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Le visage du Prophète (saws) flouté dans un ouvrage scolaire

En 5e, au collège, un élève étudie le Moyen Age et les Temps modernes. Empire romain, Empire byzantin et monde musulman sont donc au programme d’histoire. Qui dit monde musulman dit islam, et qui dit islam dit Prophète (saws).

Dans le Bulletin officiel [1], le programme se présente en ces termes :

L’essentiel est de présenter Mahomet, le Coran et la diffusion de l’Islam et de sa civilisation. On insistera davantage sur cette dernière et son rayonnement, abordés à partir de l’exemple d’une ville, que sur les constructions politiques qui résultent de l’expansion.

– Carte : le monde musulman au VIIIe siècle.
– Repère chronologique : l’hégire (622).
– Documents : extraits du Coran [2] ; une mosquée.

L’éditeur de livres scolaires Belin a choisi de présenter le Prophète (saws) d’une façon qui déplaît fortement aux mêmes qui ont applaudi des deux mains la relaxe de Charlie Hebdo lors du procès contre les caricatures du Prophète (saws).

Belin a en effet flouté le visage du Prophète (saws) dans une miniature [3]datant du XIIIe siècle après J.-C. qui figure dans un de ses ouvrages d’histoire-géographie de cinquième. La miniature est censée représenter le Prophète (saws) à Médine lors d’un dars (discours) à ses Compagnons. Le visage n’apparaît plus sur la reproduction du nouveau manuel. Nouveau, car dans l’édition précédente la miniature n’a pas été retouchée.

La décision de flouter est éditoriale, selon les explications de l’éditeur qui explique qu’il a “fait le choix de laisser à sa place le document historique mais de +flouter+ de façon très visible, et en surimpression sur le document, la figure du prophète Mohammed”. Choix qui, insiste Belin, “ne falsifie pas le document” (source AFP).

S’agissant de la miniature, il est de toute vraisemblance le fait d’un artiste chiite. L’interdiction de représenter les êtres vivants en général et le Prophète en particulier est typiquement sunnite. Cette interdiction (appelée aussi aniconisme [4]) est peu ou prou reconnue dans le chiisme, alors qu’elle est à peu de choses près totale chez les sunnites. A cet égard, pour une vision d’ensemble sur la question, nous vous conseillons la lecture de cet article : Les représentations d’êtres vivants (sûra) sont-elles autorisées [5] ?

Référence du manuel, édité en 30 000 exemplaires : Histoire Géographie [6], 5e, Editions Belin, sous la direction de Eric Chaudron et Rémy Knafou, 2005, page 27.