- Economie islamique - https://www.al-kanz.org -

Le voile intégral fait partie de l’islam

Islamophobie. Lorsque la polémique sur la “burqa” a éclaté, nous avons eu droit à de grandes leçons sur l’islam, ce qu’il est, ce qui en relève et surtout ce qui n’en relève pas.

Souvent péremptoires, parfois ridicules, politiques et médias sont soudainement devenus islamologues. Pour bouffer du barbu et de la voilée, il fallait faire bonne figure.

La manipulation principale a consisté à affirmer que le voile intégral et le niqab ne font pas partie de l’islam. Alors que le premier apprenti-journaliste venu aurait pu sans difficulté vérifier que cette ineptie ne pouvait résister à un examen même superficiel, “on” s’est employé à mettre au devant de la scène quelques Arabes de service à qui on a demandé de fait dire que rien dans l’islam ne cautionne le port de ce genre de voile.

Toute honte bue, quelques starlettes médiatiques de l’instant, dont l’expertise en islamologie se résume pour la plupart à l’héritage patronymique, n’ont eu de cesse de matraquer cette sottise. Le pompon revient à Dounia Bouzar qui doit avoir bien des soutiens pour réussir à déblatérer mensonges et contrevérités sans que nul ne lui porte la contradiction, suivie d’assez près par Abdennour Bidar, qui devrait réviser ses cours de philosophie morale plutôt que de s’essayer aux strass et paillettes.

Un collectif de 145 spécialistes de l’islam, vivant à la Réunion, a décidé de répondre à ces imposteurs et au matraquage islamophobe auquel on a assisté. C’est le savoir qui répond à l’imposture médiatique et intellectuelle.

Communiqué sur le niqab

Suite à la constitution de la commission parlementaire sur le Niqâb et la Burka, nous, un groupe de 145 Musulmanes et musulmans de la Réunion, ayant toutes et tous étudié la théologie musulmane, tenons à éclaircir quelques points :

Le Niqâb (voile intégral) est bien un élément religieux et cultuel : ce n’est pas seulement un habit traditionnel ou culturel. Nous trouvons, de ce fait, très dommage que certaines personnes en décrètent le contraire au nom de l’islam.

Nous tenons à exprimer notre vive inquiétude par rapport à cette nouvelle stigmatisation d’une composante de la population française sur la base de simples préjugés: une fois encore, des musulmanes se retrouvent jetées en pâture et livrées à la vindicte populaire sous prétexte de leur rendre leur liberté et leur dignité ! Ceci est déplorable et ne peut être que préjudiciable à terme.
Nous avons, à la Réunion, cette expérience du savoir-vivre ensemble, souvent citée en exemple à travers la France métropolitaine. La liberté constitutionnelle de culte et de pratique, fidèle à l’esprit authentiquement pacificateur de la laïcité, nous a ouvert les voies d’une harmonie parfaite entre les différentes communautés religieuses. Lors de son passage à la Réunion en 2005 pour le centenaire de  la grande mosquée de St-Denis, Monsieur Nicolas Sarkozy avait remarqué cette merveilleuse ambiance qui règne dans notre île, et avait émis le souhait de pouvoir transposer un tel état d’esprit en Métropole.  A travers l’histoire, jamais une frange de la population n’a été inquiétée dans la pratique de sa foi, ni n’a eu à se plaindre des pratiques d’une autre communauté.

La parfaite intégration de la communauté musulmane, depuis plus d’un siècle, et sa stabilité sont aussi le résultat du travail de communication et d’éducation des Imams francophones. Ces mêmes Imâms ne pourraient comprendre, qu’un droit à une pratique religieuse relevant du choix personnel d’une femme lui serait retiré, si à la suite des travaux de cette commission, une loi était votée dans ce sens. En dépouillant une religion d’un droit, on bouleverse l’équilibre de cette communauté qui se sent lésée. En France métropolitaine et à la Réunion, la cohabitation des religions et la tolérance ont toujours été des motifs de fierté : est-il judicieux d’importer un problème dans une telle société ?

Proposer une loi contre le Niqâb dans les lieux publics serait une attaque à une pratique intrinsèque à la religion, et donc une atteinte directe à la liberté de pratiquer. 
 Nous craignons que la multiplication de ce genre de provocation ternisse la cohabitation pacifique des différentes communautés religieuses vivant en France.
Tout ceci  accentue nos difficultés quotidiennes dans notre rôle d’animateur social et de coordonnateur de la communauté musulmane.

Nous demandons aussi aux musulmans et musulmanes de rester sereins et de ne pas succomber aux provocations qui animent cette période d’agitation médiatique, où les actes et propos islamophobes connaissent malheureusement une recrudescence. Nous sommes de nationalité française, et pour la France c’est la laïcité (comprise comme une neutralité de l’Etat vis-à-vis des différentes religions) qui est la solution.

Les principes de la République française autorisent chaque personne à se vêtir (ou à se dévêtir) comme elle l’entend, du moment que sa tenue vestimentaire ne constitue pas une atteinte à la pudeur ou à la sécurité d’autrui. La France n’est –elle pas le pays fondateur des droits de l’Homme ?

