Entre inspiration et plagiat, il n’y a qu’un pas

Internet favorise la multiplication des expériences entrepreneuriales, ce qui est une bonne chose. Sauf quand elles se développent par la copie et le plagiat.

bougie-orientale

Attache-tétine, broche pour hijab ou encore marque-page : nombreux sont les comptes Facebook qui proposent ce genre de confections. Si vous fréquentez régulièrement ce réseau social, vous avez probablement constaté le phénomène de mode qui concerne les âmes créatives. Quand bien même chacun est libre de réaliser ce qui lui plaît, il est intéressant de faire la différence entre inspiration et reproduction. Nous passerons outre le fait que la plupart des personnes proposant la vente de leurs créations ne déclarent pas leur activité.

Lire : Facebook : concurrence déloyale et asphyxie

Facebook accroit le phénomène de mode créative

L’un des principes d’Internet, c’est la facilité de partage, la volonté de rendre l’information accessible au plus grand nombre. Internet est par la même occasion une mine d’inspiration pour les personnes qui aiment confectionner de jolies choses, comme on le constate en parcourant photos et nombreuses publications des blogs. Ce n’est pas nouveau, et cela reste l’essence même di Web.

Sur Facebook, on ressent encore plus le phénomène des tendances créatives, au point de constater des « modes ». On peut citer par exemple la vague de comptes de personnes peignant et vendant des tableaux orientaux, puis la période plaque de porte, puis celle des poupées de chiffon. Actuellement, nous sommes en plein dans l’ère des loisirs créatifs à base de perles. A partir de là, il est aisé de voir ce qui marche et plaît au sein de la communauté. Il ne reste plus qu’à s’improviser artiste-vendeur.

Entre inspiration et plagiat, il n’y a qu’un pas

Il n’est pas question ici de faire un procès aux personnes qui s’inspirent, ni même à celles qui reproduisent pour leurs besoins personnels. De toutes façons, prouver qu’untel s’est inspiré d’unetelle est impossible. Il n’y a aucun mal à reprendre des idées glanées ci et là, tout le monde le fait. La plupart du temps même, on ne vous en voudra absolument pas d’avoir reproduit partiellement ou totalement une création, pourvu que cette dernière soit destinée à un usage non lucratif.

Il convient de trouver la juste mesure entre inspiration et plagiat. Nous convenons qu’il s’agit d’une entreprise délicate. Là où la reproduction devient gênante, c’est lorsque cette dernière est réalisée avec l’intention d’en tirer profit. Et ça, c’est moche. C’est là aussi que les choses se compliquent.

Violation des droits d’auteur, quel recours ?

Il est bien entendu possible de protéger ses créations, à condition d’y mettre le prix. Imaginez une personne qui propose différents modèles de marque-pages et qui doit déposer chacun des modèles à INPI, moyennant un coût. La facture devient rapidement trop élevée. Et quand bien même les modèles sont déposés, et que l’on constate un plagiat, qui a la volonté de lancer une procédure juridique, avec le temps et le coût que cela engendre ? Il y a des possibilités pour se protéger, mais cela reste compliqué pour les auto-entrepreneurs.

La plupart du temps lorsque l’on découvre la mise en ligne d’un modèle ressemblant fortement à l’un des nôtres, il suffit de contacter le plagieur en privé, d’expliquer son point de vue et ce dernier fini par retirer la photo incriminée. Des fois, cela ne fonctionne pas, il faut alors utiliser la fonction de signalement existante sur Facebook en précisant l’url du fichier original.

Par expérience, nous avons constaté que les personnes qui copient et vendent par la suite leurs créations sur Facebook sont novices en deux points :
– La démarche commerciale n’est pas réfléchie et leur activité est illégale.
– L’expérience créative n’est pas mûrie, puisque si tel était le cas, ces artistes vendeuses n’auraient pas besoin de s’imprégner de réalisations déjà existantes.



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"Marie partage au travers de son blog JasmineandCo son attrait pour la décoration orientale et l'art de vivre marocain. En ce début d'année 2012, elle décide de se lancer dans une aventure entrepreneuriale afin de concrétiser son activité de rédactrice freelance et d'ouvrir la boutique en ligne Plume de Miel."

