L’AFP et les « mahométans de France »

Par Al-Kanz

« Les mahométans de France, Belgique, Allemagne ou Royaume-Uni comptent de plus en plus », nous apprenait il y a quelques jours une dépêche de l’AFP.

On pensait que le terme « mahométan », pour le moins désuet, n’était plus utilisé que par une certaine frange de la population française, vieillissante, d’extrême droite et d’obédience chrétienne.

Nous nous trompions. Pendant le mois de ramadan, une dépêche de l’Agence France Presse consacrée au tourisme muslim-friendly, le tourisme halal, nous apprenait que « les mahométans de France, Belgique, Allemagne ou Royaume-Uni comptent de plus en plus et représentent désormais 13 % des dépenses touristiques des musulmans ».

L'AFP et les mahométans de FranceCrédit AFP

L’ensemble des rédactions abonnées au service de dépêches de l’Agence France Presse ont bien entendu eu accès à celle-ci. Certains sites d’information ont décidé de la publier, d’autres non. Parmi ceux qui l’ont publié, nous comptons le site du Point, celui du Nouvel Obs ou encore Yabiladi.com.

Détail amusant (ou pas), seul le site Yabiladi.com a corrigé « mahométans » par « musulmans ».

L'AFP et les mahométans de France
Capture d’écran du site LePoint.fr

L'AFP et les mahométans de France
Capture d’écran du site Yabiladi.com

L'AFP et les mahométans de France
Capture d’écran du Nouvelobs.com

Question : le tourisme halal s’arrêtera-t-il à Poitiers ? Réponse dans une prochaine dépêche.

Crédit photo Une : Flickr – Enrique Freire



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Vos réactions (6 commentaires)

  1. Bilel    

    Une provocation de plus, dans une guerre médiatique qui n’atteint et n’anime en réalité que ses auteurs. Ignorons les, laissons-les seuls face à leurs bêtises, peut-être comprendront-ils.
    Triste pays, refermé sur lui même, paranoïaque, fade, livide.

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  2. Hajj    

    Salam 3alaykoum wr wb,

    Le terme « mahométan » peut être perçu comme péjoratif5 et, pour le journal suisse, Le Courrier, il appartiendrait aujourd’hui au lexique de l’extrême droite. Et c’est Wikipedia qui le dit http://fr.wikipedia.org/wiki/Mahom%C3%A9tisme

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  3. Mourad    

    salam alaykoum

    A une époque pas si lointaine, juif se disait youpin, l’AFP se garde bien d’utiliser se terme (péjoratif) au risque de se voir convoquer par les « autorités » du CRIF

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  4. Daoud de Mulhouse    

    Asselem alaikoum,

    Bien qu’il puisse choquer, le terme « mahométan » ne devrait pas vous choquer, du moins pas plus que celui de « musulman » : car ces deux mots sont des déformations.

    Pour comprendre, il faut revenir dans le temps. Au bas moyen âge les muslimin étaient appelés par les Francs les « Sarrazins », ceci n’est un secret pour personne. Le terme Islam ne sera pas utilisé à cette époque où l’on parlait de « la Loi de Mohammed ». Ce terme restera dominant jusqu’aux croisades.

    A partir des croisades, le terme Sarrazin va se trouver remplacer par le terme Mahométan pour une raison simple : nombre de croisés passent pas l’Anatolie pour combattre et rencontrent les adeptes de Mohammed, qui en turc est déformé et prononcé Mehmet. Ainsi un adepte de Mehmet (Mohammed), en arabe Muhammadi, devient un mahométan.

    Ce terme restera celui adopté jusqu’à très tardivement et ce pour une bonne raison : les Turcophones d’Othman ayant commencé leurs conquêtes sur les terres chrétiennes des Balkans , pris par la force la légendaire Constantinople avant de s’avancer jusque dans les terres des très Catholiques Hasbourg. Le seul obstacle à la Conquête de Jérusalem ne fut plus les Sarrazins mais ces Mahométans d’Anatolie.

    Plus tard dans le temps, lorsque les Ottomans étaient en décadence et que la France foula de son pied l’Algérie, les linguistes se détournèrent du terme mahométan pour adopter la latinisation du terme « muslim », qui devint ainsi « musulman », latinisation du terme qui avait été l’oeuvre des espagnols auparavant. Dans le monde latin, Muslim devint « Musulman » en France, ou encore « musulmán » en Espagne, « muçulmano » au Portugal et « musulmano » en Italie. Les anglais n’étant pas latins (même si un grand nombre de leur vocabulaire vient du français) ne latinisèrent pas le mot et préférèrent ne pas le dénaturer et parler de « muslim ». On notera que les pays nordiques adoptèrent cette position.

    Ainsi un « mahométan » est un « musulman », mais à une époque différente. Personnellement, si quelqu’un me dit « Mahométan », littéralement donc « suiveur de Mohammed », je n’en serais que ravi, car il témoignera pour moi le jour du jugement que j’ai bien suivi Mohammed SWS.