Nous trouvons choquant qu’on puisse accuser les musulmans de forcer leur épouse et fille de porter le Niqâb : cette pratique n’a pas lieu d’être. Nous serons les premiers à combattre les exceptions à cette règle, si besoin en est. Si cela existe et que c’est démontré, nous considérons que l’appareil juridique existant est suffisamment doté pour réprimer avec la sévérité qu’ils méritent, ces actes, qui relèvent ni plus ni moins que de la violence conjugale ou familiale.

Nous insistons auprès des personnes qui portent le Niqâb sur la nécessité de l’enlever lorsqu’il y a besoin légitime  d’identification  (chez le médecin, à la douane, lors d’un contrôle d’identité, etc.) et qu’il faut se soumettre aux règlements intérieurs dans les domaines privés. De ce fait, le Niqâb ne constitue nullement une atteinte à l’ordre public.

Pour finir, nous lançons un appel solennel aux autorités compétentes afin de faire cesser cette campagne de dénigrement visant les musulmans et les musulmanes.

Liste des signataires :
ABASSI Said – ABDOU MKAVAVO Saïd – Abdous’Samad – ADAM Firoz – ADAM Salima – AHMOD-ALI Chafiq – ALI Taïab – AMAGEE PATEL Asma – BADAT Daoud – BALBOLIA Imrane – BANA Ismael – BARABHAÏ Nafissah – BEG Sanaoullah – BEMAT Yacoub – BHAGATTE Mohammad – BHATTAI Yusufali – BUREL Erick – BUZURG Mohammad – BUZURG Rashid – BUZURG Talha – CADER Mouïne – CADJEE Abbas – CADJEE Osman – CHEIK abdul-Khaliq – DAOUDJEE Youssouf – DARGAÏ Mohammad – DARGAÏ O.Koulsoum – DELAIR Ismail – DESAI Ahmad Saeed – DESAI Ridwan – GANGAT Amatoullah – GANGAT Bilal – GANGAT Yassine – GANGATE Issac – HADJI Hassen – HASSANI Nezoim-din – IMÂM M’bchizi – INGAR Asma – INGAR Ataoullah – INGAR Louqman – INGAR Said – KAJI Ousman – KARODIA Hasim – KARODIA Mohammad – KAZI Salim – KAZI Youssouf – KHERODDIN Djoneid – LALA Bilkiss – LALA Haroun – LALA Rehana – LALA Zouber – LIMBADA Mohamed Hanif – LIMBADA Nadjia  – LIMBADA Shokatali – M’Zé Youssouf – MALBROUKOU Moussa – MALECK Jounaid – MALECK Salimah – MALL Bilal – MALL Farhanna – MALL Mariame – MALL Rouxana – MAMODE Aziza – MAMODE Badrealam – MAMODE Hassen – MAMODE Houssein – MAMODE Ismael – MAMODE Ridwana – MAMODE Shakir -MAMODE Soreya – MANSOOR Envarhosen- MANSOOR Goulam Mohammad – MANSOOR Hafsa – MANSOOR Mohammad – MANSOOR Mohammad Saîd – M. Ibrahim  MOOSA  DODAKIA – MOGALIA As-ad – MOHAMED Ulgar – MOLLAN Yacoub – MOOSA  DODAKIA Ibrahim – MOREA Salim – MOUSSA Soulaïmana – MULLA Abdoul Rachid – MULLA Chabbir – MULLA Ibrahim – Mzé Ali – NANA Moaaz – NOORGATE Said – OMARJEE Anissa – OMARJEE Chafikah – OMARJEE Chakil – OMARJEE Redwan – PADAVIA Sabiha – PANCHBAYA Mohammad Yassine – PANCHBAYA Sulliman – PANDOR Ismaël – PATEL Abdoullatif – PATEL Ahmadoullah – PATEL Asma – PATEL Chamima – PATEL Fatimah – PATEL Fayzal – PATEL Imdadoullah – PATEL Issak – PATEL Leïla – PATEL Nadia – PATEL Nisar Ahmed – PATEL Safiyyah – PATEL Salima – PATEL Swalehah – QAZI leyhana – QAZI Rehana – QAZI Sarah – RANDERA Firoza – RANDERA Ismael – RAOUF Abdoul Mâlik – RAOUF Alima – RASSOULMIAN Aslam – RAVATE Anass – RAVATE Asma – RAVATE Khalil Ahmad – RAVATE Yahya – SAID Yahaya – SAID Youssouf – SALAMI Nassima – SALAMI Youssoufa – SAUMTALLY Aisha – SAUMTALLY Mujahid – SHAIKH Idriss – SHAIKH Mohammad Ilyas – SHAYKH Nazir – SHAYKH Owais – Shaykh Salima – SIDAT Farida – SIDATE Ismaêl – SIDATE Oubaïdoullah – SIMJEE Nourine – SIMJEE Tahéra – SIMJEE Yassine – SOURTY Yassine – SULEMAN Ismail – SULLIMAN Abbas – SULLIMAN Réhannan – TARKI Hachim – VALI HAFEJI Yakub – VALY DADABHAY Fayzal – VARATCHIA Yvannick

Crédit photo [1]