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Des merguez halal au porc, la société de charcuterie condamnée

« Aux collines de l’Artois », la société de charcuterie du nord de la France qui avait défrayé la chronique en 2005 en vendant du porc sous le label halal, a été condamnée par le tribunal correctionnel d’Arras. Il lui est reproché d’avoir commercialisé des merguez, qu’elle certifiait halal, dont la préparation était réalisée à base, entre autres, de viande porcine. Comme le précise la Voix du Nord, « c’était plus qu’une boulette, et elle a duré de 2003 à 2006. »

Comme le rapporte le quotidien du Nord, la supercherie a duré plusieurs années jusqu’à ce que des musulmans – suivis par la fédération des associations musulmanes du Nord-Pas-de-Calais -, alertés par l’odeur mais aussi le goût des merguez, ont décidé de mener leur propre enquête. Après vérification auprès d’un laboratoire de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), le verdict, sans appel, tombe : la viande labellisée halal contient du porc.

Yves Splingard, gérant de la société incriminée, a affirmé qu’il n’y avait pas eu intention de vendre du porc. Ce mélange pour le moins compromettant serait dû, selon lui, soit à la mauvaise fortune soit à un défaut d’entretien des machines, lesquelles sont utilisées tant pour abattre les porcs que pour sacrifier les moutons et autres bovins. On aurait mal lavé les machines entre deux préparations.

La cour n’a pas été convaincue du caractère accidentel, tant les taux de viande porcine étaient importants. Les analyses d’un laboratoire de Montpellier avaient permis d’établir que, la viande contenait de 0,5 à 5 % de porc ; ce qui équivaut à deux kilos et demi de porc dans une préparation de 50 kg, selon les calculs de la Voix du Nord. Soit une intention volontaire de commercialiser du porc sous le label halal et non un accident ou des « résidus d’une autre production », comme a voulu le faire croire Yves Splingard.

Outre un chiffre d’affaire en chute libre en 2006 et la perte de toute sa clientèle musulmane qui faisait le gros de ses bénéfices, la société se voit infliger une amende de 8 200 euros. Qui s’y frotte s’y pique… ou presque, vu ce que représente cette faible amende au regard des bénéfices que l’entreprise a pu se faire pendant toutes ces années en dupant les musulmans. La sentence aurait dû être plus dissuasive, car au final l’entrepreneur ne perd pas tant de plumes que cela et, pour lui, le jeu en valait finalement la chandelle…