vous aviez une autre fonction, vous auriez dit la même chose.

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  18. Ariss    

    Bonjour sofia,

    Votre intervention je la trouve légitime, vous défendez vos collègues et c’est normal. Au passage cette affaire prouve bien que cet enseignant est une exception à votre règle, s’il était pro palestinien, il aurait simplement demandé à son élève de suivre le règlement, et en aucun cas elle se serait retrouvé dehors.

    Quoi qu’il en soit, ici on ne défend pas Zeyneb mais notre droit à l’expression. C’est tout bonnement injuste de lâcher son avis concernant et vous le dites si bien, un sujet si sensible, et d’exclure un élève parce qu’il s’exprime à son tour, peu importe ses motivations. Lui aussi a pu avoir les paroles plus vite que la pensée parce qu’il n’avais pas bu son café ce jour là non ? Mais ce genre d’injustice, nous le vivons régulièrement et de manière de plus en plus accentuée et ça nous blase ! Je me souviens parfaitement de mes cours d’histoire géo au collège et au lycée, d’ailleurs j’ai une anecdote :

    Le prof d’histoire nous a fait visionner un film sur les pauvres enfants de Bogota (Colombie), de retour un classe, nous en avons tous discuté, et une élève a fait une remarque assez pertinente sur les causes à effet. Le prof s’est approché d’elle en colère et l’a étranglé. Rassurez elle n’est pas morte, et lui n’a pas été renvoyé.
    Il était réputé pour ses colères, et très engagé dans le social, mais est-ce que cela lui donne le droit de manifester aussi violemment cet engagement ?
    Une règle courante à l’école et au palais de l’elysée : apprends et ferme ta bouche. Si tu marche en contradiction, c’est la porte.

    Je l’ai moi même vécu au lycée avec un prof de français qui m’a fait une remarque très déplacée devant toute la classe suite à une étude de texte, pour la majorité cette remarque fut un compliment mais pour moi, c’était une offense, et j’ai répondu très poliment qu’il devait avoir honte de parler ainsi, et qu’en lui je ne voyais ni les qualités d’un enseignant ni celles d’un homme. Bien sur répondre à un prof c’était osé à mon époque, donc la classe a applaudit, ce qui m’a coûté le renvoi. Pourtant sans insulte, je n’ai fais que répondre à son offense à ma dignité, lui qui quelques jours avant m’avait surprise dans le bus avec mon voile et qu’il savait donc très bien ce qu’il faisait. Mais comme je n’ai pas suivi la règle du ferme ta bouche, et bien on m’a exclu. Et la cerise sur le gâteau, c’est que mon fichu qui jusque là ne l’avait jamais dérangé (j’avais opté pour un style très discret), m’était désormais interdit.

    C’est surtout cela Sofia qui nous monte à la gorge : l’intolérance et l’injustice

    Et à l’heure où l’islam est en ligne de mire, vous pouvez faire un effort de logique vous aussi.

    Merci.

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