Ramadan : 5 leçons – et constats – à retenir avant de faire ses courses

Par Al-Kanz

Ramadan ne doit plus jamais être le mois de l’excès et du gaspillage.

repas ramadan
Non au gaspillage – Shutterstock

Nous voilà aux portes du mois de ramadan et ses journées entières d’abstinence (interdiction de boire, de manger, d’avoir des relations intimes avec son épouse ou son époux, etc.) de l’aube au coucher du soleil. Des heures d’efforts sincères et réels trop souvent sanctionnées par une débauche de nourriture pour le moins indécente.

Ramadan, manger moins et mieux

Ramadan est par définition un mois de tempérance, de modération et de retenue pendant lequel l’excès doit être combattu autant la journée que la nuit.

Etre musulman, c’est adhérer aux principes énoncés dans le Coran et la Sunna, lesquels appellent et insistent sur la nécessité de bien traiter non seulement son âme : jeûner nous élève, mais encore son corps : il convient de se nourrir de la meilleure des façons, modérément et bien.

Manger bien commence par faire correctement ses courses, en prenant soin d’acheter de bons produits, évidemment vraiment halal, si possible le plus souvent bio, lequel bio est de moins en moins coûteux. Manger moins et mieux permet de faire des économies et ainsi d’acheter ces produits un peu plus cher.

Cette année, comme depuis bien trop longtemps, la majorité des produits carnés dit “halal” que l’on trouvera en grande distribution ne sont pas halal.

Cette année, comme depuis toujours, les musulmans deviennent intéressants pour les géants de l’industrie agro-alimentaire et de la grande distribution qui pourtant continuent de leur vendre du faux halal et/ou de les mépriser allègrement.

Et si l’on profitait de ce mois de ramadan pour prendre de nouvelles habitudes ? Au diable la surconsommation, vive la déconsommation. Et si au lieu de continuer d’injecter des centaines de millions d’euros dans les caisses de toutes ces entreprises qui nous méprisent, on allait voir ailleurs, par exemple chez les petits producteurs ?

Avant d’entrer en ramadan, nous aimerions partager avec vous cinq leçons que nous devrions toutes et tous appliquer, à tout le moins méditer.

5 leçons pour ramadan

Ramadan, mois de déconsommation

Le mois de ramadan est par définition et par nature un mois de déconsommation. Surconsommer, manger à l’excès, se goinfrer tous les soirs à l’heure de l’iftar (repas de rupture du jeûne) et finir la soirée avec sodas et gâteaux de toute sorte, voilà qui est une hérésie, non certes pas au sens religieux du terme, mais vivre son mois de jeûne et d’adoration de la sorte est un contre-sens total.

On le sait, dans une majorité de familles, l’iftar est synonyme de festin, voire de goinfrerie. Quand on est trois, il y en a pour cinq, quand on est six pour dix, quand on est onze pour trente, etc. Des entrées et non une seule, plusieurs plats, plusieurs desserts, des sodas (quelle erreur !). Tant de gras et de sucre en même temps.

Comme il nous a été amené à l’écrire voilà quelques années, nous sommes alors dans l’anti-ramadan, un mois de surconsommation, d’excès, d’indécence et de gaspillage, et non plus dans ce qu’est le mois de ramadan un mois de déconsommation, de frugalité, de tempérance et de modération.

Ramadan, mois du minimalisme

Pour reprendre un terme à la mode, le mois de ramadan, c’est le minimalisme appliqué à l’alimentation : il faut manger peu le soir pour profiter pleinement des prières nocturnes en congrégation à la mosquée (tarawih).

Alors qu’on s’est abstenu de boire et de manger toute une journée, se retrouver lors de l’iftar mangeant à même le sol, conformément à la tradition prophétique, devant une assiette collective, peu remplie, mais suffisamment, voilà qui forge bellement l’âme, qui ni gavée ni gonflée réussit à se détacher des contingences terrestres pour mieux se rapprocher de Dieu.

Manger suffisamment le matin avant l’aube lors du repas du suhur pour vaquer à ses activités mondaines, prier, lire le Coran, multiplier les actions de bienfaisance, bref honorer ce ramadan de la plus belle et attendue des manières.

Ramadan, mois toujours du faux halal

Si l’on peut percevoir un frémissement allant dans le bon sens dans la perception qu’a la grande distribution des consommateurs musulmans, il demeure un grave problème, très grave même.

