Ramadan : « Comment peut-on diviser en voulant unir ? », s’interroge cheikh Hicham Elarafa

Par Al-Kanz

Ramadan. Dans une interview, le directeur de l’institut Oussoul Eddine rappelle la nécessité de l’unité des musulmans, au-delà des divergences.

hicham elarafa

Ramadan. Après un excellent débat entre Ahmad Jaballah, ancien président de l’UOIF, et Chemseddine Hafiz, membre de la mosquée de Paris, organisé par Oumma.tv, Suhail Najmi, l’un des animateurs de la web TV musulmane, a reçu Hicham Elarafa, directeur de l’institut Oussoul Eddine

Les divergences ne sont pas un problème en soi

Réputé pour la qualité de ses enseignements, Hicham Elarafa est par ailleurs très apprécié pour la sagesse de ses positions tout à la fois pragmatiques et fidèles au Coran et à la Sunna.

Loin des luttes d’appareils qui minent le CFCM ou des intrigues politiciennes qui visent à enfermer la communauté musulmane dans une vision partisane et idéologique et à se soumettre à un clergé qui ne dit pas son nom, Hicham Elarafa rappelle que l’exigence d’unité de la oumma s’impose au-delà de toute divergence.

Nous l’avons dit, nous le répétons : l’islam recommande aux musulmans de débuter le jeûne ensemble et de rompre le jeûne ensemble. C’est ainsi qu’il est exigé de chacun de travailler à dépasser ses divergences. Les divergences d’avis juridiques sont légion en islam : sur la façon de prier, sur la façon de se vêtir, sur la licéité ou non des aliments, etc. Ces divergences ne sont pas un problème, sauf lorsque d’autres considérations religieuses surviennent.

Jeûnons ensemble aujourd’hui comme hier

Historiquement, les musulmans du monde et de France ont toujours débuté et terminé le mois de ramadan après observation du croissant lunaire. De fait, l’écrasante majorité de la communauté musulmane procède de la sorte. L’UOIF a décidé de choisir une autre voie. Dont acte. Il y a débat sur les arguments qu’elle avance. Pour autant que l’on soit pour ou contre l’observation du croissant de lune, il n’est pas acceptable d’être contre l’unité de la communauté. Or, en décrétant plusieurs jours à l’avance la date du ramadan, en refusant de suivre la position de l’écrasante majorité et en faisant pression sur les responsables de mosquées pour qu’ils la rejoignent, l’UOIF brise volontairement cette unité.

Certes, l’UOIF peut défendre sa position. Certes, l’UOIF a le droit de penser qu’elle a raison. En revanche, ni l’UOIF ni personne n’a le droit de faire de son désaccord un outil de division. Et encore moins d’insulter le milliard et demi de musulmans qui a choisi de jeûner selon l’observation du croissant lunaire, comme le font actuellement et depuis l’an dernier le prédicateur Hassan Iquioussen et un certain Mohamed Bajrafil, qui multiplie les insultes publiques contre ceux qui ne se soumettent pas à l’UOIF.

Lire – Mohamed Bajrafil : « Ceux qui disent qu’il faut regarder » le croissant lunaire sont « des ringards », « des arriérés », « des débiles mentaux »

On est très loin de la dignité et de la sagesse du secrétaire général du Conseil des imams de France, Dhaou Meskine, qui ne ménage pas ses efforts depuis des semaines pour pouvoir permettre non pas que l’on se rallie à son opinion, mais que l’union exigée par l’islam se réalise, au-delà des divergences.

Lire – Dhaou Meskine : « les règles de l’islam doivent être à la portée de tous »

Tout comme on est aussi très loin du souci de l’unité des musulmans, dont cheikh Hicham Elarafa témoigne dans l’entretien réalisé par Suhail Najmi pour Oumma.tv.

Au-delà de la polémique, le savoir est dû à tout le monde

D’aucuns voudraient que l’on fasse l’impasse sur cette polémique, car ce serait l’alimenter que d’en parler. Il est vrai qu’il est pénible de devoir consacrer moins de temps à la préparation du mois béni de ramadan qu’à cette actualité. Malgré tout, faudrait-il laisser le désarroi s’emparer de très nombreuses personnes, qui aimeraient comprendre de quoi il retourne précisément ? ou faut-il tenter un tant soit peu d’apporter des clés de compréhension pour que chacun puisse saisir les tenants et les aboutissants de cette polémique ?

Nous pensons, à l’instar de Dhaou Meskine, que l’islam ne doit pas être l’affaire des spécialistes, avérés ou non. Le savoir est dû à tout le monde. C’est en ce sens que nous essayons modestement d’apporter quelques éléments qui nous l’espérons permettent de clarifier le débat. A chacun ensuite de se faire sa propre idée. Dans le respect de tous.

Terminons en rappelant que le CFCM, la mosquée de Paris ainsi que le RMF (rassemblement des marocains de France) ont refusé de nuire à l’unité des musulmans et ont choisi de respecter le voeu de l’ensemble des musulmans de France, sans céder aux pressions d’une minorité agissante. A ceux qui ne se privent pas de railler ce choix et ceux qui l’approuvent, nous disons que l’islam ne s’observe pas selon les personnes ou les groupes de personnes, mais selon la conformité de ce qui est dit par ces personnes ou ces groupes de personnes.



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Vos réactions (1 commentaires)

  1. Mourad    

    salam alaykoum

    Je viens d’écouter son intervention y a quelques minutes en consultant oumma tv et j’ai (enfin) été agréablement surpris parce l’intervention du shaykh qui a parlé avec science et sagesse, sans dénigrement, sans parti pris, sans militantisme et sans exagération.

    ENFIN… (on n’a pas été insulté de malade mentaux, d’arriéré, de rétrograde et autres débilités)

    Macha’Allah, baraka Allah ou fikoum pour cette interview et cet article

    1

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