- Al-Kanz – Economie islamique en France et dans le monde - https://www.al-kanz.org -

Témoignage d'autoentrepreneure : la maman d'Ismaël

Entreprendre. La maman d’Ismaël, dont nous avons eu maintes fois l’occasion de parler ici-même, répond à nos questions sur sa petite entreprise, créée sous le régime de l’autoentrepreneur.

Al-Kanz : Pourriez-vous vous présenter en quelques mots?
La maman d’Ismaël :
J’ai 27 ans, je suis mariée et maman d’un petit garçon de 4 ans et demie Je suis salariée à mi-temps, et auto-entrepreneure depuis juillet 2009. Étudiante en sciences humaines, j’ai décidé d’interrompre mes études à la naissance de mon fils. J’ai tout de suite eu une envie « irrépressible » de fabriquer de mes mains des choses pour mon bébé. Comme je ne savais pas coudre, je me suis tout simplement inscrite à des cours de couture et j’ai acheté une machine. Résultat : après quelques mois, j’étais autonome et capable, avec l’aide d’Allâh, de coudre doudous, vêtements, linge de maison. Tout pour mon petit Ismaël.

Al-Kanz : Qu’est-ce qui vous a menée à proposer vos réalisations à la vente ?
La maman d’Ismaël :
C’est mon entourage qui m’a poussée à me lancer. J’ai commencé à offrir mes jouets en cadeau, pour des naissances, chez mes proches. Puis, sans aucune demande de ma part, mes amies et ma famille, séduites par mes cadeaux, se sont mises à me passer des commandes pour leurs propres cadeaux à leurs propres amis. C’était pour elles des cadeaux originaux dans tous les sens du terme. Cela m’a encouragée à aller plus avant, mais j’ai d’abord été assez réticente vu le coût financier et la lourdeur des démarches administratives d’une telle entreprise. Le statut d’autoentrepreneur m’a permis de sauter le pas et de me lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat.

Al-Kanz : N’est-ce pas trop difficile d’être maman et chef d’entreprise en même temps ?
La maman d’Ismaël :
Oui, c’est difficile d’être maman, épouse et en même temps chef d’entreprise. La principale difficulté que je rencontre, et que certains e-commerçant n’ont pas, c’est le fait que pour disposer d’un stock, je dois le créer, non pas l’acheter. Si je ne couds pas, je n’ai pas de stock. Je dois donc m’aménager un temps pour coudre et le réaliser. Je dois créer moi-même ce que je veux vendre, ce qui me prend les deux tiers de mon temps. Pour ne pas léser mon enfant ni ma vie de famille, je fais en sorte de coudre pendant les heures d’école, les moments de sieste. L’avantage, c’est que ce sont aussi des plages durant lequel mon époux est au travail.

Al-Kanz : Sans nous dévoiler vos secrets, qui sont vos clients ?
La maman d’Ismaël :
La grande majorité de mes clientes sont des mamans et des tatas. La plupart du temps c’est pour offrir à leurs propres enfants ou à des amis. Elles recherchent des cadeaux originaux, faits-main et surtout qui concilient les critères religieux dans ce domaine (poupée sans visage, formes suggérées…) et leurs soucis de l’environnement. Mes jouets éco-responsables répondent à toutes leurs attentes. J’ai également beaucoup de mamans adeptes de l’école à la maison, qui apprécient l’aspect ludique, pédagogique et coloré des jouets de La Maman d’Ismaël, comme mes jeux d’imitation, les memory…

Al-Kanz : Pensez-vous ouvrir une vraie boutique en ligne, voire lancer votre ligne d’objets pour enfants ?
La maman d’Ismaël :
Pour le moment ce n’est pas en projet. Je suis plutôt à la recherche de distributeurs, librairies, boutiques de créateurs ou magasins de jouets. En ce qui concerne la boutique en ligne actuelle, elle est en construction. On pourra bientôt avoir la possibilité de payer en ligne in châ’a-Llâh.

Al-Kanz : Quels conseils donneriez-vous aux mamans qui veulent elles aussi lancer leur entreprise ?
La maman d’Ismaël :
Mon premier conseil serait : lancez-vous sans réfléchir pendant des lustres ! Aujourd’hui avec le statut d’autoentrepreneur, et tous les avantages qu’il propose – notamment le fait que l’on ne paye des charges que sur ce que l’on gagne et la simplicité pour lancer la machine sur le plan administratif -, il est plus facile de tester son idée, son projet et ensuite de le développer. C’est quelque part une « chance » pour toutes les mamans musulmanes ou pas qui ont envie de travailler sans renoncer à leur vie de famille. Travailler à la maison sans quitter le cocon familial auprès de ses enfants et de son mari.
J’ajouterais qu’il ne faut pas négliger tout le travail en amont avant de lancer le projet et pourquoi pas rencontrer des conseillers dans la création d’entreprise. Apprendre les codes, travailler sur l’image de son entreprise, prendre la température en effectuant des sondages et des enquêtes simples. Et prendre conseil régulièrement auprès de mamans qui ont déjà franchi le pas.

Al-Kanz : Enfin, comment les lectrices et les lecteurs d’Al-Kanz peuvent vous être utile ?
La maman d’Ismaël :
Les lectrices d’Al-Kanz peuvent m’aider tout simplement en parlant des poupées et jouets La Maman d’Ismaël autour d’elles, sur leurs sites, sur leurs blogs ou dans les forums. Elles peuvent également me faire des suggestions pour améliorer les jeux ou m’aider à en créer de nouveaux. Vous pouvez me contacter par e-mail pour toutes critiques constructives ou pour une commande personnalisée, je traite toutes les demandes dans la mesure du possible. A bientôt !