Reghalal. Même si elle est commercialisée depuis plusieurs mois et qu’on la trouve dans les rayons halal de la grande distribution, la marque du groupe LDC n’est pas encore bien connue des consommateurs musulmans. Concurrente directe d’Isla Délice – une partie de la production est d’ailleurs fabriquée dans la même usine que les produits Isla Délice -, Reghalal compte bien grappiller au leader de la charcuterie halal dans un premier temps quelques parts de marché, puis s’imposer comme un acteur incontournable. Actuellement, c’est Isla Délice, de Jean-Daniel Hertzog, qui truste la première place du podium.

Pour atteindre cet objectif, Reghalal a déployé une large gamme de produits (d’aucuns évoquent une centaine de déclinaisons). Un déploiement à la hauteur des ambitions du groupe LDC, propriétaire entre autres de la marque Loué (les poulets), le Gaulois (les sandwichs) ou encore Marie (les plats cuisiniers). Mais voilà qu’un petit grain sable est venu se glisser dans la machine bien huilée de ce nouvel entrant.

Une consommatrice musulmane nous a fait parvenir deux photos d’un produit acheté dans un supermarché de la région parisienne. De la poêlée d’abats de volaille de marque Reghalal.

Reghalal, produits halal

Arrivée à la maison, elle découvre que l’idée de recette suggérée sur l’emballage du produit est pour le moins étonnante, puisque Reghalal propose de cuisiner cette poêlée avec… du vin blanc. Ce qui ne va pas sans rappeler le fameux finesse de veau de Sobeval (voir Et si vous mettiez un peu de vin dans votre veau ?).

Reghalal

Il est évident que c’est une boulette, et rien qu’une boulette ; ce que d’ailleurs a reconnu aisément une responsable de LDC que nous avons jointe par téléphone. Mais une boulette bien embarrassante qui n’est peut-être pas due complètement au hasard. Il est évident que tout cela n’est pas intentionnel. Mais peut-être que là encore on s’est dit que le halal n’est au fond qu’un marché comme un autre qui répond aux mêmes exigences que d’autres marchés. Ce qui n’est pas faux. Mais ce marché a ses spécificités, ses exigences, ses codes et ses propres principes qui sont malheureusement peu pris en compte, alors qu’il faut absolument en tenir compte si l’on veut percer.

Rappelons ce que nous disions lors de notre intervention, voilà quinze jours, au salon professionnel Sandwich & Snack Show lors d’une conférence sur le thème du marché halal, nouveau relais de croissance pour la restauration rapide. Outre une bonne connaissance de la cible, celles des consommateurs musulmans, et une rigueur dans le respect du halal (transparence), il y a un troisième paramètre particulièrement négligé : l’investissement dans les ressources humaines. Le halal, ce n’est pas de la technique ou que de la technique. Le halal, c’est aussi des femmes et des hommes qui connaissent leur métier : des sacrificateurs compétents, des certificateurs honnêtes, des communicants qui savent de quoi ils parlent et à qui ils s’adressent, etc. Or, en l’espèce, le service qui s’est occupé du packaging du produit incriminé ne semble a priori pas très au fait des us et coutumes culinaires des musulmans. D’où la malheureuse suggestion. Ce genre de bévue, à première vue anodine, peut ruiner la crédibilité d’une marque auprès de certains consommateurs.