Finance islamique. Riba. Comme le rappelle l’Aidimm sur son site, le mot « riba », que l’on traduit en français par « intérêt » et parfois « usure » est « un loyer obtenu sur le prêt de monnaie, ou encore un bénéfice obtenu sur la vente de monnaie ». Riba n’est pas seulement haram (illicite) en islam. Elle fait partie des grands péchés et constitue même une abomination. Les versets coraniques sont sans appel, à l’instar des versets 278-279 de la sourate La Vache :

278. Ô les croyants! Craignez Allah ; et renoncez au reliquat de l’intérêt usuraire, si vous êtes croyants.

279. Et si vous ne le faites pas, alors recevez l’annonce d’une guerre de la part d’Allah et de Son Messager. Et si vous vous repentez, vous aurez vos capitaux. Vous ne léserez personne, et vous ne serez point lésés.

On comprend dès lors la répulsion de très nombreux musulmans à l’égard de riba et la forte attente de produits financiers en France sans recours à l’intérêt (voir Finance islamique : 77 % des sondés attendent des crédits immobiliers halal).

Bien que le système bancaire classique se soit répandu dans le monde entier, ce souci d’éviter riba est largement partagé, si bien qu’un peu partout on découvre des initiatives qu’un autre monde est possible. Ce matin, le quotidien national algérien El Watan nous apprend par exemple qu’en Algérie des jeunes gens boudent un dispositif mis en place par les autorités gouvernementales pour lutter contre le chômage et encourager l’entrepreneuriat. La raison : « le taux d’intérêt de 1 % appliqué par les banques sur les projets financés dans ce cadre », indique El Watan. Et le quotidien de citer un responsable de la banque algérienne Al Baraka Banque : « Beaucoup de jeunes intéressés par l’Ansej qui viennent nous voir souhaitent bénéficier du concours des banques, pas uniquement la nôtre, sans qu’il y ait ce taux d’intérêt qu’on leur impose même s’il est insignifiant, parce ce que c’est une problématique religieuse et pas seulement financière. »

Pour autant, ces jeunes gens ne renoncent pas à cette initiative gouvernementale. Bien au contraire : un appel a été lancé sur Facebook afin d’amener le gouvernement à supprimer l’intérêt des prêts octroyés dans le cadre de l’ANSEJ. L’initiative a recueilli pour l’heure 253 signatures.

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En France, la banque marocaine Chaabi a lancé le 17 juin dernier le premier compte bancaire conforme aux préceptes islamiques avec l’aide de la société de conseil IFAAS et sous la supervision du comité de conformité ACERFI. Par ailleurs, des sociétés comme Groupe 570 ou France Sukuk travaillent à offrir aux particuliers et aux entreprises des produits financiers en accord avec leurs convictions.

Si vous voulez soutenir ou faire connaître l’initiative sur Facebook, cliquez sur le lien suivant : 30 000 signatures pour que l’ANSEJ annule le 1 % d’intérêt.