Vos réactions (21 commentaires)

  1. Salam'Stick    

    Salam aleikoum,

    Comment ton premier article, celui-ci est excellent (enfin ça dépend pour qui…)

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  2. autour du Kitab    

    Salam alaykoum

    Baraka Allah ofikoum pour cet article , c’est malheureux , les copier coller sont de plus en plus fréquents :/ et on ne peut rien faire khayr inchaa Allah

    Qu’Allah éloigne de nos commerces l’oeil de l’envieux quand il envie Amin

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  3. Najet [iPhone 3GS]    

    Salam alikoum
    Très bon article qui explique bien votre
    frustration face à la concurrence déloyale et au plagiat. Il faut savoir cependant que ceci n’est pas un phénomène nouveau et qu’il concerne beaucoup de secteurs, loin du créatif.
    . Qui n’a pas remarqué la multiplication des Téléboutiques dans un même quartier parce que ça fonctionnait, idem pour les kebab, pour les fast food imitation Mc d., sans parler des industriels qui lancent les mêmes produits que leurs concurrents ont passes des mois à réfléchir et concevoir?! Qu’Allah nous guide dans sa voie et nous apprenne les règles du commerce et nous éloigne du plagiat et de la nuisance mutuelle!
    Par ailleurs, la juriste que je suis ne peut que vous conseiller d’actionner parfois, pour l’exemple, les procédures judiciaires nécessaires pour calmer les ardeurs de vos concurrentes déloyales car cela peut démontrer votre propre rigueur et sérieux, et forger un droit qui n’est pas assez reconnu dans la communauté: le droit à la propriété intellectuelle et industrielle

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  4. IbnAdam92    

    assalam alaykoum

    Ne reconnaissant pas le droit d’auteur autre que celui… de justement pouvoir se dire auteur, je ne comprends pas où est le problème dans le fait d’être copié, et ce tant que le copieur ne prétend pas être lui-même l’auteur de l’idée. Dans ce dernier cas, il s’agit d’un mensonge, ni plus ni moins. Si vous cherchez à ce que personne ne puisse copier la création de quelqu’un, ne croyez-vous pas porter gravement atteinte aux droits fondamentaux que Dieu a accordé aux hommes ?

    Vous parlez également de déclaration. Soit, je sais évidemment que beaucoup se sentent obligés de déclarer, mais est-ce parce que ces gents-là sont oppressés par tel ou tel roi qu’ils doivent exiger que tout le monde le soit comme eux ?

    Au cas où des juristes et autres légitimistes passaraient par-là, ils n’ont qu’à se dire que mon commentaire est une vue de l’esprit, une expression artistique même si vous voulez…

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  5. oum    

    n’est- ce pas le droit à la concurrence ? idem les vêtements, sacs, chaussures de marque sont copiés dans le monde….c’est le commerce qui veut cela, il y a toujours des créatifs, et des copieurs…

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  6. Sakina    

    salam aleikoum,
    pour avoir travaillé dans le domaine de la propriété industrielle (relevant de la propriété intellectuelle), je salue l’initiative de cet article.
    Je souhaite relever la confusion qui ressort de certains commentaires.
    Le droit à la concurrence existe bel et bien mais il n’est pas le seul ey surtout il ne peut ignorer l’investissement intellectuel, de temps et souvent financier (faire de la publicité pour faire connaître et faire aimer le produit) de la personne ou l’entreprise à l’origine d’une production creative. Les pertes financières des entreprises pour les articles copiés sont chiffrables et très importantes, le non respect de la propriété intellectuelle est donc assimilé à du vol et puni par la loi.
    En revanche, il est possible l’exclusivité accordée à l’auteur n’est pas illimitée, ce qui permet après un temps donné, d’ouvrir la conception du produit à la concurrence.
    Pour ce qui est de la commercialisation sur Facebook, l’auteur qui n’a pas fait l’effort de déposer à l’INPI une marque (120 € si mes souvenirs sont bons), un dessin/modèle ou une formule (les fameux brevets), ne peut en revendiquer la propriété ni les droits qui relèvent de cette propriété.
    Pire, il peut se voir interdire de fabriquer et commercialiser si une autre personne ou entreprise procède au dépôt à l’INPI

