Aïd al-Fitr : fin du ramadan, prenez un jour de congé

Par Al-Kanz

Aïd al-fitr. Longtemps on a dû choisir entre fêter l’aïd ou se rendre au travail ou à l’école. Aujourd’hui les choses ont évolué.

Aïd : prenez un jour de congéSource : Flickr – Sandip

Aïd al-fitr. Pendant longtemps on a dû choisir entre fêter l’Aïd ou se rendre au travail ou à l’école. De fait, il n’était pas autorisé de s’absenter de l’école le jour de l’Aïd (Aïd al-Fitr ou Aïd al-Adha) ou de chômer un jour à l’occasion de cette fête. Depuis quelques années, en matière d’absence pour les fêtes religieuses les choses ont changé pour l’ensemble des religions. Toutefois, selon que l’on travaille dans le privé ou dans le public, les règles ne sont pas les mêmes.

Dans le secteur privé

Les choses sont très simples : il n’existe pas à proprement parler de textes de loi évoquant expressément un droit à congé pour motif religieux. Si vous travaillez en entreprise, dans le secteur privé, et que vous voulez prendre un jour de congé pour l’Aïd al-Fitr , il vous faudra en parler avec votre employeur et lui demander son accord, voire négocier avec lui. Il y a quelques années, la Ligue des droits de l’homme (LDH) proposait à cet effet des pistes intéressantes.

« La négociation individuelle étant à l’évidence précaire pour le salarié, qui pourra difficilement négocier dès l’embauche d’éventuelles absences pour motif religieux, c’est au plan collectif, par accord d’entreprise ou par voie de convention collective, qu’on peut envisager d’accommoder la norme commune afin de respecter la liberté de religion. Déjà, certaines conventions collectives ou certaines entreprises du bâtiment contiennent des dispositions en ce sens, prévoyant notamment la possibilité pour les salariés de chômer pour la fête de l’Aïd El-Kebir

Source : « Entreprise et religion : Quelles dispositions pour une liberté fondamentale ? », Homme et Libertés – Ligue des droits de l’homme, n°129

A l’école

Evoquons le cas de l’école, même si cette fois l’aïd al-fitr a lieu en pleines vacances scolaires. La règle, c’est l’assiduité au cours. Toutefois, la prise en compte de la réalité confessionnelle du pays a amené l’État à s’adapter. Ainsi, les textes permettent qu’un élève puisse s’absenter à titre exceptionnel à l’occasion des fêtes religieuses. Il revient au chef d’établissement d’accorder l’autorisation d’absence. Ces absences ne doivent pas nuire aux élèves et « doivent être compatibles avec l’accomplissement des tâches inhérentes à leurs études et avec le respect de l’ordre public dans l’établissement » (extrait d’une lettre de l’inspection d’académie aux directrices et directeurs d’école).

L’Aïd al-Adha, en revanche, aura lieu cette année fin septembre in cha’a-Llah. Écoliers, collégiens et lycéens pourront donc s’absenter pour l’Aïd al-Adha prochain sans que ne leur soit reprochée cette absence. Mettre un petit mot dans le carnet de correspondance de l’enfant est une précaution qui devrait toutefois être appréciée.

Personnels du service public

Chaque année paraît, au Bulletin officiel, un texte rappelant aux chefs de service de la fonction publique les dates des fêtes religieuses qui peuvent donner lieu à une autorisation d’absence pour les fonctionnaires des différentes confessions.

Le texte est très clair : tout agent de la fonction publique peut prétendre à un congé pour cause de fête religieuse dès lors que son absence ne perturbe pas le fonctionnement normal du service. Pendant des années, l’administration diffusait la circulaire autorisant aux agents publics de s’absenter à l’occasion de fêtes ou de cérémonies religieuses. En décembre 2012, il a été décidé que cette circulaire, renouvelée habituellement tous les ans, devenait pérenne. C’est la circulaire du 10 février 2012 qui fait désormais, et pour les années à venir, autorité.

Circulaire du 10 février 2012 relative aux autorisations d’absence pouvant être accordées à l’occasion des principales fêtes religieuses des différentes confessions

La circulaire FP n°901 du 23 septembre 1967 a rappelé que les chefs de service peuvent accorder aux agents qui désirent participer aux cérémonies célébrées à l’occasion des principales fêtes propres à leur confession, les autorisations d’absence nécessaires.

Vous voudrez bien trouver ci-joint, à titre d’information, les cérémonies propres à certaines des principales confessions et pour lesquelles une autorisation d’absence peut être accordée.

Je vous serais obligé de rappeler aux chefs de service placés sous votre autorité qu’ils peuvent accorder à leurs agents une autorisation pour participer à une fête religieuse correspondant à leur confession dans la mesure où cette absence est compatible avec le fonctionnement normal du service.

ANNEXE
Fêtes catholiques et protestantes
Les principales fêtes sont prises en compte au titre du calendrier des fêtes légales.

Fêtes orthodoxes
– Téophanie : – selon le calendrier grégorien – ou selon le calendrier julien.
– Grand Vendredi Saint. – Ascension.

Fêtes arméniennes
– Fête de la Nativité. – Fête des Saints Vartanants. – Commémoration du 24 avril.

Fêtes musulmanes
– Aïd El Adha. – Al Mawlid Ennabi. – Aïd El Fitr.
Les dates de ces fêtes étant fixées à un jour près, les autorisations d’absence pourront être accordées, sur demande de l’agent, avec un décalage en plus ou en moins. Ces fêtes commencent la veille au soir.

Fêtes juives
– Chavouot (Pentecôte). – Roch Hachana (jour de l’an : deux jours). – Yom Kippour (Grand pardon).
Ces fêtes commencent la veille au soir.

Fête bouddhiste
– Fête du Vesak (« jour du Bouddha »).
La date de cette fête étant fixée à un jour près, les autorisations d’absence pourront être accordées, sur demande de l’agent, avec un décalage en plus ou en moins.

Chacun aura noté la précision suivante : « Les dates de ces fêtes étant fixées à un jour près, les autorisations d’absence pourront être accordées, sur demande de l’agent, avec un décalage en plus ou en moins. Ces fêtes commencent la veille au soir. » Cette précision est très importante pour les agents publics qui pensent que l’application de la sunna dans la détermination du jour de l’Aïd est un problème.

L’administration française vous rassure. Si, comme le veut la tradition, vous ne pouvez connaître la date exacte de l’Aïd que la veille, cela ne posera aucun problème puisque que cette circulaire vous permettra de prévenir à l’avance votre employeur. A vous de préciser que vous prenez bien un jour de congé, mais que ce sera soit le 17 soit le 18 juillet, pour ceux qui travaillent le samedi. Indiquez que vous serez définitivement fixés le 16 au soir.

Remarque : En islam, il n’existe que deux fêtes et seulement deux fêtes. Al-Mawlid an-Nabawi n’est pas une fête et la naissance du Prophète (paix et bénédiction sur lui) n’a pas à être fêtée.

Lire aussi : Aïd al-fitr : prendre un jour de congé, cas pratique.



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