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Finance islamique : François Hollande ouvrira-t-il les yeux ?

Finance islamique [1]. 6 juin 2011. Lors d’un rassemblement socialiste, Jean-Christophe Desprès, directeur de l’agence SOPI [2], prend le micro pour poser une question à celui qui deviendra un an plus tard président de la République française, François Hollande. Aux côtés de ce dernier, Aurélien Tricot, candidat malheureux aux primaires socialistes.

Nécrose à la française

Conscient du potentiel de la finance islamique, une finance aux antipodes de celle qui mine l’Europe, qui risque de (re)mettre à feux et à sang la Grèce, pays qui, ruiné par la finance spéculative, a porté aux pouvoir un parti néo-nazi – la réalité, en l’espèce, dépasse le point Godwin [3]–, Jean-Christophe Desprès interroge François Hollande. Ce dernier répond. Affligeant comme peut l’être l’incapacité très française à préférer la nécrose idéologique au pragmatisme.

Parce qu’elle prend ses sources dans l’islam, la finance dite “islamique” est du communautarisme. Nous avons là une solution parmi d’autres pour redresser l’économie, mais on choisit le chômage et la crise aux solutions “communautaristes”. Guy Mollet avait certainement raison, mais encore. La France n’a pas uniquement la droite la plus bête du monde [4]. Et qu’importe si des spécialistes ventent depuis plusieurs années les vertus de la finance islamique (voir Crise financière et récession : “C’est plutôt le Coran qu’il faut relire” [5]). Même le pape a dû se rendre à l’évidence [6]. Tout comme l’ancien ministre, pas connu pour son islamophilie débridée, Alain Madelin [7].

Des millions d’euros qui dorment

Il y a pourtant en France des millions d’euros qui ne demandent qu’à être investis notamment dans l’immobilier. Comme nous l’écrivions en 2009 (voir Le trésor caché des musulmans en France [8]) “des centaines de millions d’euros dorment dans les banques sans qu’ils ne puissent être, en l’état actuel, injectés dans l’économie réelle.” Cet argent, c’est celui des particuliers qui refusent d’accéder à la propriété via un crédit usuraire. En islam, le prêt à intérêt (riba [9]) est une abomination.

Ajoutons tout cet argent qui dort dans des comptes courants à la faveur des banques qui sont les seules bénécifiaires de ce trésor de guerre, en l’occurrence l’argent de tous ces projets de mosquée en construction ou à venir. Prenons un seul exemple qui en vaut cent, celui de la mosquée d’Aulnay-sous-Bois.

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Capture d’écran du site de l’ACM Aulnay [11]

Dans ce cas précis, ce sont donc au moins 3 millions d’euros qui ont transité par le compte en banque de cette association. Il en est de même, avec des montants variables, de tous les projets similaires en France. Selon une photographie du site Trouvetamosquee [12], 80 projets sont en cours pour un coût total de près de 150 millions d’euros. 150 millions qui ne sont pas investis dans l’économie réelle et qui dorment pendant des années. Un jour, les Français se réveilleront. Ou choisiront d’être grecs, pour paraphraser l’ancien président déçu [13].

Mais peut-être que François Hollande surprendra, comme il ne manque pas de surprendre depuis plusieurs mois, et se départira de cette gangue idéologique qui empêche la France d’accéder à des solutions salutaires pour l’économie. Peut-être.