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Le volailler Doux en difficulté

Doux non halal La Mecque

Le ciel se ternit pour l’ex-numéro français un de la volaille. Doux, dont les poulets prétendument halal continuent d’inonder les pays musulmans, dont l’Arabie saoudite et La Mecque [1], a dû “céder la gestion des usines de sa filiale brésilienne Frangosul au géant brésilien de la viande JBS Friboi”, selon le site spécialisé LSA qui rapporte l’information [2].

“JBS Friboi, le plus gros exportateur mondial de viande bovine et leader mondial de la volaille, « reprend la location des sites et du personnel de Frangosul », soit quelque 6 000 personnes, éleveurs et salariés des usines”, précise un syndicaliste au site La France agricole [3].

Alors qu’il est largement financé par l’Europe au travers de la PAC (politique agricole commune), à hauteur de 54,9 millions d’euros [4], Doux souffre de la concurrence notamment pour le marché intérieur. Christine Le Gouesbe, autre syndicaliste, indiquait au site Ouest France [5] que certains sites sont en sous-régime : « Nous sommes tombés à 42 000 dindes abattues par semaine contre 150 000, il y a dix ans, explique Christiane Le Gouesbe. Une partie des volumes perdus est allée à la concurrence ».

Si le groupe réussit néanmoins à garder la tête hors de l’eau, c’est grâce aux exportations notamment dans les pays musulmans. Depuis des années, Doux est en effet sauvé par la consommation importante de volailles dans les pays musulmans [6]. Or, comme l’ont démontré deux reportages, le premier censuré par M6, puis diffusé par Télérama.fr [7], puis le reportage explosif de Feurat Alani [8], diffusé sur Canal+ en 2011, ces poulets ne sont pas halal, bien qu’ils soient estampillés comme tel.

En Arabie saoudite, tout comme à Dubaï, la prise de conscience est réelle, même si lente. En février dernier, lors d’un colloque sur le halal qui a réuni des spécialistes du monde entier, la question du faux halal a été abordée. Les lignes bougent. Après la prise de position de certains savants reconnus [9], de nouvelles voix se font entendre. Trente ans après la ferme condamnation de feu Hamza Boubakeur, ancien recteur de la mosquée de Paris, de tous ces poulets prétendument halal vendus aux pays musulmans, la farce s’achemine vers un véritable fiasco. Au détriment de l’économie française, de toute une région agricole et de centaines de familles qui pourraient du jour au lendemain se retrouver dans une situation précaire après le licenciement de centaines de salariés. Il suffirait d’une décision, une seule, au plus haut sommet de l’Etat saoudien pour ruiner plusieurs volailliers français qui continuent de jouer avec le feu. Une seule.