- Al-Kanz – Economie islamique en France et dans le monde - https://www.al-kanz.org -

Halalgate : Herta (Nestlé) halal n’existe plus

Herta halal : présence de porc selon un rapport d'analyses
Capture d’écran du site de Herta

Halalgate. Selon le site LSA [1], Herta, filiale du numéro 1 mondial de l’agro-alimentaire, abandonne le halal « du fait de ventes faibles et des suites de la polémique qui avait frappé la marque de Nestlé en janvier 2011. »

Début 2011, un rapport d’analyses révélait en effet la présence de traces de porc dans des knackis de la marque Herta [2]. Plutôt que de répondre aux interrogations et aux sollicitations des consommateurs, Herta, qui rata totalement sa communication de crise, préféra la politique de l’autruche au respect de ces derniers.

Le 1er février, soit trois semaines après l’éclatement de ce qu’il est convenu d’appeler désormais « l’affaire Herta », suite à la décision du groupe Casino de suspendre l’approvisionnement des saucisses suspectes [3] et l’éventualité d’un audit dans les usines d’Herta, les knackis n’étaient plus commercialisés. La presse s’emparait du scandale. Il en était fini des knackis prétendument halal. Cet arrêt soudain, même si prévisible, laisse toutefois derrière lui de nombreuses zones d’ombre. Car sur la présence du porc dans les knackis « halal », Nestlé n’a pas tout dit [4].

L’affaire Herta est aujourd’hui un cas d’école à l’université et dans les écoles de commerce. De nombreux étudiants la citent en exemple dans leur mémoire, tout comme à Science Po Paris, où l’expert Fabrice Epelboin, que l’on interviewait en janvier dernier (voir Fabrice Epelboin : « Il y a une vraie spécificité du cas Herta » [5]) en fait état.

On peut par ailleurs affirmer qu’il y a eu un avant et un après cette affaire. 2011 a d’ailleurs été une année décevante pour la vente des produits prétendument halal vendus en grande distribution. La faute au halalgate. Socopa a durement souffert et souffre toujours de son blacklistage par le groupe Casino (voir Neuf mois plus tard, Socopa toujours blacklisté par Casino, pas – encore – par Quick [6]). Fleury Michon s’interroge, tout comme d’autres marques qui jusque-là fanfaronnaient au mépris du consommateur. Zakia halal, la marque qui appartient à Panzani, a quitté la SFCVH-mosquée de Paris, certificateur halal des produits Herta, pour l’ARGML-mosquée de Lyon. Quant à Elsaada, dont quatre produits analysés sur cinq contenaient du porc [7], continue à écouler ses produits…

Les semaines et les mois à venir devraient voir le marché du halal se redessiner complètement, avec à la clé un assainissement qui profitera aux consommateurs et mettra fin à certaines pratiques, peut-être pas à toutes, de sociétés peu scrupuleuses, dont de grands noms, qui ont toujours considéré que ce marché était le leur et qu’ils n’avaient aucun compte à rendre.