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  7. oum    

    perso :un marque page, une bougie décoré de henne, une calligraphie ou une poupée en tissu…ce ne sont pas les propriétés intellectuelles de qq unes qui les vendent en ligne, désolée
    ce sont des objets qui existaient déjà avant…
    je comprendrais pour des livres, teeshirt de marque particulière, avec un logo, qqchose d’identifiable comme étant nouveau et personnel au créatif, mais la plupart du temps, mais ce n’est pas le cas, les « créatrices » elles mêmes ont copié leurs objets ailleurs!
    alors si d’autres vendent moins cher encore,une bougie au henne, et si le travail est suffisamment appliqué, désolée mais je ne vois pas le souci qu’elle soit vendue par fulla ou fulla, sous prétexte que c’est la première à avoir mis une photo en ligne (et encore …le net est vaste, on n’en sait rien) car ces objets étaient là avant le net…

    7
    • Jasmine    

      Non Oum, je pense que vous n’avez pas compris ce dont il est question ici. Je peux vous assurer que si je vous montre un tableau que j’ai réalisé, et un autre fait par une autre personne, vous trouverez la reproduction flagrante. On ne parle pas du tableau en général, mais de comment il est fait.

      Il y a eu une période où je peignais beaucoup, et bien je retrouvais les mêmes toiles quasiment, sur leboncoin…

      7.1
  8. Sianat    

    As-salamû’ alaykum,

    La concurrence existe et là n’est pas le problème. Je pense que les créatrices devraient plutôt tenter de répondre à un réel besoin plutôt que de copier bêtement les oeuvres des autres dans le seul but de gagner quelques euros.

    8
  9. Batoul    

    Assalamu aleykum,

    Pour faire de la couture, du tricot, du crochet, et suivre quelques créatrices dans ce domaine, cela fait des années que les unes et les autres prennent des idées chez les unes et les autres, certaines publient même des ouvrages pour expliquer la façon dont elles font leurs créations et où elles se procurent les matières premières; c’ est même le fonctionnement de leurs blogs.

    Internet est un vaste réseau d’ échanges, parfois à but lucratif ou non du reste; rien ne ressemble plus à un tableau dit « oriental », qu’ un tableau dit « oriental », et de même pour les confections en liberty, en crochet, les bijoux, etc…

    Toutes ces créations se ressemblent, existent depuis des années, et ce, bien avant la création d’ internet. Nous ne sommes pas figés dans un petit monde, la mode est un éternel recommencement, et qui pourrait dire qu’ il détient la création de ceci, ou de cela, surtout à notre tout petit niveau. D’ autant plus, qu’ aujourd’ hui, en regardant Pinterest par exemple, on se rend compte, que ces créations existent, se ressemblent et s’ échangent de par le monde entier.

    Peut-on alors véritablement parler de piagat? et bien je n’en suis pas certaine du tout.

    9
  10. oum    

    merci batoul tu as très bien exprimée ma propre pensée !
    jasmine , les motifs du henne sont millénaires ! à mon avis, vos modèles sont forcement inspirés d’ailleurs

    10
    • Jasmine    

      Je ne suis pas d’accord, je ne parle pas de motifs henné, je n’ai pas conservé les captures d’écran que j’avais sur ce sujet, mais ce sont des cas flagrants. Si vous étiez victime de ce genre de choses, je pense que vous réagiriez différemment

      10.1
      • Imane    

        Assalamou alaikoum,

        Je donne raison à Sianat et Jasmine il y a vraiment un réel problème, il y a des cas de plagiat flagrants, moi même j’étais victime de plagiat d’un de mes oeuvres, je pense que celles qui copient ne veulent pas travailler mais veulent gagner à tout prx l’argent au dos des autres.

        10.1.1
      • Batoul    

        Assalamu aleyki,

        D’ une certaine façon je peux parvenir à vous comprendre Jasmine, mais au-delà de tout cela ne pensez-vous pas qu’ Allah ta’ ala accorde la subsistance à chacun selon Sa Volonté?

        Qu’ importe que certaines oeuvres ressemblent aux votres, certains chercheront votre marque, vos couleurs, les petits plus, les petites attentions que vous accorderez à votre clientèle.

