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Ma cabane au Canada ou quand le Québec s'accommode mal de l'islam

Après la polémique déclenchée par le conseil municipal de Hérouxville [1], ce village québécois niché au fin fond du Québec où un code de bonne conduite a été édicté à l’endroit des nouveaux arrivants (entendons musulmans), la question des accommodements raisonnables resurgit aujourd’hui. L’accommodement raisonnable désigne, au Canada, toute mesure qui tend à minimiser les discriminations susceptibles de toucher un individu issue d’une minorité. Cette fois, la levée de bouclée a été provoquée par la décision d’un patron de cabane à sucre – institution au Canada – d’offrir la piste de danse à une cinquantaine de clients musulmans désireux d’accomplir leur prière à l’heure, entre deux coups de fourchettes.

M. Gladu, propriétaire d’une cabane à sucre, a en effet accueilli favorablement la requête d’une cinquantaine de musulmans qui déjeunaient dans son restaurant. Ces derniers, à l’heure de la prière, ont voulu observé leur obligation. Ils ont alors demandé s’il était possible de prier dans l’enceinte du restaurant. Le patron, selon son propre témoignage, les a alors menés dans la salle de danse, où se trouvaient quelques clients qui se déhanchaient sur la piste, puis a demandé à ces derniers de laisser la place aux prieurs pour un petit quart d’heure.

Si M. Gladu trouve cela tout à fait normal, les danseurs fulminent encore. Mais ils ne sont pas les seuls. Les détracteurs du restaurateur lui reprochent par ailleurs d’avoir retiré le porc d’un plat traditionnel du Québec, remplacé par du boeuf – l’histoire ne dit pas si le boeuf est halal -, à la demande de sa clientèle musulmane.

Cette décision lui a attiré les foudres de l’association des restaurateurs de cabanes à sucre du Québec. Sa présidente ne décolère pas : selon elle, le porc fait pleinement partie “des plaisirs de la cabane à sucre et qu’il ne saurait être question d’évacuer les menus traditionnels”. Elle va jusqu’à inviter ceux qui ne mangent pas de porc à venir avec leur propre repas dans ces restaurants, ce qui ne manque pas de piquant.

Un petit coup d’oeil aux commentaires laissés sur le site Canoe.com donne un aperçu de l’émotion, et de ce qu’elle peut révéler, des Québecois : Les propriétaires de cabanes à sucre ont-ils raison d’accommoder les musulmans ? [2]