Nous étions, le 19 février dernier, invité à débattre, par téléphone, avec Marine Le Pen sur la question des Quick halal dans l’émission i>Télé La Radio. Dans la soirée, c’est sur le plateau de France 24 que nous avons pu évoquer cette polémique électoraliste sur fond d’islamophobie. C’est suite à la large citation dans Le Monde d’un de nos billets que nous avons été contacté, notre point de vue sur la question semblant intéressant. Le débat a eu lieu à 18h30, la demande d’interview à 15 h. A peine de quoi se préparer. Permettez-nous un petit retour sur le fond, avant de vous proposer d’écouter ce débat.

Nous avions choisi une ligne claire, celle de la liberté d’entreprendre, puisqu’il ne s’agissait ici que de stratégie commerciale (Quick halal : business as usual). Or, ce n’était pas ce qu’il y avait de mieux à dire, non pas que ce soit faux, mais en rappelant cela et simplement cela – multiplier les sujets en radio dans des émissions au format si court n’est jamais opportun – on devenait bon an mal défenseur de Quick. Fichtre ! Défendre la malbouffe, tout en étant peu convaincu du caractère halal des hamburgers vendus par Quick, c’est bien là une position qui n’est pas la nôtre. Pourtant c’est un petit peu ce à quoi on pourrait penser en écoutant ce débat.

A contrario, il aurait été bon d’oublier Quick, qui n’est que le petit dernier à ce jour d’une longue liste d’acteurs économiques qui profitent du halal, pour aller plus loin et rappeler ce que nous avons fait quelques jours plus tard dans l’article intitulé : Le halal profite essentiellement aux non-musulmans. Le débat aurait été alors beaucoup plus intéressant, essentiellement parce qu’il est important que les Français, musulmans ou non, sachent que la réalité n’est pas celle que l’on veut bien leur montrer. Il faut dire et répéter que le marché du halal est avant tout un marché tenu par des non-musulmans dont l’intérêt primordial, voire exclusif, est le gain (d’où les nombreuses dérives lorsque les principes islamiques passent après la rentabilité). Les pantalonnades de Marine Le Pen ne résistent pas une seule seconde aux faits : l’islamisation de la France n’est pas un projet, mais bien un épouvantail du Front national, et périodiquement de l’UMP.

C’est pourquoi plutôt que de s’enferrer dans des polémiques stériles et épisodiques, les musulmans de France doivent dépasser ces soubresauts médiatico-politiques pour demander des comptes non pas aux politiques, mais bien aux industriels, aujourd’hui très inquiets des conséquences d’un tel « brouhaha », comme l’écrit Time Magazine. La polémique autour du Quick halal a levé un lièvre doublement embarrassant pour ces derniers : le grand public se rend de plus en plus compte 1) que le halal est un marché juteux sur lequel ils se sont jetés très souvent sans vergogne, 2) que « halal » se limite généralement à l’appellation et non au respect des principes islamiques.

Pour écouter le débat* – nous ne revenons pas sur la forme, qui gagne à être améliorée ^_^, cliquez sur :

* l’émission est hébergée par le site d’extrême-droite Fdesouche.com, fidèle lecteur d’Al-Kanz.