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Porc dans Herta halal : confirmation d’Eurofins

Le laboratoire Eurofins confirme au Post.fr qu’il y a bien du porc dans les saucisses Herta prétendument halal (voir Herta halal : présence de porc selon un rapport d’analyses [1]).

Confirmation : du porc dans Herta halal

Porc dans Herta halal : confirmation d'Eurofins

Juste avant cette confirmation, on lit ce qui suit.

La SCFVH-mosquée de Paris s’enfonce

Porc dans Herta halal : confirmation d'Eurofins

La SFCVH-mosquée de Paris aurait donc fait des contre-analyses qui prouveraient que le produit ne contient pas de porc. Dont acte. Questions :
1- Si ces analyses existent vraiment, pour qu’elles soient véritablement crédibles et recevables, il faudrait qu’elles aient été réalisées à partir de la même production que celle dont sont issues les saucisses analysées par Debat-Halal.fr. La SFCVH-mosquée de Paris affirme avoir fait des analyses sur le même lot. Comment a-t-elle fait pour analyser un échantillon tiré du même lot alors même qu’elle ignore tout de l’échantillon incriminé (numéro de lot, origine, etc.), étant donné qu’Eurofins respecte une stricte confidentialité ?

2- L’hypothèse loufoque de l’introduction de porc entre l’achat et l’envoi au laboratoire vaut son pesant de cacahuètes. Comment peut-on penser une seule seconde qu’Eurofins ne procède à aucune vérification des produits reçus ? Nous aimerions bien savoir par quel procédé il est possible d’introduire du porc dans des saucisses sous blister, ce sans laisser de traces qui rendraient la demande d’analyse irrecevable par le laboratoire.

La réponse désespérée de la SFCVH-mosquée de Paris ne tient pas une seule seconde. Et même si, avec toute la bonne volonté du monde, on lui accordait une once de crédit, un problème demeure : d’un côté, la SFCVH-mosquée de Paris, qui joue sa (triste) réputation – on peut penser que les Fleury Michon, Zakia Halal, Haudecoeur, Macquet, Quick, KFC, Volys Star, Rif, Secoué, etc., doivent pâlir à l’idée de penser qu’ils seront pour très longtemps entachés par cette présence de porc dans un produit certifié par la SFCVH –, nous dit que le produit ne contient pas de porc. De l’autre, un laboratoire à la renommée internationale qui a fait des analyses, comme il en fait des milliers, sur des saucisses, confirme l’authenticité de ces analyses. Difficile de ne pas trancher en faveur du laboratoire. Très difficile.

Venons-en à la réponse de Nestlé.

Nestlé charge la SCFVH et botte en touche

Porc dans Herta halal : confirmation d'Eurofins

La réponse, courte, est intéressante. On voit, comme hier, et contrairement à la posture du début de semaine, que Nestlé charge la SFCVH-mosquée de Paris. Il ne s’agit plus de nier la réalité en se drapant dans un discours péremptoire. Les centaines (voire milliers) d’appels reçus toute cette semaine ont contraint la multinationale à revoir ses positions.

On lit donc qu’Herta ne donne “aucune réponse sur les méthodes de fabrication.” Malgré l’insistance du Post.fr, Herta répond que c’est confidentiel. Ce qui est confidentiel, ce sont les recettes des produits. Nestlé ne va évidemment pas dévoiler ses secrets de fabrication. En revanche, s’agissant des méthodes de production à proprement parler, elles sont classiques. Nestlé veut éviter, semble-t-il, que les consommateurs musulmans apprennent que l’on fabrique halal et porc sur les mêmes machines, ce sans contrôleur indépendant non salarié par ses soins et sans que l’on soit certain que les machines soient nettoyées avec la plus grande des rigueurs. On se rend compte très vite que le cœur du problème, c’est l’absence de contrôleurs indépendants salariés du partenaire certificateur, et partant le choix de la SFCVH-mosquée de Paris comme organisme de certification.

Après le naufrage, deux hypothèses

On retiendra deux hypothèses pour expliquer la présence de porc dans les saucisses Herta halal :

– Herta utilise la même chaîne de production, sur laquelle on fabrique les saucisses au porc et les saucisses prétendument halal. Nettoyer toute une chaîne de production prend du temps, beaucoup trop pour ne pas avoir la tentation de faire quelques impasses afin d’assurer une productivité maximale. Seuls des contrôleurs indépendants et présents sur place peuvent contraindre l’industriel à un nettoyage minutieux. La SFCVH-mosquée de Paris ne salarie pas de contrôleurs et laisse le soin à l’industriel juge et partie. C’est précisément pour cette raison que Nestlé, comme Fleury Michon, comme Zakia Halal, etc., a choisi cet organisme de certification. Une certification sans contrôle c’est le rêve. Ou pas, quand la réalité est mise au jour. Précisons que ce qui arrive à Nestlé ne relève pas de la boulette. Le directeur France du département ethnique a été maintes fois mis en garde. Il a toujours balayé d’un revers de main les conseils qui lui étaient prodigués et défendu mordicus ses choix stratégiques. Sauf que là, dans la communauté musulmane, Nestlé subit un tsunami peu ou prou égal à l’affaire Greenpeace. Ce cadre de Nestlé va devoir aujourd’hui assumer en grande partie le désastre en terme d’images que subit la multinationale.

– Herta élabore ses produits à partir de recettes précises qui nécessitent toutes sortes d’ingrédients. Lorsque l’industriel a fait le choix d’un organisme de certification sérieux, tous ces ingrédients sont passés à la loupe. Si l’un des ingrédients pose problème, l’organisme de certification demande qu’il soit remplacé, sans quoi la validation ne peut se faire. Dans le cas des saucisses Herta halal et de la présence de porc, la seconde hypothèse serait donc que des ingrédients à base de porc figurent dans le produit. Il est probable qu’ils aient été ajoutés sans mauvaise intention. Lors de la fabrication, les employés en feraient ainsi naturellement usage, sans qu’il ne leur passe par la tête que cela puisse au fond poser problème. Tout comme il est possible qu’ils ne veuillent s’embarrasser de contraintes que seul un organisme de certification peut imposer.

Le maillon faible

Le maillon faible, c’est l’organisme de certification et le référentiel qu’il a choisi. Dans le référentiel de la SFCVH-mosquée de Paris, on peut assommer les bêtes, alors que pas un seul conseil de savants musulmans dans le monde ne l’autorise. On autorise l’abattage mécanique, précédé du recours à l’électronarcose, alors même que ça n’est pas acceptable (même si dans sa communication la SFCVH-mosquée de Paris recourt à un sophisme pour faire croire que c’est autorisé). On remet les étiquettes, les tampons et tout le matériel de certification à l’industriel sans aucun système de verrouillage permettant d’éviter le moindre abus. Pire encore, dans le référentiel de la SFCVH-mosquée de Paris, on refuse d’employer des contrôleurs qui seraient dépêchés sur site pour interdire toute violation des principes de l’islam en matière de halal. Si la SFCVH-mosquée de Paris est plébiscitée par les grands noms de l’industrie et la grande distribution (Carrefour), ce n’est certainement pas pour son expertise, mais parce que son référentiel est permissif à souhait et qu’il autorise à faire du halal en toute discrétion sans que personne ne puisse savoir précisément ce qui est fait. “Pas vu pas pris” devient alors la règle en matière de halal. Sauf quand on peut détecter après coup les problèmes, comme c’est le cas avec Herta halal et la présence de porc dans les Knacki. Il est fort à parier qu’à l’avenir Nestlé et la SFVCH-mosquée de Paris ne seront plus copains comme cochon.