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Croyez-vous au marché des cosmétiques halal ?

Le marché du halal, et plus justement celui des consommateurs musulmans, est bien réel. Le nier n’aurait pas de sens. Ce marché est même appelé à durer, puisqu’il n’est rien d’autre que la traduction économique d’une réalité sociologique : celle d’une population musulmane caractérisée par des nouvelles façons de consommer.

Ainsi, sauf à voir les musulmans disparaître, le marché des consommateurs musulmans devrait continuer à croître, vigoureusement, durant quelques années encore.

Aujourd’hui il n’est plus seulement question de viande halal ou d’alimentation. Le halal se décline sous, presque, toutes les formes – parfois abusivement, nous aurons l’occasion d’y revenir in châ’a-Llâh.

Même si l’on trouve depuis des années des muscs [1] et toute une série de produits traditionnels à base d’eau de rose, de ghassoul, etc., le marché des « cosmétiques halal » serait selon certains analystes en plein boum.

D’aucuns l’ont bien compris et ont décidé d’en faire commerce, à l’instar de cette société, basée dans la Drôme, qui distribue les quelques marques de cosmétiques halal sur le marché depuis peu.

Cosmétique halal
Capture d’écran du site Cosmelal.com

La particularité d’un produit cosmétique halal réside dans le fait qu’il ne contient aucune substance illicite, comme le porc ou encore l’alcool. Mais, là faut-il encore nuancer et s’interroger sur la nature même de l’alcool utilisé (voir à ce sujet l’article de Mouhammad Patel : Est-il permis au musulman de faire usage d’un parfum ou d’une crème contenant de l’alcool ? [2]). Autrement dit, un soin de beauté qui ne contient aucune substance illicite, pas de porc, pas d’alcool, non issu de laboratoires torturant les animaux, etc. est de facto halal. On pourrait penser alors que la mention halal est inutile. Oui et non.

Comme on l’a vu avec la charcuterie halal [3], un produit peut très bien être halal, mais être de piètre qualité, voire dans le cas des produits cosmétiques contenir des substances dangereuses pour la santé. Une crème peut ainsi très bien être estampillée halal, mais être constituée, entre autres, de paraben ; ce dans le cas où la mention halal est entendue dans son acception la plus basique. A contrario, si « halal » est entendu dans un sens plus large et plus conforme à l’éthique même qui le sous-tend, il impliquera une qualité effective du produit. Ajoutons qu’aujourd’hui nombre de consommatrices musulmanes préfèrent de loin acheter des produits bio, car souvent sans alcool, sans produits dangereux, ne contenant pas de substances animales.

Ainsi si, dans certains cas, estampiller halal un produit qui l’est par définition équivaut, mutatis mutandis, à apposer sur une laitue une étiquette « halal », la mention halal, bien utilisée, pourrait fonctionner comme un véritable label non seulement de conformité aux principes islamiques mais encore de qualité.

Votre avis nous intéresse. Pensez-vous que le marché des cosmétiques halal est un marché d’avenir ou, a contrario, assistons-nous là à l’une des dérives du marché du halal ?

Depuis les scandales sur le halal, diriez-vous que...

  • vous regardez d'un peu plus près ce que vous mangez ? (49%, 2 565 Votes)
  • vous avez radicalement changé vos habitudes alimentaires ? (40%, 2 090 Votes)
  • vous n'avez strictement rien changé à vos habitudes ? (11%, 584 Votes)

Total de votants: 5 239

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Crédit photo Une : Cosmelal.com [4]