    Donc s’il vous plait arrêtez avec la pseudo-manipulation des juifs qui diraient Mahometan parce que Ma homit veut dire je ne sais quoi en je ne sais quelle langue ce n’est pas fondé.

    BârakAllahfikoum

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  5. Daoud de Mulhouse    

    Si l’emploi de Mahométan ne pose pas de problème linguistiquement parlant (auquel cas il faudrait s’insurger contre « musulman », car pas de deux poids deux mesures, une déformation est une déformation) dans la mesure où les Français sont un peuple non arabe et que ces termes ont été développés à une époque où il n’y avaient pas d’arabes ni d’arabophones dans ce pays, en revanche, son emploi est préjudiciable dans la mesure où il renvoie à une époque noire où le muslim est l’ennemi, l’indésirable, celui qui veut la perte de l’Occident, etc.

    Au delà de cette anecdote, je pense qu’il faudrait aller plus loin dans le débat et aller dans le sens de la sécularisation de l’Islam en France pour aborder des réformes linguistiques fondamentales pour la pérennité de la bonne compréhension des textes divins, étant donné que notre pays compte une population non négligeable d’arabes et d’arabophones et que la continuité de l’Islam ne peut se défaire de l’attachement à la langue arabe ( C’est pour cela que lorsque les Sahâba conquérirent des territoires, en plus de les islamiser il les arabisaient. C’est également pour cela que les Turcs ont repris énormément de mots arabes dans leur vocabulaire pendant la période ottomane, de même pour l’Empire Moghol en Inde). A défaut d’arabiser la population française qui n’est pas une prérogative, nous pouvons adapter la langue française aux subtilités de la langue arabe et commencer par se ré-arabiser ou du moins ré-arabiser notre vocabulaire spécifique. Cette réforme qui passera par la ré-arabisation devra passer par trois axes :

    1. La réfutation de la latinisation et des apports extérieurs des termes inhérents à la religion :

    Ainsi plus de Mahométans ni de musulmans, mais des muslims (ou mouslim, orthographié à la française).Ainsi nous n’irions plus à la « mosquée », terme conçu par les même qui ont souillés nos terres et imposé de facto par les dictionnaires, mais à la masjid (ou Masdjid). Les femmes ne porteraient plus le foulard mais le Hidjâb, etc etc. Les linguistes compétents devront alors s’accorder à trouver la manière d’orthographier les termes de manière à la simplifier aux masses tout en les dénaturant le moins possibles.

    2. La réfutation de la transposition de termes chrétiens appliqués pour l’Islam :

    Ainsi disparaîtrait l' »intégrisme » islamique, car l’intégrisme est au départ un mouvement de l’Eglise Catholique. Disparaîtrait également les « kermesses » à la Masjid, les kermesses étant des manifestations chrétiennes à la base. Nous ne ferons plus la « prière », mais nous ferons la Salat, la prière compris dans le sens chrétien étant un simple dou’a : prier n’est pas l’équivalent religieux de faire la Salat, je ne vous fais pas de dessins. etc etc.

    3. Une révision globale des traductions françaises

    Car les traductions francophones généralisées sont sujettes à de nombreuses erreurs qu’il conviendrait de réviser. A titre d’exemple on peut citer la « nuit du destin » comme traduction on ne peut plus fausse de « laylat-oul-Qadr ». Al Qadr s’écrivant avec un soukoun sut le del, on parle de la valeur de l’importance mais en aucun cas du destin qui en arabe qadar, s’écrit avec une fetha sur le del. D’ailleurs si on lit la sourate du même nom, il est mentionné qu’elle est « mieux que mille mois », donc sa valeur son importance est telle qu’elle est mieux que mille mois d’adoration. On pourrait aussi citer « le verset du trône », qui nous fait entrer au plein coeur de la Aqida : trône en Arabe c’est ‘arch عرش mais le verset en question parle de koursiy كرسي. Or كرسي c’est كرسي et عرش c’est عرش : deux choses totalement différentes. كرسي désigne le Piédestal

    Bref, l’Islam a été révélé en Arabe et nous devons y revenir si nous voulons penser à la postérité. Penser l’Islam sans l’arabe est comme penser le Judaïsme sans l’hébreu, ce n’est pas concevable. Et ça les juifs le savent et agissent en conséquence, ils n’ont pas seulement fait leur état : ils l’ont hébraïsé et ont hébraïsé des masses de population d’Europe de l’Est qui ne parlaient plus l’hébreu.

    La question que je veut soulever est : Quand est ce que nous, prétendus soumis aux lois divines, reviendront nous vers la langue dans laquelle a été révélée cette loi, l’Arabe ?

    5
  6. Mina    

    BarakaAllahou fik,

    Qu’Allah nous guide toujours et nous pardonne. Amine

    Wa Salamouhaleykum wa rahmatoullahi wa barakaatouh

    6

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