Le mois de ramadan est un mois religieux, jeûner pendant ce mois constitue le quatrième pilier de l’islam et manger non halal pour un musulman est d’une extrême gravité.

repas ramadan
Prétendument halal, assurément nocifs

Il suffit d’ouvrir un catalogue d’une des enseignes de la grande distribution pour constater que la quasi-totalité des produits prétendument halal sont a minima très douteux.

Acheter sa viande pseudo halal chez Carrefour, Auchan, Casino, Leclerc, etc., c’est pour la majorité des marques proposées prendre le risque de manger haram. Inconcevable pour tout musulman averti. Idem dans la majorité des boucheries halal qui ont les mêmes fournisseurs en viande.

Choisissez des boucheries certifiées par AVS et Achahada s’il en existe près de chez vous. Si ce n’est pas le cas, commandez en ligne dans des commerces en ligne comme Le Comptoir givré ou Biolal et faites-vous livrer à domicile. A défaut, assurez-vous que votre boucher ne vous trompe pas, à la manière de ces très nombreux bouchers en région parisienne qui se fournissent au marché de Rungis (94) en faux halal.

Ramadan, mois aussi de la malbfouffe

La plupart des produits proposés dans les catalogues spécial ramadan de la grande distribution sont mauvais pour la santé.

Soit ils sont ultra-transformés, soit comme les sodas ils sont très sucrés et évidemment contre-indiqués – ne serait-ce que si l’on souhaite préserver ses capacités physiques et donc son jeûne et l’ensemble de ses actes d’adoration des effets pervers du sucre –, soit encore ils contiennent énormément d’ingrédients à éviter (additifs, glutamate de sodium, nitrites, etc.).

Le corps, en islam, est un dépôt : chacun à l’obligation de bien s’en occuper, et donc de faire un minimum d’exercice (sport ou autre), de bien dormir, de ne pas consommer des substances dangereuses (alcool, drogue, cigarette), de manger des aliments bons et pas simplement halal.

Ramadan, mois du mépris réaffirmé de la grande distribution

Si, depuis une quinzaine d’années chez Al-Kanz, nous suivons les opérations commerciales des Carrefour, Auchan, Leclerc et autres Intermarché et si chaque année nous consacrons des articles aux catalogues spécial ramadan, ça n’est certainement pas pour faire la promotion de ces enseignes, tant elles demeurent dans une vision méprisante et méprisable des consommateurs musulmans.

Malheureusement, l’absence de conscience collective et de mobilisation des premiers concernés, affirmée et importante toute l’année, leur laisse le champs libre pour continuer de commercialiser en toute connaissance de cause et massivement du faux halal.

catalogue carrefour ramadan pseudo halal
A éviter toute l’année, pendant et hors ramadan

Faux halal qui leur permet d’engranger les millions d’euros offerts par les musulmans, particulièrement pendant ce mois, sans assumer cibler cette clientèle. Nombre de ces enseignes continuent en effet d’évoquer les “saveurs d’Orient” plutôt que d’affirmer clairement qu’il s’agit d’opérations commerciales à l’occasion de ramadan.

Ramadan, mois pour bouder (vraiment) la grande distribution

Les musulmans sont accusés du matin au soir d’être communautaristes. Pourtant, le marché du halal food (alimentation) et plus spécifiquement du ramadan enrichissent surtout des non-musulmans. Ce sont en effet les Bigard, Haudecoeur, Mosaïque, Lactalis, LDC, Isla délice, etc., dont les produits inondent les rayons de la grande distribution, qui raflent la mise.

Et si les musulmans se levaient comme un seul homme pour à la fois privilégier les petites structures, tenues ou non par des musulmans, et à la fois bouder ces enseignes pour n’acheter viande et accommodements traditionnels que dans une boucherie halal (certifiée, il vaut mieux, ou sûre) ?

L’urgence est au changement, individuel et collectif. Nous devons prendre conscience que les patrons de ces enseignes sont avant tout leurs clients. Il revient aux consommateurs de reprendre le pouvoir et de refuser de subir des pratiques bonnes ni pour eux-mêmes, ni pour les salariés de ces entreprises, ni pour la planète.

Alors, on applique, chacun et ensemble, ces cinq leçons ?



Soutenez Al-Kanz, téléchargez l'application sur votre smartphone.

Téléchargez l'application Al-Kanz dans l'Apple store Téléchargez l'application Al-Kanz pour Android

Écrivez votre commentaire

Indiquez une adresse de messagerie existante. Elle ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 caractères sur les 1 000 autorisés

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.