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Témoignage d’autoentrepreneur : Offrez des cadeaux avec Zahid

Autoentrepreneur. Caroline, fraîchement sous le régime d’autoentrepreneur, a accepté pour Al-Kanz de répondre à quelques questions pour cette seconde interview sur les nouveaux autoentrepreneurs. Découvrez son entreprise Dites-le avec Zahid (DAZ), boutique en ligne de cadeaux pour une clientèle musulmane et devenez lectrices et lecteurs de son blog consacré à la création de DAZ et à l’entrepreunariat quand on est une maman.

Al-Kanz : Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?


cadeaux islamiquesCaroline : je suis une maman musulmane de 28 ans et j’ai deux enfants. J’ai fini mes études il y a 3 ans et je n’ai jamais travaillé en dehors du travail associatif jusque-là. Fin 2008, j’ai pris une des plus importantes décisions de ma vie : celle de me lancer dans l’aventure de la création d’entreprise. L’entreprise idéale : celle dont le but, les moyens et la gestion sont “halal” et agréés par Allâh (swt), celle qui me permet de mettre mes compétences et mes qualités au service de ma communauté, celle où je m’épanouis, celle pour laquelle je ne compte pas mes heures, celle que j’espère utile à d’autres.

Al-Kanz : Pourquoi avoir choisi d’être entrepreneur et plus particulièrement autoentrepreneur ?


Caroline : Pour les petites entreprises, les charges ont été jusqu’ici très lourdes et cela pouvait représenter un réel obstacle pour beaucoup de créateurs potentiels. L’auto-entrepreneuriat vise à simplifier les formalités de création, la fiscalité, la partie administrative ainsi que le versement des charges et taxes diverses. Je crois en effet que certaines formalités se sont assouplies, notamment pour la création, mais qu’il reste encore beaucoup de points obscurs dans ce statut d’auto-entrepreneur. En tous les cas, cela a permis que mon projet aboutisse plus rapidement.

Al-Kanz : Vous êtes plus précisément une mompreneur, c’est-à-dire à la fois chef d’entreprise et maman ? Comment gérez-vous ces deux casquettes ?


Caroline : Oui, ce double statut est le point nodal du projet. Je disposais de compétences que j’aurais aimé exploiter dans un domaine professionnel “halal” tout en continuant à pouvoir m’occuper de mes enfants comme je l’entends. Je n’ai pas le coeur à les emmener chez une nounou dès 7 heures du matin, à les laisser dans une cantine le midi et à les récupérer exténués le soir. J’ai voulu concilier mon projet familial et éducationnel avec mon ambition professionnelle. Comment cela se traduit-il quotidiennement ? Par un emploi du temps très organisé et par le fait de calquer mon emploi du temps sur celui des enfants et non l’inverse. Je travaille très tôt le matin jusqu’à 11 heures 30 à la sortie de l’école, pendant leur sieste et le soir quand ils sont couchés.
Il m’arrive aussi très souvent de préparer des activités qu’ils font à côté de moi, dans le bureau. Il s’agit de trouver le bon rythme mais quand la mécanique est bien huilée, on s’y retrouve assez rapidement. C’est vraiment le style de vie que nous recherchions, mon époux et moi-même, et ça nous convient toujours parfaitement, al hamduliLlâh.

Al-Kanz : Vous avez choisi de lancer une e-boutique et vous visez précisément la clientèle musulmane. Pourquoi ce choix ?


Caroline : Parce qu’en tant que consommatrice musulmane, il m’arrive souvent de ne pas trouver le produit, l’article ou le service qui répondrait totalement à mes attentes et à mes besoins quotidiens comme occasionnels. Ceci en tant que femme, épouse et surtout Maman : il manque énormément de choses notamment des produits pour les enfants instruits en famille, des jeux éducatifs, de l’initiation à l’écologie ou encore des supports d’apprentissage ludiques de l’arabe et des matières islamiques. Mon projet répond tout simplement aux besoins non-satisfaits des musulmans et je pense sincèrement que le marché ciblé sur les besoins de la communauté est très loin d’être exploité comme il le pourrait. Personnellement, j’ai des dizaines d’autres idées de création d’entreprise que j’aimerai mettre en oeuvre pour la communauté musulmane. Mes journées ne sont pas extensibles, je commence donc par ce projet, al hamduliLlâh.

