- Economie islamique - https://www.al-kanz.org -

Tuerie de Charleston : le journaliste qui titra “forcené” s’explique

terroriste charleston

Dylann Roof, jeune homme blanc de 21 ans, est l’auteur – il a reconnu les faits – d’une fusillade dans une église historique de la communauté noire américaine, dans la ville de Charleston en Caroline du Sud.

Homme blanc et terroriste, antinomie journalistique

Six femmes et trois hommes présents lors de l’office religieux y ont trouvé la mort, abattus de sang-froid. Ils étaient âgés de 26 à 87 ans. Ils étaient noirs. Ils sont morts parce qu’ils étaient noirs.

Les premiers témoignages ont permis de déterminer rapidement que le mobile de la tuerie est raciste. Les autorités américaines ont indiqué étudier les pistes du crime de haine et de l’« acte de terrorisme intérieur ».

Très vite après l’annonce du drame, des milliers de messages outre-Atlantique ont condamné, sur Twitter [1], ce racisme qui ronge l’Amérique, qui tue, mais qui aussi n’entend pas qualifier Dylan Roof comme il qualifia les poseurs de bombes de Boston. “White Privilege [2]” : mot à mot, privilège de Blanc. Aux Etats-Unis comme en France, mille précautions sont prises lorsque l’auteur est de type caucasien.

De la haine comme expédient médiatique et politique

Aux Etats-Unis comme en France, des prédicateurs de haine, journalistes comme Ivan Rioufol [3], grassement payé par les impôts des bonnes gens – Le Figaro, où ce dernier, planqué, officie, touche près de 20 millions de subventions publiques par an –, ou politiques, comme Eric Ciotti [4], traqueur de jeunes femmes voilées et communautariste sélectif qui a fait de l’islamophobie [5] un viatique au service de ses ambitions politiciennes, travaillent les consciences.

Ces derniers creusent les sillons de la haine avec une large complaisance des médias qui, dans le cas d’Eric Ciotti, multiplient les invitations sur les plateaux de télévision ou les stations de radio, sans jamais ou si rarement lui opposer un réel travail de journalisme.

L’insignifiant député du sud de la France, lui-même fils d’immigrés, fait de chacune de ses interviews une tribune contre les pas-Français, les trop-musulmans, les pas-assez-Blancs. Et les médias se repaissent de l’audimat que l’impétrant d’extrême droite leur offre, faisant peu de cas sur les conséquences désastreuses de telles pratiques sur la société.

Quand Twitter impose les termes du débat

Il est très intéressant de constater que le problème soulevé aux USA sur le traitement médiatique et politique de tels événements est en tout point identique dans l’Hexagone, et au-delà en Europe. Nous constatons même depuis quelques mois une réelle évolution. Depuis plusieurs années, le débat autour de l’absolution accordée aux terroristes, aux policiers coupables de meurtre, etc., de type caucasien, ne débordait pas les minorités concernées – subsumées sous le vocable aussi poli que détestable de “diversité”.

Aujourd’hui, grâce à Twitter, un point de bascule semble se profiler. Très présents sur le réseau social au petit oiseau bleu, journalistes et politiques ne peuvent plus ignorer la société civile, qui a désormais la possibilité d’imposer les termes du débat. Conséquence directe : il n’est plus possible à une rédaction ou à un homme politique de se répandre impunément, sans a minima être épinglé publiquement sur les réseaux sociaux. C’est ainsi que régulièrement des titres d’articles, sont amendés.

Dernier exemple en date, un article publié sur le site Web de France Inter, dont le titre fut initialement le suivant : “États-Unis : un forcené tue neuf personnes dans une église [8] », comme on le constate sur la capture d’écran suivante :

france inter
Capture d’écran du compte Google+ de France Inter

Titre modifié peu après la publication de l’article.

Charleston France Inter [8]

L’URL, qui n’a pas été modifiée, contient le titre initial :

http://www.franceinter.fr/depeche-etats-unis-un-forcene-tue-neuf-personnes-dans-une-eglise

Fait remarquable et salutaire, Olivier Bénis, journaliste à l’origine du titre, explique et s’explique sur Twitter dans une série de tweets, dont nous vous livrons ci-après la quasi-intégralité. Nous avons omis volontairement quelques illustrations, sans que cela n’obère le propos.

Pour lire l’intégralité des tweets du journaliste Oliver Benis, cliquez sur le lien suivant pour commencer par le premier tweet. Il vous suffira ensuite de lire les tweets qui ont suivi : “+Forcené+ – Olivier Bénis s’explique [46]