Tunisie : rififi autour d’un label halal

Par Al-Kanz

La mise en place d’un label halal en Tunisie a suscité une levée de boucliers. A tort.

Institut national de la normalisation et de la propriété industrielle
Institut national de la normalisation et de la propriété industrielle

L’annonce de la mise en place d’un label halal en Tunisie a suscité début décembre une vive polémique. Mise en place par les autorités tunisiennes, plus précisément par l’Institut national de la normalisation et de la propriété industrielle (INNORPI), en collaboration avec le mufti de la République, ce label doit permettre aux entreprises du pays qui visent le marché international d’exporter leurs produits.

Pour autant, d’aucuns ne l’entendent pas de cette oreille, à l’instar de Fayçal Tebbini, président du parti de la voix des Agriculteurs : « Nous n’arrosons pas la terre avec du vin pour faire appliquer un label halal » a-t-il vitupéré, rapporte le site Business News. Et de préciser que la Tunisie est un pays musulman.

L’application d’un label halal dans les pays musulmans est pourtant un impératif. Le marché est mondialisé. La viande de boeuf par exemple est massivement importé du Brésil, celle de moutons de Nouvelle-Zélande ou d’Australie. La volaille – frauduleusement estampillée halal – en Arabie saoudite ou au Yemen vient des volaillers français (Doux, Tilly-Sabco, Salvel, etc.) et brésiliens.

Lire – Doux : des Saoudiens diffusent sur Facebook la fraude au halal du volailler

McDonald’s Maroc se fournit en Espagne avec la bénédiction d’organismes de certification qui lui délivre des certificats halal, mais refuse d’en dire plus sur les process mis en place pour abattre les bêtes.

Lire – Fuyant les internautes et Facebook, McDonald’s se réfugie sur son site

Bref, sans l’application stricte de procédures draconiennes, tout comme celles par exemple relatives à l’hygiène, les entreprises feront du halal comme elles l’entendent. Il est grand temps de sortir de cette posture naïve – ou vicieuse – qui consiste à affirmer que dans un pays musulman le halal s’impose de lui-même.



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Vos réactions (6 commentaires)

  1. moimême[GT-N5110]    

    Salam alikoum que faire?

    1
    • Benjamin Borel    

      Boycott, et diffusion de l’info à tous.
      Perso, si je n’avais pas lu sur ce site l’arnaque Doux, jamais je n’aurai été au courant pour l’Arabie Saoudite et le faux poulet hallal au hajj, idem pour les brioches qui contiennent de l’alcool. Déjà, si dans un premier il y a une prise de conscience, c’est le premier pas pour aller vers un boycott, et si les musulmans touchent au porte-monnaie (nerfs de la guerre) des industriels et autres, vous allez voir comme ça va bouger.
      Si nous savions tous les musulmans de France et ailleurs, la puissance que nous avons !! c’est juste hallucinant.
      Merci à tous ici de m’avoir éveiller à cette conscience, wa salam oualikoum

      1.1
  2. doudou [iPhone 4S]    

    Complétement à l’ouest la déclaration du président de l’agriculture tunisienne…..
    soit il comprend rien à l’import/export soit il fait exprès de pas comprendre à cause du lobby d’industriels…

    2
  3. Serviteur Du Donnateur    

    Salem aleykoum Wa Rahmatou Allah,

    Il faut arréter de faire n’importe quoi de mon point de vue. Je m’explique, la grande majorité des industries agro-alimentaires à base de matières premières carnées est, en grande majorité, sont implantées dans les pays occidentaux non-musulmans donc, c’est à ces PAYS là qu’il faut imposer un strict respect de la norme HALAL et pas au pays musulmans quand même.
    Maintenant, il faut se méfier d’une chose, il ne s’agirait pas de ne pas décliner une norme au pays musulmans car , de mon point de vue toujours, nous créerions une faille et là ces mêmes industries de AA s’y engouffreraient pour pouvoir faire devenir un produit non halal à la base en produit halal sous prétexte qu’il serait travailler dans un pays musulman.
    Un exemple à titre d’illustration, des boyaux de mouton (assomés avant abattage donc non halal) Nouvelle Zélande seraient importés vers le Maroc et reconditionnés en Halal, voilà un sacré, ss jeux de mots, tour de pass pass n’est ce pas ?

    3
  4. Serviteur Du Donnateur    

    suite de mon commentaire :
    Et voilà comment les pays musulmans se retrouveraient à recycler du non-halal en halal, une sorte de « blanchiment » du halal à l’image de l’argent sale issu de tous les trafics. Et là y a pas quelque chose
    Sous prétexte que la pays est musulman et donc n’a pas à montrer pattes blanches, il servirait de pourvoyeur de haram avec la « Bénédictions » des autorités religieuses qui ne comprennent rien au monde de l’industrialisation et de l’économie de cette dernière.
    Depuis quand « un grand Musfti de la République va dans des usines agro-alimentaires ? De cela les industriels occidentaux l’ont bien compris. Ils veulent faire à l’échelle planétaires, parce que les consommateurs musulmans ont bien compris grâce en autres à des sites comme Al Kanz, qu’il leur faut une caution morale à l’image de ce qui se passe en France avec les organismes de certifications halal, zerma ! C’est qui les benêts dans tous ça ?
    Allah ou Alem !
    Fraternellement
    Abou Ayad

    4
  5. doudou [iPhone 4S]    

    Slm alkm Abou Ayad,
    Je ne te suis pas sur un point. Tu dis qu’il faut imposer au pays non musulman de respecter le halal. Je suis d’accord avec toi pour dire qu’ils font de la publicité mensongère mais le principal problème est que les pays musulmans ne son pas de gros producteur de hallal et son en grande partie des consommateurs (et donc à la merci de ceux qui vendent).

    5

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