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Islamophobie : trois questions au CCIF

Le collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) vient d’être reconnu par l’ONU. Boudé par les autorités françaises qui n’ont guère de considération pour les musulmans, sauf lorsqu’il s’agit de les mettre sous tutelle, le CCIF mène un travail de terrain quotidien. Depuis huit ans, il accompagne et soutient les victimes d’actes islamophobes, mène des actions en justice pour faire respecter leurs droits – depuis sa création, le CCIF a gagné tous ses procès – au point qu’on lui reconnait, particulièrement à l’étranger, une réelle expertise. C’est précisément le sérieux de son travail, son expérience et la légitimité acquise depuis toutes ces années qui a valu au CCIF de devenir membre consultatif de l’ONU. Pourquoi ? Quel intérêt ? Quelles suites ? Nous avons posé trois questions à cette désormais ONG à part entière.

Al-Kanz : Que signifie très concrètement cette accréditation ?
CCIF : Elle donne une voix aux musulmans de France qui sont chaque jour discriminés, agressés, insultés, en leur permettant d’accéder à la plus grande instance internationale: les Nations Unies. L’accréditation permet au CCIF d’avoir accès aux bâtiments de l’ONU où qu’ils soient, de participer aux conférences sur les thématiques des droits de l’Homme et du respect des citoyens, d’être inclus dans les groupes de travail qui produisent les rapports, de faire des déclarations lors des séances plénières, etc.

Obtenir ce statut consultatif spécial n’est pas chose facile : le conseil étudie de manière détaillée le fonctionnement, les objectifs, le positionnement et le financement des ONG avant de rendre un avis au terme d’un processus qui s’étale généralement sur plusieurs années.

C’est également un symbole fort : après près de 8 ans d’existence, le travail du CCIF est de plus en plus reconnu, avec désormais une dimension internationale.

Al-Kanz : Qu’est-ce que cela va changer d’abord pour le CCIF, ensuite pour les musulmans en France ?
CCIF : Pour le CCIF, l’accréditation à l’ONU est un élément clé de notre stratégie : elle nous permet de pallier le manque d’écoute des autorités françaises sur les questions d’islamophobie. Après avoir été reconnus par le Conseil de l’Europe, l’OSCE et maintenant l’ONU, le CCIF devient un acteur incontournable de la lutte contre les discriminations et les crimes de haine. Ça va être difficile de continuer à nier la haine et la violence dont font l’objet beaucoup de nos concitoyens musulmans…

Ce qui a été le plus important pour nous pendant ces années, c’est de développer un travail de terrain, d’analyse et d’accompagnement des victimes sans forcément communiquer à outrance, avant de pouvoir aujourd’hui nous exprimer de manière plus légitime. C’est maintenant une nouvelle phase dans l’histoire des musulmans de France, qui va nécessiter la mobilisation de chacun pour faire face au défi de la haine, de l’intolérance et de l’islamophobie.
Nous n’aurons pas accompli grand chose d’utile si les musulmans de France ne prennent pas conscience de leurs responsabilités et ne se mobilisent pas pour faire valoir leurs droits. En ce sens, le statut consultatif spécial auprès de l’ONU sera ce que nous en ferons collectivement. A nous de nous servir de cette tribune pour faire entendre la voix de ceux qui sont opprimés et qui voient leur dignité chaque jour bafouée, au coin de la rue comme dans les médias, dans une indifférence quasi généralisée.

Al-Kanz : Est-ce naïf de penser qu’il va être plus difficile en France d’exprimer ouvertement sa haine des musulmans, comme c’est le cas depuis plusieurs années ?
CCIF : Le changement n’arrivera que par une prise de conscience des musulmans sur le fonctionnement réel de la vie politique et médiatique de ce pays : ce système est dicté par des rapports de force. “Dis moi combien tu pèses et je te dirai si je t’aime” est la phrase qui semble animer le cœur et l’esprit des décideurs. Aujourd’hui, il faut prendre conscience du pouvoir électoral, juridique et économique que nous représentons et nous en servir pour faire valoir nos droits. Nous ne demandons aucune faveur, mais nous devons être intraitables sur le strict respect de nos libertés les plus fondamentales.
A ceux qui se plaignent légitimement de la situation, il faut poser une question simple : pensez-vous qu’on pourra continuer à insulter et à agresser des musulmans le jour où les coupables seront systématiquement jugés et condamnés, le jour où les standards des journaux et des personnalités islamophobes seront saturés d’appels de citoyens mécontents exigeant de manière ferme et déterminée le respect des musulmans, le jour ou le CCIF aura des milliers d’adhérents lui donnant une base solide et des moyens d’action efficaces?

Si l’on veut réellement que le discours et les actes islamophobes cessent, nous avons désormais tous les outils à notre disposition. A chacun maintenant de faire face à ses responsabilités, soit en continuant à subir et à se plaindre, soit en agissant à nos côtés.

Adhérez au CCIF

A celles et ceux qui en ont assez de servir de serpillière, à celles et ceux qui craignent que leur fille, leur femme, leur mère soient demain victimes de l’islamophobie ordinaire, à celles et ceux qui ne veulent pas attendre qu’un drame survienne pour se réveiller, à celles et ceux qui considèrent que leur honneur vaut légèrement plus que 30 euros par an, adhérez au CCIF, dont l’engagement permettra avec votre soutien, d’éviter in cha’a-Llah des drames. Car comme le disait son président, Samy Debah, nous attendons en France les premiers morts [1], victimes de l’islamophobie. Bougez-vous, adhérez ! (cliquez sur l’image pour accéder au site du CCIF et pour y adhérer)

adhésions CCIF [2]

Visitez le site du CCIF : http://www.islamophobie.net [2]