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Mouton de l’aïd : les musulmans, indispensables soutiens de la filière ovine

Aïd al-adha
©Michael Duxbury [1]

Alors que le chômage explose en France et que les perspectives de croissance sont revues à la baisse, cette année encore les consommateurs musulmans ont fait du bien à l’agriculture française, plus particulièrement à la filière ovine.

Comme chaque année, les éleveurs d’agneaux ont trouvé dans la fête de l’Aïd al-Adha un second souffle. Il faut dire que cette fête, à l’occasion de laquelle les musulmans sacrifient un mouton, revêt un véritable enjeu économique pour les éleveurs de moutons. Elle est même une question de survie pour certains d’entre eux.

Il faut dire que c’est plusieurs dizaines de millions d’euros qui sont injectés en moins de trois jours dans cette filière. Selon les derniers chiffres avancés par le ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture [2], la production ovine a en effet sensiblement augmenté grâce à l’Aïd al-Adha (appelé aussi “Aïd el-Kébir”).

En octobre 2011, avec plus de 258 000 têtes, les abattages d’agneaux sont supérieurs de près de 6 % au niveau d’octobre 2010, la fête de l’Aïd el Kébir ayant eu lieu le 17 novembre en 2010. Le poids moyen des agneaux abattus est stable par rapport à 2010 et s’établit à 18,2kg/carcasse. Depuis le début de l’année 2011, les abattages d’agneaux sont supérieurs de plus de 3 % à ceux de 2010. Les abattages de brebis de réforme sont inférieurs de plus de 5 % à ceux d’octobre 2010.

En octobre 2011, les importations de viande ovine continuent à baisser. Avec la proximité de la fête de l’Aïd el Kébir, la production ovine est supérieure de près de 8 % à celle d’octobre 2010.

En octobre 2011, la production ovine a progressé de près de 8 % du fait de la hausse des abattages due à la fête musulmane de l’Aïd el Kébir du 6 no-vembre 2011.

En novembre 2011, le cours moyen de l’agneau reste élevé, même après la célébration de la fête musulmane de l’Aïd el Kébir . Avec un cours moyen de 6,28 €/kg carcasse, il est supérieur de 8 % au cours de novembre 2010.
En novembre 2011, les abattages d’agneaux sont inférieurs de 2% à ceux de novembre 2010. Ils ont concerné près de 304 000 têtes. Cette baisse peut s’expliquer par la date de l’Aïd el Kébir le 6 novembre en 2011, alors qu’en 2010, elle était positionnée au milieu du mois de novembre.

Nous ne cessons de le dire depuis des années : les musulmans constituent un véritable poids économique, incontestable, mais encore contesté. Qu’à cela ne tienne. Il suffit de s’en remettre aux faits et se souvenir de toutes ces sociétés sauvées par exemple par le halal [3], de ces abattoirs qui auraient fermé [4] depuis longtemps s’ils n’avaient misé sur le halal, prétendu ou réel, des chiffres de l’Insee qui rappelle que les musulmans sont une chance pour l’agriculture française [5].

Mieux, envisageons que l’an prochain les musulmans choisissent massivement, pour l’Aïd al-Adha, le sacrifice par procuration [6] et, donc, n’achètent pas leur mouton en France. Il y aurait immédiatement un branle-bas de combat et une mobilisation des pouvoirs publics pour étouffer un tel mouvement tant la consommation des musulmans est importante.

Car plutôt que de valoriser cette consommation et admettre que les musulmans sont une chance pour la France, on préfère stigmatiser, dénigrer, ostraciser. Tout le contraire de l’Ecosse, par exemple, où l’on affirmait clairement en 2010 que « les éleveurs doivent se tourner vers l’islam. » [7] That’s all folks…