Salon international du monde musulman : plus que lundi !

Depuis samedi, le Salon international du monde musulman se tient au Bourget (93). Un franc-succès qu’il faut saluer.

Désormais, quand un musulman dira qu’il prévoit de se rendre au salon du Bourget, on lui répondra : « lequel « ? Depuis samedi 17 décembre, la première édition du Salon international du monde musulman (SIMM) se tient au parc des expositions de la ville du Bourget, en Seine-Saint-Denis. Jusque-là « salon du Bourget » correspondait au fameux RAMF (rassemblement annuel des musulmans de France) organisé depuis 29 ans par l’UOIF (union des organisations musulmanes de France). Eh bien désormais, il faudra compter avec le SIMM et avec l’Union des musulmans de France à l’origine du salon.

Une organisation professionnelle

Nous y avons passé la journée d’hier et celle d’aujourd’hui, notamment dans le village de la finance islamique qui regroupait le projet Waqf, l’association patronale SPMF, l’association AIDIMM, le comité spécialisé en finance islamique ACERFI, la société 570 et la banque Chaabi. Verdict : le salon est à l’image de la campagne de communication réalisée en amont. Une organisation carrée, un souci du détail et un professionnalisme que l’on attendait depuis longtemps. Le salon est divisé en trois espaces : Savoir faire, Savoir et Faire savoir. L’espace savoir faire équivaut à l’espace stands du RAMF qui a eu lieu chaque année au printemps, avec une différence notable : on ne s’y sent pas mal. Si les 120 exposants sont grosso modo ceux que l’on verra sûrement lors du RAMF en 2012, les allées ne sont pas étroites, les exposants ont interdiction de haler les visiteurs, pas de musique assourdissante – pas de musique du tout d’ailleurs -, des équipes de bénévoles passent régulièrement dans les allées pour ramasser les éventuels détritus et autres petits papiers ou proposent aux exposants des sacs poubelles. Bref, les organisateurs ont de toute évidence tenu à ce que l’on ressorte avec une certaine satisfaction de cet espace. A nos yeux, le pari est réussi, même si la présence de cinq stands chiites, qui diffusaient avec plus ou moins de discrétion toute une littérature en contradiction avec le crédo d’Ahl-Sunna wa Jama’a, est difficilement explicable.

Des invités remarquables

Passons sur l’espace Savoir faire, qui met en avant quelques artistes calligraphes et férus de maquette – on a pu voir aujourd’hui quelques maquettes du dôme du Rocher) pour en venir à l’espace Savoir, qui a connu un franc-succès, grâce à des invité de prestige ; de ce prestige qui ne fait pas les stars, mais les gens de haute qualité, à l’instar de cheikh Mahmoud al Masri ou de cheikh Mohamed Al Arifi, qui nous ont surpris par leur modestie. Pour l’anecdote, lorsque nous avons salué cheikh Mohamed Al Arifi, à peine lui avions-nous serré la main, qu’il baissa le regard, plein d’humilité, à croire qu’il serrait la main d’un éminent cheikh et non du vulgum pecus. De même lors de la conversion d’un jeune homme arrivé au salon « par hasard », selon ses dires, le cheikh Mohamed Al Arifi fit preuve d’une proximité et d’une affection immédiate bluffantes, au point de tirer les larmes à plusieurs gaillards présents. Le charisme et la générosité de ces deux cheikhs expliquent sans nul doute que la salle de 5 000 personnes, pleine à craquer lors de leurs interventions, n’a pu accueillir la foule restée à l’extérieur.

Outre donc les stands chiites, un petit oubli, lié certainement à l’ampleur d’un tel événement et à cette première, a été quelque peu embarrassant : l’espace restauration manquait de professionnels rompus à ce genre de rassemblement ; ce qui a provoqué de longues files d’attente devant les stands. Rien de dramatique bien évidemment, d’autant que l’on est assuré que l’an prochain ce détail sera pris en compte in cha’a-Llah.

Bref, nous avons apprécié la première édition du SIMM et nous vous recommandons de vous y rendre demain, d’abord parce que vous devriez vous y plaire, ensuite parce qu’il est important d’encourager et de soutenir les initiatives de qualité. Pour toutes les informations pratiques, rendez-vous sur le site du SIMM : Salon international du monde musulman.

Une stratégie payante

La première journée a accueilli 17 300 visiteurs, la seconde près de 22 000 entrées. Il faut dire que le Salon avait des arguments solides : les trois jours ne coûtent que dix euros et les moins de douze ans y accèdent gratuitement. Ajoutons qu’un espace enfants, animé par les associations 123 Soleil et Orientation, a certainement encouragé les parents à venir en famille. Côté exposants, un stand de 6m² ne coûtait que 1 000 euros, soit un investissement faible au regard des recettes générées par les ventes pendant ces trois jours.

Près de 40 000 visiteurs sur deux jours pour une édition qui a dû concerner essentiellement la région parisienne, il n’est pas de doute : les organisateurs ont réussi leur pari. Pour la prochaine édition, il leur faudra penser bien plus grand. Le bouche-à-oreille fait déjà quelques déçus : ceux qui n’avaient pas eu vent de l’organisation de ce salon regrettaient de n’avoir pu y participer. Ce n’est que partie remise in cha’a-Llah.

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