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Egypte : Jeune Afrique et les râteliers

Dans un article court, mais percutant, Florence Beaugé, journaliste au Monde et spécialiste du Maghreb, revient sur les accointances entre Ben Ali et une presse qui a une certaine idée du journalisme. Les Cahiers de l’Orient d’Antoine Sfeir, chouchou d’Yves Calvi qui est à l’islam ce que les morpions sont au corps humain : très attaché ; et Jeune Afrique, un hebdomadaire qui doit plaire au nouvel ambassadeur de France en Tunisie, un certain Boris Boillon, star des médias sociaux depuis deux jours. Surtout en Tunisie (voir la vidéo : Scandale de Boris Boillon dès son arrivée en Tunisie [1]).

Parmi les ardents défenseurs du dictateur déchu : le député Eric Raoult. “Plus on attaquait Ben Ali, plus j’avais envie de le défendre”, dit-il en guise de justification. L’hebdomadaire Jeune Afrique, ou encore les Cahiers de l’Orient d’Antoine Sfeir, ont eux abondamment contribué à empêcher de faire connaitre le vrai visage du régime de Zine el-Abidine Ben Ali.

Source : Le Monde, “Ces VIP qui profitaient des charmes de la Tunisie étaient les VRP de Ben Ali [2]

Eh bien, Jeune Afrique, qui ne perd pas le Nord, n’a rien perdu de ses bonnes vieilles habitudes. L’hebdomadaire a choisi une photo douteuse pour la couverture de son dernier numéro. gratifie d’une photo qui dit le contraire de ce qui a été la réalité de la place Tahrir en Égypte. On y voit un Égyptien, barbu, sur un tank dont le canon se fait agressif. Qui ne sait rien de la révolution égyptienne imagine immédiatement le si médiatique islamiste-terroriste-intégriste appelant à la guerre contre l’axe du Bien, cet affreux barbu aux portes de l’Occident que l’on entend déjà mugir férocement dans nos campagnes. Qui a suivi la libération du pays n’en pensera pas moins tant la photo choisie est tendancieuse. Or, on se rappelle que ces tanks, sur la place Tahrir, protégeaient les manifestants contre les sbires de Moubarak pendant la révolution égyptienne. Cet Égyptien manifeste comme des centaines de milliers d’autres. On observe d’ailleurs sur la même couverture deux autres manifestants, là, juchés comme lui sur le char. Pas barbus pour un sou.

Jeune Afrique et les râteleirs

A l’intérieur du magazine, une autre photo montre un autre barbu en qamis, les mains levées et la bouche grande ouverte. Un barbu, ça hurle. Rien à voir avec la quinzaine de manifestants – jeunes gens sans barbe — qui l’entourent et qui, comme lui, ramassent des pierres pour, on le devine, en découdre avec les milices pro-Moubarak.

Jeune Afrique et les râteleirs

Jeune Afrique arrange la réalité à sa propre sauce et démontre concrètement que les prêcheurs de haine ne sont pas nécessairement là où on croit qu’ils sont.

Merci à Florence Beaugé pour son article de qualité, loin de ce journalisme de circonstances qui se nourrit à tous les râteliers.