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Le directeur qui voulait interdire – illégalement – le hijab

Demain ou après-demain, c’est la fête in châ’a-Llâh pour les musulmans. La fête de l’aïd al-fitr. Mais là fête, ça l’est aussi depuis un petit moment en France. Après une relative accalmie ces derniers mois, avec le retour de la crise qui frappe le monde et la France en particulier, d’aucuns ressentent le besoin récurrent de trouver un bouc émissaire.

On ne reviendra par sur la polémique autour de la « burqa [1]« , créée de toute pièce par André Gérin [2], surnommé « l’imam rouge » dans la région lyonnaise, car porté au pouvoir grâce aux soutiens des associations musulmanes, ni sur le cas de cette jeune femme qui s’est vue refuser l’entrée d’une agence de la Société générale [3], par une employée zélée, à cause de son voile.

Depuis quelques semaines, chacun y va de sa petite touche. Remarques désobligeantes dans la rue, insultes plus ou moins agressives à la caisse d’un supermarché, etc., le racisme ordinaire reprend du poil de la bête, légitimé par l’assentiment de certains politiques et de quelques médias. La dernière sortie de notre ministre de l’Intérieur et surtout la solidarité gouvernementale qui veut qu’on peut « plaisanter » sur les Arabes sans que cela ne porte vraiment à conséquence, tout cela vous décomplexe le plus contrit des Dupont-Lajoie.

Cette fois, c’est le directeur d’une école d’ingénieurs qui s’improvise juriste et qui décide que la loi, qui est la même, pour tous sera différente dans son établissement. C’est Rue89 qui rapporte l’affaire : une jeune femme voilée s’est vue contrainte par le directeur de l’Ecole nationale d’ingénieurs de Metz (ENIM) de retirer son voile. La jeune femme a obtempéré, mais cela n’a pas suffi à Pierre Padilla, le directeur, qui s’est fendue d’une affiche au contenu aussi lapidaire que l’argumentation affligeante.

« L’Enim est une école d’ingénieurs de l’État et respecte les valeurs fondamentales de la république Française qui sont :
Liberté, Egalité, Fraternité

Dans ce contexte, à l’intérieur de notre école, nous ne pouvons tolérer aucun signe de distinction de religion, de quelle que nature que ce soit. Dans ces conditions, et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés :

LE PORT DU VOILE EST INTERDIT DANS L’ECOLE. »

Passons sur le français approximatif et restons sur le fond. En d’autres termes, parce que l’Enim est une école d’ingénieur qui respecte les valeurs fondamentales de la République – liberté, égalité, fraternité (sic) -, M. Padilla ne peut tolérer aucun signe religieux. Et comme c’est le boss, alors les pouvoirs qui lui sont conférés lui permettent d’écrire en majuscule sur une feuille A4 collée sur un mur de l’école que le port du voile y est interdit.

Affaire du porc halal
L’ingénierie appliquée au droit. Ou le contraire (source Rue89 [4])

Si M. Padilla a en effet tous les pouvoirs de coller autant de feuilles A4 sur les murs de son école, et même sur les fenêtres, il ne peut néanmoins pas outrepasser la loi qui autorise toute jeune fille à porter un voile dans un établissement de l’enseignement supérieur. La loi contre le hijab n’y est pas applicable.

Alerté, le collectif contre l’islamophobie en France [5] s’est emparé de l’affaire et étudie les suites à donner à cet abus de pouvoir. Si vous habitez Metz, n’hésitez pas à contacter le CCIC à l’adresse suivante : [email protected]