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Pakistan : "J'irai cracher sur vos inondations"

Adel, lecteur d’Al-Kanz, réagit aux résultats du sondage du Figaro, que nous évoquions dans un précédent billet [1].

Les lecteurs du Figaro savent aussi faire dans l’immonde. Leur feuille de chou ose-t-elle leur demander s’ils sont «  sensibles à l’appel à la solidarité en faveur des sinistrés du Pakistan ? » qu’on s’imaginerait que fidèle à leur indifférence que questionne ce sondage, nos braves lecteurs passeraient leur chemin, bouderaient cette inopportune enquête et iraient vaquer à de plus nobles affaires. Non ! En plein mois d’août, ce n’est pas 100 ou 1 000 mais pas moins de 16 000 fiers lecteurs qui prennent la peine de cliquer « non ». Pourtant on ne leur a pas quémandé la moindre once de liquide… seulement demandé « êtes vous sensible ?». Mais ce n’est pas tout, le lecteur de droite, le fidèle ami du « gros rouge qui tâche, » ne se contente pas de cliquer « non », il tient aussi à verser son fiel (gratuitement pour le coup, car là, il en a à revendre). Il ne rechigne pas à agrémenter son simple clic de commentaires qui sentent bon le glaviot. Le bon gros jaune bien gras, celui qui pue, dont on devine qu’il vient d’un corps bien malade et que l’odeur pestilentielle nous rappelle que c’est jamais bon ce qui peut macérer dans des esprits exagérément fermés.

Figaro Pakistan

En naviguant furtivement dans les eaux troubles de ces commentaires fangeux, j’ai eu l’heur de m’arrêter sur les quelques mots d’une lectrice : prénommée Valérie V., représentée par un petit personnage sans yeux ni bouche ni nez, mais habillée en tailleur sil vous plaît. Soulevé par le secret espoir de trouver enfin quelque expression d’humanité, je me réjouis à la lecture de ses premiers mots « ces enfants, ces femmes qui souffrent […]». Ah enfin ! Ce que d’aucuns appellent la sensibilité féminine semble nous promettre le retour vers le chemin de l’innocence, le rappel qu’on ne choisit pas d’être la victime d’une catastrophe naturelle. Que les jours et les nuits peuvent se transformer brutalement en enfer, quand sa terre est envahie par les eaux. Situation encore plus invivable quand on est un enfant, un nourrisson, une femme enceinte, une femme qui allaite ou un vieillard que la pauvreté a cantonné dans des régions reculées.

Devant cela, la souffrance n’a pas de couleur, de religion, de genre. Pas pour notre Valérie V. qui va illico verser dans l’ignominie en nous livrant une diarrhée verbale teintée de haine et de préjugés rances. Un vrai condensé de moisissure qui se cache derrière une vague culture générale servant tout juste à justifier son inanité pédante devant un authentique spectacle de misère humaine. Une liqueur de haine qui fleure bon la sueur de cette Valérie V. qui, ne voulant rien donner, même pas de sa sensibilité s’empresse pourtant de dépenser temps et énergie pour nous livrer une prose qui donne la nausée à l’instar de ses nombreux comparses commentateurs d’un jour. Voilà donc notre Valérie V. qui ânonne tour à tour « nucléaire » , corruption » « détournement « tonneau des Danaïdes » (sic), de la guerre des civilisations pour finir sur la pire note théologique qui soit : « Ces femmes et ces enfants sont les dommages collatéraux et ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes ou à leur Dieu. » Au paroxysme de l’abject, le rejet de Dieu. Déplorable illustration de ce que la conscience sans Dieu engendre naturellement ces êtres-catastrophes ayant noyé leur sens de l’humain avec leurs délires verbeux et leurs crasseuses représentations mentales. Que Dieu nous préserve et nous aide à agir pour le Bien.

Ne parlez pas, donnez !