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Maroc : découvrez Jalia Sakane, une coopérative d’habitation “qui vous ressemble”

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Tanger

Jalia Sakane. C’est le nom d’une résidence privée qui regroupera 32 parcelles individuelles, et donc 32 maisons, sur une superficie de douze mille m2 à quelques encablures de la mer dans la ville marocaine de Tanger. Salle de sport, terrain de foot, parc pour enfants, piscine, mosquée à proximité, Jalia Sakane, c’est le projet ambitieux d’entrepreneurs musulmans nés en France et installés depuis quelques années au Maroc.

Al-Kanz : Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?
Khalid Irbayne :
Nous sommes des Franco-Marocains, installés depuis y a quelques années au Maroc pour entreprendre dans notre domaine de compétence et dans le même temps pour permettre à nos familles d’être dans un meilleur cadre de vie qu’en France.

Al-Kanz : Si nous avons choisi de vous interviewer aujourd’hui, c’est parce que vous avez lancé un projet immobilier particulièrement prometteur. Racontez-nous.
Khalid Irbayne :
Oui, en effet, nous avons lancé une coopérative d’habitation pour un premier projet de 32 villas sur 19 000m2. L’objectif est de réunir 32 familles dans une résidence sécurisée et permettant l’épanouissement de nos enfants dans un cadre éthique. En réalité, au départ, nous souhaitions simplement acheter un terrain en réunissant deux ou trois familles et ainsi construire nos villas. Mais de fil en aiguille, nous avons été rejoints par plusieurs familles qui se sont montrées vivement intéressées. Nous avons donc décidé de trouver un terrain plus grand pour satisfaire à cette demande inattendue et ainsi réaliser des économies d’échelle. En plus de réduire les coûts, ce regroupement de plusieurs familles nous permet d’envisager des espaces communs comme des terrains de jeux sécurisés pour enfant ou encore une piscine privée, ce qui n’aurait pas été possible avec seulement deux ou trois familles.

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©Shutterstock

Al-Kanz : Pourquoi avoir choisi le principe de la coopérative et non tout simplement de la société immobilière?
Khalid Irbayne :
Nous ne sommes pas des promoteurs immobiliers. Notre objectif premier n’était pas de nous lancer sur ce secteur. D’ailleurs, le projet Jalia Sakane est à but non lucratif. Nous ne cherchons pas à gagner de l’argent, mais à établir un cadre de vie qui correspond à nos attentes. C’est pour cela, le statut Coopérative d’habitation est le plus adapté à notre projet. De plus, par ce statut nous bénéficions d’avantage fiscal et d’économie grâce à des achats groupés.

Al-Kanz : Une coopérative, c’est autant de dirigeants que de membres. Qu’avez-vous mis en place pour permettre que tout se passe pour le mieux ?
Khalid Irbayne :
La coopérative est constituée d’une direction exécutive qui prend toutes les décisions. Chaque famille qui décide d’adhérer à la coopérative devra explicitement accepter les grandes lignes et la vision du projet. C’est d’ailleurs pour cela que nous comptons sélectionner les dossiers de candidature et présenter très clairement aux familles candidates nos ambitions. Nous sommes persuadés que chacun comprendra qu’il faut un minimum de pouvoir décisionnaire pour permettre que tout se passe bien. Tout le monde sera écouté, mais dans un cadre bien défini afin que l’intérêt collectif prime toujours. C’est le principe de la shura (consultation) en islam, avec la direction qui a le dernier mot.

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©Shutterstock

Al-Kanz : Le projet Jalia Sakane devrait donc accueillir dès l’année prochaine in cha’a-Llah 32 familles. Comment comptez-vous les recruter ? Avez-vous établi un profil type ?
Khalid Irbayne :
Nous prévoyons de débuter in cha’a-Llah le chantier en janvier 2015, soit dans environ six mois. Actuellement, nous sommes en somme à la phase de recrutement des 32 familles. Mais ça va très vite. Le simple bouche-à-oreille a permis d’ores et déjà d’avoir 20 maisons réservées sur 32. Il nous reste donc une douzaine de villas qui attendent leur futur propriétaire.
S’agissant du profil type, nous dirons plutôt qu’en effet nous mettons un point d’honneur à choisir des familles qui ont grosso modo le même état d’esprit. C’est capital, car nous allons vivre ensemble dans cette résidence. Nous recherchons des familles sérieuses pour qui la bonne éducation de leurs enfants est une priorité. Ajoutons que la capacité financière des candidats sera étudiée de près pour une raison très simple : aucune des maisons ne sera vendue avec un recours au crédit bancaire avec intérêts. Jalia Sakane est un projet qui doit être sous toutes ses formes en accord avec l’islam. Le financement ne doit pas échapper à cette orientation.

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©Shutterstock

Al-Kanz : Votre projet est ambitieux. Ce qui frappe surtout, c’est que bien qu’installés au Maroc depuis peu de temps, quelques années, vous avez réussi à mener plusieurs projets entrepreneuriaux. Diriez-vous que le Maroc est un pays où il fait bon entreprendre ? Surtout pour des Français qui viendraient s’y installer.
Khalid Irbayne :
Le Maroc attire de nombreux investisseurs du monde entier. Il faut dire que de nombreux dispositifs ont été mis en place par les autorités afin de favoriser la création d’entreprise. La proximité de la France est un atout. Le Maroc est à deux heures d’avion de Paris et le prix des billets est très abordables. Le pays regorge de compétences, ce qui amène beaucoup d’entreprises à délocaliser une partie de leur activité en France. Les sociétés marocaines sont de plus en plus exigeantes et sollicitent parfois elles-mêmes des entreprises étrangères. Il reste encore beaucoup de secteurs et de niches qui sont très loin d’être saturées. Il reste largement de la place pour des entreprises qui ont un savoir-faire français ou européen.

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Le chantier Tanger Metropole – Eugene Sergeev [1]

Al-Kanz : Dernière question : Tanger attire de plus en plus de familles françaises musulmanes. Comment expliquez-vous cet attrait ?
Khalid Irbayne :
La religion, le climat, l’éducation des enfants jouent un rôle important dans le choix de ces familles. Il faut dire aussi que Tanger est une ville très européanisée. Le mode de consommation des Tangérois ressemble d’ailleurs beaucoup à celui des Européens, ce qui favorise grandement l’adaptation de ces nouveaux arrivants.
Coté emploi, l’usine Renault de Tanger et le port de la ville, qui en 2016 devrait devenir le plus grand port d’Afrique au niveau du transbordement (activité de hub, qui permet de transférer les marchandises) offrent des perspectives intéressantes. Ce qui fait de Tanger une ville qui paraît plutôt sûre en matière d’emploi. Le récent programme “Tanger Métropole” devrait consolider le développement de secteurs phares tels que l’industrie, l’agriculture et le bâtiment, ce qui aura un impact direct sur le développement de la ville et une amélioration du niveau de vie.

Si vous souhaitez être tenu au courant du lancement du site Internet et, éventuellement, soumettre votre candidature pour intégrer la coopérative Jalia Sakane, rendez-vous sur le site : http://www.jaliasakane.ma [2].