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Du poulet halal selon KFC, Doux, Quick, Herta, Carrefour et bien d'autres

[Article publié le 29 mars 2011 – Mise à jour le 7 juin 2011] Depuis quelques semaines, un étudiant en sciences islamiques diffuse sur Internet un document qui fera la joie des partisans du faux-halal, un document inepte mais savamment rédigé et prenant appui sur des fatwas de nobles savants. Vous êtes un certain nombre à avoir été perturbé par ce long copier-coller, pernicieux en ce qu’il juxtapose des avis qui ne concernent pas la réalité du halal en France pour justifier in fine le faux halal. Plus grave, si l’on tient compte du gloubi-boulga de cet étudiant, il devient possible pour le musulman de consommer de la viande achetée n’importe où ; et l’on jette alors à la poubelle les hadiths sur la nécessité de se tenir à l’écart des choses douteuses, on fait mentir le Prophète (saws) et on trahit les textes sacrés. Acheter sa viande chez le charcutier du coin – hors viande de porc – ou au supermarché – et pas au rayon halal – devient alors possible, comme le font d’ailleurs nombre de propriétaires, bien en barbe, de sandwicherie « halal », type grec. Des explications fournies ont été envoyées à cet étudiant. La réalité ne l’intéresse pas, seule sa théorie – truffée d’erreur – lui importe. Le plus embêtant pour ce jeune homme, c’est que le conseil des savants d’Arabie saoudite ont des positions très claires sur la question, positions qui démontent sa tentative de faire manger haram les musulmans. Si une bonne âme arabophone a le temps de traduire l’intégralité de l’avis du conseil de l’IFTA, cela pourrait rassurer les soeurs et les frères induits en erreur. En attendant, vous pouvez relire une traduction très partielle de ce long avis en cliquant sur le lien suivant : Conseil des savants de l’IFTA : le principe, c’est l’interdiction [1]. Vous trouverez par ailleurs, ci-dessous, une brève explication qui permettra à chacun de comprendre pourquoi le document en question est inepte.

Du poulet halal selon KFC, Doux, Carrefour et bien d'autres
Poulets abattus à la chaîne par une scie circulaire

Prenez un paysan perdu au fin fond de la campagne la plus profonde du dernier des pays musulmans. Expliquez-lui comment se déroule un abattage industriel en Europe. Dites-lui que l’abattage prétendument halal répond aux mêmes critères. Offrez-lui un poulet, de la marque Doux, par exemple. Il vous enverra paître et vous rappellera les règles très simples et élémentaires qui régissent le halal et qui font défaut dans la quasi-totalité des sites d’abattage et de production en France. Renouvelez l’expérience en France avec le premier musulman venu. Vous aurez une réaction sensiblement identique. Une fois informé et convaincu que l’abattage industriel est tel qu’on le lui aura présenté, le consommateur musulman, alors averti, refusera de consommer une telle viande. C’est ce qui explique la volonté farouche industriel de tenir les consommateurs dans l’ignorance la plus totale et leur aversion prononcée pour Al-Kanz.org, qu’ils aimeraient tant voir disparaître, tout comme certains de leurs partenaires certificateurs. Car un consommateur informé de leurs choix industriels se détournera de leurs produits.

Le volailler Doux par exemple, très embêté par les deux reportages qui ont prouvé que son poulet n’est pas halal (le premier censuré par M6 [2] et le second diffusé sur Canal+ [3]), inonde l’Arabie saoudite, mais pas seulement, de ses poulets non halal. On en trouve au sein même de La Mecque. Eh bien Doux redoute terriblement que les musulmans apprennent que ses poulets sont abattus, quand ils ne meurent pas tout bonnement après le passage dans le bain électrifié disposé juste avant le disque, comme on le voit dans la vidéo ci-dessous, réalisé par l’association animaliste PETA, que nos chers industriels et consorts auront du mal à accuser d’appartenir à Al-Qaïda canal alimentaire [4].

Précisons que la volaille avant d’arriver au disque est passée sous électronarcose, qui en milieu industriel à haute cadence tue un grand nombre de bêtes ; ce que certains musulmans qui ne jurent que par l’Arabie saoudite et les copier-coller refusent de prendre en considération, compartimentant ainsi la question de l’abattage industriel et offrant un blanc-seing aux industriels les moins scrupuleux. On les entend dire que l’abattage mécanique est autorisé, qu’on ne peut dire qu’il n’est pas autorisé, et d’ajouter « sous certaines conditions ». Mais jamais ils ne se demandent si ces conditions peuvent être remplies et sont bien remplies. Ils se fichent de la réalité qui est pourtant simple : l’abattage mécanique en milieu industriel n’est jamais sans le recours à cette électronarcose massive qui tue l’animal avant même l’abattage. C’est un non-sens que d’isoler la question de l’abattage mécanique de celle de l’électronarcose, puisque dans les faits, répétons-le, il n’y a pas d’abattage mécanique sans électronarcose. Dire d’une part que l’abattage mécanique est autorisé, d’autre part que l’électronarcose est autorisée, tout en fermant les yeux sur la réalité – à savoir que l’abattage mécanique requiert l’électronarcose et qu’on ne peut traiter du premier en omettant la seconde –, c’est se moquer de la conformité des pratiques aux textes ; ce qui, au fond, n’intéressent pas ces alliés objectifs du non halal estampillés halal*. L’intérêt des musulmans n’est pas leur intérêt premier.

Voilà vous savez tout : c’est donc cela le poulet Doux, c’est cela le poulet KFC, c’est cela le poulet Carrefour halal, c’est cela le halal selon Fleury Michon ou selon Herta (avec, en prime pour cette marque, probabilité de présence de porc [5]). C’est cela le halal que les industriels veulent coûte que coûte imposer notamment via la norme AFNOR en cours. De la bonne volaille industrielle souvent de piètre qualité estampillée halal que beaucoup achètent aveuglément. Du bon haram dans vos assiettes.

Aux mangeurs de poulet KFC [6] ou de dinde chez Quick [7] : la prochaine fois que vous irez vous goinfrez, repensez à cette vidéo, hein.

* Sans parler du fait que, dans les sites d’abattage, rien ne garantit systématiquement aux consommateurs musulmans que les autres conditions de licéité de la viande soient respectées (tasmiyah, qualité de l’opérateur, contrôleurs, etc.). Là, encore, on se fiche de savoir si dans les faits l’abattage est respecté dans sa globalité.
** Quand vous mangez dans un grec, ne vous contentez pas de la longue barbe du propriétaire, vérifiez qu’il ne se fournit pas en viande non halal, mais « halal » à ses yeux, sans autre forme de précaution.