Al-Kanz : Si vous n’avez pas encore lancé officiellement votre boutique, vous travaillez depuis plusieurs mois à la création de votre entreprise. Quel regard portez-vous sur cette période cruciale ?


Caroline : cette période de préparation a été très riche en enseignements. Après une grande période d’euphorie qui a suivi la décision de me lancer, j’ai appris l’importance de la constance, de la persévérance, l’utilisation positive et constructive de la critique de celles et ceux avec qui on échange sur son projet. J’ai appris l’importance de croire en soi et ses capacités, de porter son projet malgré les obstacles, de savoir se remotiver dans les moments délicats et de s’en remettre constamment à Allâh (swt) à chaque avancée.
J’ai également appris qu’on ne pouvait pas tout faire soi-même et qu’il fallait parfois travailler de concert avec des professionnels pour certaines parties d’un projet : je pense notamment à la création de la boutique et du blog, confiées à un frère webmaster très compétent, ou encore au conseil en matière de communication, de stratégie et de visibilité. Bien évidemment, le projet ne repose que sur soi et sur le côté stakhanoviste qu’il faut savoir exploiter au mieux en chacun de nous. Mais j’insiste : il est important de savoir bien s’entourer. A mon sens, il ne faut pas vouloir garder son projet secret. Il m’a au contraire été bénéfique d’échanger avec d’autres créateurs musulmans ou des professionnels confirmés. Ce sont simplement des gens d’expérience, même s’ils sont issus d’autres domaines, avec qui j’ai échangé parce que leur expertise et leur lucidité sont nécessaires pour progresser plus rapidement.

Al-Kanz : Si vous deviez encourager celles et ceux parmi les Al-Kanznautes qui n’osent pas encore franchir le pas de la création d’entreprise, que leur diriez-vous ?


Caroline : J’espère donner l’envie aux Al-Kanznautes de se lancer in châ-a-Llâh. Je crois que pour se lancer, il ne faut pas forcément une idée révolutionnaire, ni des moyens financiers extravagants. Il faut que l’idée ou le service développé corresponde à une demande non encore (ou mal) satisfaite et une (ou des) cibles bien identifiées et analysées. Il faut des compétences, du professionnalisme, du travail constant et sérieux et une grande dose de tawakkul en Allâh (swt). Je n’aurais donc qu’une chose à dire : si vous avez l’âme d’un entrepreneur, un projet, une idée que vous portez en vous, foncez !
Foncez, mais en vous préparant le mieux possible (concept, étude de marché, positionnement, circuit de distribution et communication).

Al-Kanz : Pour finir, quel genre de coup de pouce peuvent vous donner les lecteurs d’Al-Kanz ?
Caroline :
Les Al-Kanznautes peuvent faire connaître mon projet et visiter la boutique. Ils peuvent également me faire leurs feedbacks sur le blog de la boutique qui est un vrai lieu d’échanges avec mes clients : par leurs commentaires, ils peuvent facilement me faire part de leurs avis et impressions sur les produits, me faire connaître leurs attentes en matière de nouveautés, me suggérer leurs envies et leurs besoins. Dialoguer, échanger, proposer pour me permettre d’améliorer mes produits et mes services pour la clientèle : je travaille pour eux mais ce sont eux qui me permettront de m’améliorer et d’avancer.

Pour être prévenu en avant-première du lancement de la boutique Dîtes-le avec Zahid, cliquez sur le lien suivant pour y laisser votre email : je veux être prévenu du lancement [1] et suivez les aventures de Caroline l’entrepreneuse en devenant lecteur de son blog : Blog de Dites-le avec Zahid [2].