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Viande halal : "Reconvertie, j'ai été surprise"

Viande halal :

Une lectrice d’Al-Kanz.org nous a récemment envoyé un courriel qu’il nous semble intéressant de partager avec vous.

Reconvertie, j’ai été surprise quand j’ai gouté à ma première tranche de steak halal. Après un bismillah [au nom de Dieu], j’allais attaquer à découper la viande quand mon couteau qui d’habitude tranchait dans du beurre à dû batailler ferme avec un jeu de poignet pour venir à bout d’une chair remplie d’un réseau de tendons. C’est clairement de la viande de second choix.

Je n’ai jamais retrouvé chez un boucher, ou grande surface la qualité des viandes non halal, quelque soit le type de bête. Peut-être que je ne sais pas chercher. Si ma mère n’élevait pas des poules, j’aurais oublié ce que c’était qu’un poulet fermier. De formation agro-alimentaire et assurance qualité, j’ai visité une usine de transformation de produits halal. Des dindes entassées dans des caisses où il ne restait pas un cm2 pour qu’elles respirent, une partie morte, des bêtes écrasées sous les roues, où est le halal ? Il ne peut rimer ou difficilement avec industrialisation à outrance.

La productivité à dire bismillah Allahu akbar existe ! Je n’ose pas imaginer ce que cela devient au bout de huit heures de boulot… Sans parler de la VSM, de la peau dans les pâtés. Ça c’est pour le rendement ! Votre site enfin tend à me rassurer même si je pense que le chemin va être difficile pour qu’enfin qualité, conditions d’élevage, respect du rituel islamique ne fasse plus qu’un.

Chez les professionnels de la boucherie, vendre de la mauvaise ou de la moins bonne qualité aux musulmans, est une pratique courante. A chaque maillon de la chaîne commerciale, de l’abattoir au boucher, y va de sa petite musique pour justifier ce qui n’est très souvent que du mépris et la volonté d’engranger un maximum de profits. Récemment, un professionnel nous confiait que le commercial d’un abattoir refourguait systématiquement des bêtes de piètre qualité à ses clients bouchers musulmans. De même, chez nombre de ces bouchers, le choix de ne pas choisir de viande de qualité est justifié par… le refus du client de mettre le prix. Le prix ! A les entendre, il n’y aurait que les musulmans qui sont préoccupés par le prix et, pire encore, ces consommateurs seraient si pingres qu’ils préfèrent du très bas de gamme à de la viande de qualité.

Au fond, tenir ces propos arrange particulièrement les bouchers et autres professionnels de la viande : pourquoi se risqueraient-ils à vendre de la viande de meilleure qualité vu que leurs clients ne l’achèteront pas, vous demanderont-ils. Circulez, y a rien à voir. On vous la fait à l’envers pour vous vendre de la viande de piètre qualité, mais évidemment pas à un piètre prix. Les premiers dindons de la farce sont les consommateurs qui ne paient pas leur viande au juste prix. Il est temps qu’ils se prennent en main, et qu’au-delà du halal la question de la qualité deviennent une priorité.

Crédit photo : Hanoi Mark [1]