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Prière au travail, l'évolution

Entreprise. Islam et entreprise, voilà un couple qui a connu quelques frictions. Vous vous souvenez peut-être comme nous d’un expert quelconque qui, voilà quelques années, tira la sonnette d’alarme sur l’islamisation galopante dans le monde de l’entreprise. Le plaisantin avait même avancé une théorie selon laquelle les “islamistes radicaux” avaient élaboré une stratégie d’entrisme et de noyautage des sociétés qu’ils intégraient. Selon ce dernier, ces islamistes radicaux commençaient par faire du prosélytisme religieux (comme s’appeler Mohamed ?), puis prenaient le contrôle de la communauté musulmane dans l’entreprise (via le bluetooth de leur téléphone ?), pour finir par remettre en question les règles de l’entreprise et imposer les valeurs islamiques (comme exiger la délocalisation du siège social de l’entreprise à Kandahar ?). C’est presque rigolo, mais un peu trop long pour tenir dans un emballage Carambar. Ce genre de théories fumeuses a longtemps eu bonne presse, très bonne presse. Relisez pour vous en convaincre les papiers de Cécilia Gabizon du Figaro, sous la plume de qui on apprend toujours que derrière la barbe se profile le chaos.

Aujourd’hui, la situation change. L’islam est bon an mal an plus accepté – mettons de côté le racolage médiatique récurrent. Alors qu’hier envisager de prier pendant sa pause au boulot suscitait la réprobation et provoquait une levée de boucliers, voilà qu’un quotidien national donne la parole à une avocate, Marie-Aimée Peyron, membre de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité), qui nous dit ce qui suit :

L’employeur n’est tenu à aucune action différenciée vis-à-vis des employés pratiquants : rien ne l’oblige à instaurer un lieu de prière ou à mettre en place des menus spéciaux (hallal, casher, végétarien…). L’employé doit effectuer ses prières sur son temps légal de pause et poser un congé en cas d’absence pour raisons religieuses. De son côté, l’employeur ne peut pas lui refuser de les lui accorder, sauf en cas d’impératifs liés à la bonne marche de l’entreprise – comme pour n’importe quel salarié.

“L’employé doit effectuer ses prières sur son temps légal de pause” : une page semble tournée, non ?

Source : La Tribune [1]

Crédit photo Une [2] (la photo a été prise au National Science Museum de Londres. Il s’agit de la “faith room”, salle de prière à l’accueil du musée, disponible pour les visiteurs et les employés)