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Le nom d'Allah réduit à un vase

Le nom d'Allah réduit à un vaseEn 1994, Karl Lagerfeld, directeur artistique de la maison de haute couture Chanel, imprime des versets coraniques sur une robe portée par Claudia Schiffer. Il évite de justesse le scandale en faisant marche arrière et en présentant ses excuses aux autorités musulmanes.

Il va jusqu’à détruire la robe en question. En 2003, La Redoute commercialise Debori, un t-shirt de la marque Teddy Smith arborant la shahada (profession de foi islamique). S’ensuivent une série de protestations par Internet demandant que ce soit retiré du site la photo de la jeune fille au t-shirt Debori.

La Redoute s’excuse et regrette que ce qui pour eux était un simple dessin ait pu offenser ses clients. Le t-shirt est retiré du site, du catalogue et de ses ventes. Aujourd’hui, en 2007, c’est un vase dessiné à partir du nom d’Allah, calligraphié, que l’on retrouve dans les pages shopping d’un hebdomadaire people. Contacté par Hnina, lectrice d’Al-Kanz, nous avons mené l’enquête.

Voici l’objet. Un vase en porcelaine de 33 centimètres de haut.

Le nom d'Allah réduit à un vase

Si dans le cas de Karl Lagarfeld ou de La Redoute, la méprise est fondée, on a un peu plus de mal à croire que c’est le cas pour ce vase. Calligraphié, l’arabe a une puissance esthétique qui pour nombre de non-arabophones se suffit à elle-même. De fait, la graphie se substitue au sens : on ne se soucie pas de ce qui est écrit – on ne sait même pas que ce qui est écrit a un sens -, la beauté de l’écriture prime.

S’agissant du vase Cali, nous ne sommes absolument pas dans cette situation. Son designer n’est autre que Karim Rashid, célèbre designer à la renommée internationale. Karim n’est pas Karl. Le second est allemand, le premier égyptien. Il sait donc lire l’arabe. Il n’y a pas eu méprise.

Commentant son vase lancé en 2002, Karim Rashid affirme : « Voici un objet, pouvant servir de soliflore, que j’ai dessiné d’un trait de crayon, inspiré par la calligraphie ottomane. » Vaste plaisanterie. L’inspiration se limite à une reproduction en 3D d’une façon d’écrire Allah très répandue et reproduite sur différents supports.

Le nom d'Allah réduit à un vase
Photo de l’intérieur de la mosquée Sainte-Sophie, Istanbul, Turquie

Karim Rashid a à peine modifié le modèle qu’il a copié. Il n’est même pas besoin d’être arabophone pour le constater. Les deux images suivantes finiront de convaincre les sceptiques. La première est une calligraphie où il est écrit en arabe « Allah », c’est-à-dire Dieu.

Le nom d'Allah réduit à un vase
La seconde est la version « Blanc » du vase Cali, du desginer Karim Rashid.

Le nom d'Allah réduit à un vase
Last but not least, le vase est en vente pour la modique somme de 165 euros, chez Decofinder : Decofinder [1], à qui l’on peut écrire à cette adresse : [email protected]

En septembre 2007, La Redoute retire un bijou jugé « blasphématoire »

La Redoute Corpus Christi

C’est un pendentif tendance « gothique chic » qui a provoqué la colère des catholiques. Commercialisé par La Redoute, ce bijou en argent massif et en forme de squelette a été jugé blasphématoire. La marque de l’objet : Corpus Christi. Traduction : corps du Christ. Furieux, des clients ont alors contacté le service consommateurs de la Redoute qui a préféré retiré l’article de sa collection 2007-2008.

Crédits photo : 1 [2], 2 [3]