        Pour acheter mes tissus, je vais toujours sur le même site, pour leur rapidité, leur gentillesse, le soin qu’ elles mettent à envelopper les tissus, et le petit cadeau qui fait du bien. Un joli papier de soie, un petit badge en liberty, et du professionnalisme… Pourtant, il y a beaucoup d’ autres sites qui vendent exactement les mêmes tissus.

        Pour le reste ayez confiance en Allah ta’ ala, Il est Juste et pourvoit parfaitement, parfois, il est meilleur de passer à côté de ces futilités, elles ne retirerons en rien ce que vos clientes aiment et recherchent chez vous, de toute façon votre subsistance sera telle qu’ elle doit être, ni plus, ni moins.

        Bonne continuation à vous,

        Assalamu aleyki

        10.1.2
    • Batoul    

      J’ aurais pu effectivement vous écrire la même chose, je vous rejoins tout à fait, il faut avoir une vision globale de ces créations maison qui s’ inspirent toutes, de façon consciente ou inconsciente, les unes des autres, et répondent aux goûts et aspirations de la mode, selon les milieux, il n’ est donc pas étonnant de les retrouver ici ou là.

      10.2
  11. Ibn khaldoun [iPad Mini]    

    Comme disait Einstein : le meilleur des compliments c’est limitation

    En faisante cela la personne n’insulte personne si ce n’est elle même en avouant de manière inavoué son manque total de capacité à inventer un concept et donc d’être un apport et une force de proposition

    Quant à l’inventeur d’un concept dans son étude de marché la partie -concurrence- doit très prise en compte. il doit prévoir qu’on va le copier et prévoir des mesures coercitives pour y répondre

    De nos jours la copie est règle dans la communauté, que ce soit au grec qui ouvre un grec en face d’un autre août dans l’humanitaire quant on voit les projets d’une association dans 1 pays d’Afrique puis 1 ou 2 ans plus tard une autre asso qui faisait tout autre chose avant, vas dans le même pays et fais une action étrangement similaire …. Tout le monde le pense, mais personne ne le dit …

    Comme disait le sage : la plus grande force d’un group c’est de connaître ces faiblesses

    11
  12. oum    

    personnellement si c’est pour faire une émulation pour la sadaqa, ça me dérange pas qu’il y ait 3000 assoc’ en afrique ou ailleurs !
    idem pour un kebab à côté d’un autre kebab ou une boucherie à côté d’une autre boucherie … à chacun de bosser pour s’individualiser et faire parler de son commerce !
    c’est la même chose chez les koffars
    c’est la règle du commerce

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  13. Smile    

    Salam,
    Dans le village il y a trois boulangeries.
    Je vais toujours chez le même
    Parcequ’il y a un bon accueil et le soucis de la satisfaction du client en plus leur pain est excellent…

    J’ai essayé les deux autres…
    Contact avec le client nul
    C’est la course au bénéfice affiché, ne participent à rien au niveau des écoles pas de concours de dessin pour les enfants, pas d’information sur ce qui se passe au village , pas d’ateliers gratuits pour fabriquer des biscuits à l’emporte pièce…
    Sans compter les promos qu’il fait très régulièrement il donne un coupon une baguette acheté une deuxième offerte a telle date quand on est client régulier on apprécie.
    Ils ont la même recette de pain pourtant.

    Le commerce ce n’est pas seulement le produit et sa qualité c’est tout le travail autour pour fidéliser la clientèle
    Une clientèle satisfaite reviens. Sauf si les prix deviennent exorbitant et la qualité diminue.

    Il faut se démarquer…

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  14. Chahinez    

    Salam alaykoum,

    Je suis d’accord sur le fait qu’Allah accorde à chacun Sa subsistance.
    Mais le problème c’est que nous ne sommes pas créatifs (enfin il y en a une partie oui). Nous sommes comme des moutons.
    Comme l’a fait remarquer Sianat, nous devrions plutôt répondre à un réel besoin, « innover », proposer un « plus » ou autre chose pour combler un manque. Nous devrions être plus que solidaire et surtout complémentaire.
    Allahu A’lem

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