#FreeMoussa Moussa est incarcéré depuis 30 jours. Où sommes-nous donc ?

Par Al-Kanz

Un mois que l’humanitaire français Moussa Tchantchuing est en prison au Bangladesh. Où sont donc tous les bonnes volontés, tous les soutiens des premiers jours ?

free moussa 30 jours

Voilà un mois que Moussa Tchantchuing est détenu abusivement au Bangladesh. Il lui est reproché d’avoir voulu porter secours à des femmes et à des hommes en grandes difficultés.

Lire – Rohingyas : Moussa, humanitaire chez Barakacity, emprisonné par le Bangladesh

Si la mobilisation collective a été forte les premiers jours, force est de constater qu’elle a assez rapidement faibli. On ne peut que déplorer qu’ensemble nous ne réussissions guère à la porter quotidiennement à un niveau élevé.

Le temps est l’ennemi de ce type de mobilisation et chacun de nous en est une victime consentante, aujourd’hui au détriment de Moussa. S’il est effectivement compliqué de le soutenir activement collectivement tous les jours, il est triste de ne pas voir fourmiller les soutiens individuels en tout genre.

Chacun est peut agir, seul, de son côté

Le mal n’est ni profond ni inéluctable. Il correspond à ce moule très français qui veut que les solutions ne viennent pas (d’abord) de soi-même. C’est à l’Etat, au parti au pouvoir, à la mairie, à telle et telle institution, organisation, association, responsables, etc., d’agir, bref à l’autre et « pas à moi », croit-on. Mais pourquoi donc laisser se perpétuer cette croyance si néfaste ?

Certes, il n’est pas rare qu’une solution à un problème, à une difficulté ne puisse venir (seulement) de soi-même. Malgré tout, il est malheureux de s’exclure de facto de toute solution. De se dire qu’on ne peut rien faire, qu’on est tout seul, qu’on est trop petit, qu’on n’y arrivera pas, que cela ne servira à rien, que cela ne marchera pas, que d’autres feront à notre place et évidemment mieux, etc.

Rejeter concrètement un mal est une obligation

Malheureux et désolant quand on est musulman, puisqu’on se trouve en porte-à-faux avec enseignements prophétiques et commandements divins : les actes valent par leur intention, n’est-ce pas ? Eh bien faisons et nous serons récompensés non pas pour le résultat, positif ou négatif, mais pour le fait même d’avoir agi. La foi se caractérise notamment par cette capacité à rejeter tout mal : si ce n’est par la main, par la langue, si ce n’est par la langue, par le coeur et c’est là le plus bas degré de la foi, nous enseigne un hadith réputé.

La foi se caractérise notamment par cette capacité à rejeter tout mal.

Si nous musulmans étions pleinement en accord avec nos textes, si nous musulmans étions réellement dépositaires de l’enseignement du Prophète (paix et bénédiction sur lui), si nous musulmans observions véritablement les commandements de Dieu, alors nous serions la communauté de l’action, nous serions de ceux qui agissent et qui jamais ne laissent les problèmes sinon sans solutions, à tout le moins sans recherche de solutions – évidemment toujours à la lumière du Coran et de la sunnah.

Sommes-nous vraiment la communauté de l’agir ?

Une communauté toujours en action : soit parce que nous avons la solution à un problème donné et nous l’appliquons, soit parce que nous sommes à la recherche de solutions. Mais jamais nous ne serions de ceux qui attendent. Jamais. Jamais nous ne serions de celles et ceux qui ne font rien en attendant que Moussa soit libéré.

Jamais nous ne devrions être de celles et ceux qui attendent.

Mais libéré par qui au juste ? L’incarcération de Moussa n’est pas qu’un test pour lui, éprouvant, très difficile, mais aussi pour nous qui le connaissons peu ou prou. Or rien ne dit que nous avons réussi, que nous réussissons à passer ce test haut-la-main. Quelle est cette solidarité qui ne s’exprime que dans l’éphémère et qui n’épouse pas dans la durée la cause qu’elle défend ? Où sommes-nous ? Moussa, lui, est en prison, dans de vilaines conditions, à l’instar de ses codétenus rohingyas qui comme lui paient d’être ce qu’ils sont.

Ces quelques lignes ne sont pas un réquisitoire, mais un modeste rappel, en premier lieu en direction de leur auteur.



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