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L’abattage rituel est sous la protection de Nicolas Sarkozy

Si Nicolas Sarkozy a décidé, selon le journaliste Frédéric Martel, de faire la guerre au halal [1], il s’est aussi engagé personnellement auprès de la communauté juive de protéger la filière casher.

En 2008, il demandait à Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l’Intérieur et des cultes, de rassurer un parterre de rabbins [2].

En 2009 puis en 2010, c’est au tour de Brice Hortefeux, remplaçant de MAM, qui là encore engage sa responsabilité et celle du président dans une défense sans faille de l’abattage rituel, en l’espèce casher de garantir que l’abattage rituel casher est à l’abri [3]. Le ministre n’hésitera pas à qualifier l’étiquetage des viandes abattues rituellement relèverait de la discrimination (voir la vidéo ci-dessus à 3 minutes 22).

Fin 2010, Nicolas Dhuicq, député UMP membre de la Droite populaire, dut retirer – en catimini – sa proposition de loi qui visait là encore le halal [4]. Le naïf pensait certainement qu’il pouvait s’en prendre au halal sans que cela ne nuise au casher, ce qui est proprement impossible.

En 2011, lors du débat contre l’islam voulu par Jean-François Copé, débat qui devait aboutir entre autres à diverses mesures contre l’abattage halal, Bruno Le Maire, ministre de l’Alimentation, s’obligea à rassurer le grand rabbin de France, Gilles Berhneim, qui ne manqua pas de faire la leçon aux membres du gouvernement présents ni à moucher le président de l’UMP (voir Débat contre l’islam : la gifle de Gilles Bernheim [5]).

Toujours en 2011, les députés européens, dont ceux de l’UMP votent pour un étiquetage « abattus sans étourdissement [6] » pour faire volte-face quelques semaines plus tard (voir Plus de mention « abattus sans étourdissement » sur les étiquettes [7]). Entre temps, le lobby des industriels et la communauté juive avait dit toute leur inquiétude. Il fallait faire capoter ce projet, pourtant capital et allant dans le bons sens.

Ajoutons que depuis des années Nicolas Sarkozy promet à Brigitte Bardot d’accéder à ses requêtes pour mettre fin à l’abattage rituel. Mais toutes ces promesses, Brigitte Bardot l’a compris, ne seront pas honorées, elles ne l’ont d’ailleurs jamais été. D’où des lettres successives au président, dont certaines particulièrement fleuries (voir : Bruno Le Maire est « lâche et nul » selon Brigitte Bardot [8]) et une prise de position publique en septembre 2011, dans laquelle l’ancienne actrice disait publiquement ne plus voter pour Nicolas Sarkozy.

Ainsi, sauf à envisager que le gouvernement ne se lance dans une opération insensée, mais évidemment envisageable, visant le halal tout en épargnant le casher, on peut considérer que l’abattage rituel ne devrait guère être inquiété. Pour autant, les musulmans n’y seront pour rien, le CFCM se contentant d’appliquer les consignes du ministère de l’Intérieur.

Dernier point : si la communauté juive craint tout projet d’étiquetage des viandes issues de l’abattage rituel, ce sont avant tout les industriels qui mènent une féroce bataille pour que les consommateurs, tous les consommateurs, ne sachent absolument pas ce que contient leur assiette. Imposer un étiquetage les obligerait à une transparence qui leur coûterait des centaines de millions d’euros : on découvrirait alors que le déclaré « halal » relève en majorité de la contrefaçon, ce qui provoquerait un tsunami sur le marché du halal. Le halalgate actuel prendrait alors une toute autre dimension.