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Médina Halal : le gras de veau "pas garanti halal"

“Sacrifice manuel sans électronarcose”. Le consommateur ne peut manquer l’estampille. La société Corico, qui commercialise une partie de sa production sous la marque “Médina Halal [1] », a choisi d’indiquer ostensiblement qu’elle ne recourt pas à l’électronarcose avant abattage.

Autrement dit, les dindes de la marque Médina Halal ne sont pas électrocutés avant de passer sous la lame du sacrificateur ; ce qui n’est pas le cas de la volaille certifiée halal par les mosquées de Lyon [2], d’Evry et de Paris, qui autorisent l’électronarcose. Si Médina Halal a décidé de communiquer de façon aussi directe auprès des consommateurs musulmans, c’est évidemment pour se démarquer de ces entreprises qui pour des raisons mercantiles choisissent d’étourdir les bêtes avant abattage.

En France, les industriels ont le plus souvent recours au bain d’eau électrifié. La volaille est d’abord accrochée par les pattes, la tête en bas, sur des crochets en mouvement. Puis, elle passe dans un bac rempli d’eau traversée par un courant électrique : la tête et le cou y sont plongés, ce qui a pour effet d’étourdir l’animal et même pour un grand nombre d’oiseaux de les tuer. Dans tous les cas, l’animal souffre, sans toujours être bien étourdi.

Sacrifice manuel sans électronarcose
Medina halal veut rassurer les consommateurs musulmans

Le recours à l’électronarcose pour les produits Médina Halal a lieu non pas avant l’abattage mais après. On parle dans ce cas “d’électronarcose… post-mortem ». Ce procédé suscite des interrogations en France. Si aucun savant ne l’interdit formellement, des organismes de certification, à l’instar d’Ach-Chahada, y sont totalement opposés.

Le vrai problème chez Médina Halal, outre le fait qu’il n’y a aucun contrôleur indépendant sur place, est ailleurs : si toute la volaille provient de ses propres élevages, “20 % de la matière première vient de Hollande”, comme a pu nous le confier, lors du Salon Halal Expo [3], un responsable commercial de la société, Médina Halal ne peut garantir que ces 20 % (qui correspondent à du gras de veau, utilisé dans certaines recettes, sont véritablement halal. “Nous avons un certificat du fournisseur”, s’est-il contenté de dire, balayant la question d’un revers de main. S’il avait voulu nous inciter à ne pas acheter les produits Médina Halal – que de toute façon nous n’achetons pas -, il ne s’en serait pas pris autrement.

L’électronarcose, bienfait ou torture ?