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Finance islamique en France et banques : vos commentaires

Finance islamique. Un blog comme celui d’Al-Kanz, ce sont certes des billets, mais aussi des commentaires, ceux des lecteurs qui quotidiennement discutent des sujets traités ici-même. Récemment, c’est la question de la finance islamique en France qui a suscité un débat entre des Al-Kanznautes, suite à l’article Finance islamique : qu’attendez-vous des banques françaises ? [1] Partageons-les et poursuivons la discussion, si vous le voulez bien.

Ahmed3 dit ses craintes :

J’ai peur que les internautes qui aujourd’hui lisent les mots sukun, murabaha, mudaraba voient demain ces choses là comme “nécessairement exempt de tout riba” lorsqu’ils(ces termes) seront populaires.
Vous avez les pays anglophones, où l’”arnaque” du label finance islamique correspond à peu près à l’arnaque de la mention halal pour notre nourriture.

La “finance islamique” ne sera pas toujours “islamique”.

Fabien témoigne :

Voilà ma situation:

Appartement 2 chambres – Loyer: 750/mois soit 9000€ de loyer par an
Valeur du bien 150.000

si je l’achéte sans Riba: il m’appartiendrait dans 17 ans. Soit quand j’aurais 43 ans!

Les 750€ que je n’aurais plus à mettre dans le loyer serviront en partie à payer la remise en état du bien immobilier, mais une autre partie permettra par exemple de financer plus aisément le Hajj dont les prix ne cessent d’augmenter. Et surtout d’être serein lors de la retraite.

Je prends l’exemple d’une personne de ma famille qui est ratraitée et qui touche 600€ / mois pas plus! Tu fais quoi à 600€ à deux? Tu vas au restaurant du coeur perdre ta dignité?

Voilà pourquoi j’ai cet engouement pour l’arrivée de la finance islamique.

Rachid appréhende aussi :

Je suis à la fois hyper impatient de voir arriver la finance islamique pour enfin acheter un maison qui sera à moi au lieu de payer un loyer et vivre dans un HLM !

Mais cependant, je reste malheureusement très sceptique sur la finance islamique. De grands savants et notamment Cheik Albani (rahimoullah) ont vivement critiqués ces systèmes financiers. Ils ont comparé ces systèmes de prêts à de l’intérêt caché.

A l’arrivée de la finance islamique en France, je ne prendrai pas de crédit sans être assuerer à 1000% que je ne tombe pas dans le riba !
Comme de nombreux musulmans, à choisir entre RIBA et un HLM, je reste dans un HLM !

AZ interroge :

Qu’entendez vous par “halal” dans le cas d’une demande de financement :
1- échelonnement du prix initial d’un bien sans coût associé à ce financement
2- ou un échelonnement avec un coût associé.

Si votre réponse est 1, comment ces organismes feront-ils?
Si votre réponse est 2, dites moi comment ces organismes calculent-ils ce coût? Feront-ils, par exemple, comme font aujourd’hui les banques conventionnelles?

Autour du sujet, je vous recommande de regarder cette video : http://www.bankster.tv/videos.htm

J’attends votre réponse.

Boubkeur répond :

On entend par “halal” dans un financement islamique, une marge licite associée à une opération d’achat/revente (contrat de mourabaha) ou à un loyer versé si c’est une opération de location/vente (contrat Ijara wa Iqtina ou Mousharaka Degressive).
vous pourrez trouver la définition de ces contrats de financement islamique dans la rubrique “Glossaire” du site de l’Aidimm http://www.aidimm.com. Sinon les écrits sur ces contrats sont nombreux sur le net.

La marge (du financeur/la banque) n’est donc jamais associée au cout du financement mais elle est en réalité bien adossée à un actif (bien immobilier ou autre) tangible et en aucun cas n’est associée à la somme d’argent mise à disposition par la banque à son client.

Ceci dit, le cout total d’un financement islamique sera très probablement le même qu’un crédit classique. J’entends par la uniquement sur le plan comptable : le résultat sera quasiment le même MAIS le fonctionnement est totalement différent (et c’est ça qui est important). Les produits financiers islamiques n’ont pas d’autres choix que d’être compétitifs par rapport à leurs concurrents non islamiques (donc basés sur le Riba).
Il faut bien retenir que si le résultat comptable est le même, le fonctionnement et surtout les termes des contrats des opérations sont totalement différents des crédits classiques (fond et forme)

Attention aussi, à ne pas confondre Banque Islamique avec Etablissement social, à plus forte raison dans une société occidentale. Par conséquent la banque islamique n’a pas la vocation à faire des crédits à taux Zéro, mais elle fait (pour simplifier) des opérations de commerce en achetant et revendant des biens (ou produit) ce qui est totalement halal. A l’inverse d’une banque conventionnelle dont le fond de commerce est principalement l’argent (qu’elle vend ou loue) ce qui est totalement interdit par l’Islam car c’est du Riba.
Autre chose à garder à l’esprit, une banque islamique restera une société commerciale qui a des actionnaires, qui ont investit de l’argent et qui attendent donc tout naturellement un retour sur investissement.

On note tout de même que dans certains pays les banques islamiques ont mis en place des dispositifs permettant par exemple de financer des projets pour les étudiants, des produits d’épargne pour le hajj, pour les mariages, et pour le paiement de la Zakat, financement d’école, de mosquées, etc.., etc.

Le fonctionnement (et les principes) d’une banque islamique n’a donc pas du tout les mêmes conséquences sur le plan macro-économique que celui d’une banque conventionnelle (cf par exemple la video argent dette proposé par az).
Pour compléter ce que dit Al_Kanz même si la finance islamique n’a pas vocation à offrir des produits moins chers, mais des produits halal, elle propose tout de même des alternatives plus justes et plus équitables pour une économie et un système financiers plus sains (pour tous).. En gros l’islam propose un système financier au service de l’homme et de l’économie et non l’inverse (avec les conséquences que l’on connait et que l’on vit aujourd’hui).

La discussion s’est longuement poursuivie : Finance islamique : qu’attendez-vous des banques françaises ? [2]

Et vous, sceptiques ou pressés ?