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Le faux tract de Mélenchon et le fail

FN melenchon [1]

A défaut d’être sympathique, les xénophobes sont parfois amusants. A l’insu de leur plein gré. Octave, lycéen de 15 ans qui tient le blog Front contre Front [2], révélait que, à Hénin-Baumont, un tract anonyme – le courage est une vertu – et faux a été distribué dans la ville. Dans ce tract, les couards courageux auteurs citent une phrase tirée du discours de Jean-Luc Mélenchon à Marseille, en avril dernier, dans lequel il disait : “il n’y a pas d’avenir pour la France sans les Arabes et les Berbères du Maghreb”. Le président du Front de Gauche insistait alors sur la nécessaire coopération, selon lui, avec les pays du Maghreb.

Le propos, sorti de son contexte, a été détourné pour figurer sur ledit tract, où le rouge a été remplacé par le vert. De l’islam évidemment. La petite cerise sur le gâteau, c’est tout de même le slogan écrit en arabe. Ou presque. Les auteurs comptaient écrire “votons Mélenchon” en arabe. Ils ont donc certainement consulter un arabophone qui leur a proposé d’écrire ce qui suit (mot à mot “le vote Mélenchon) :

FN melenchon [3]

Jusqu’ici tout se passait comme sur des roulettes. C’était sans compter un joli fail : en lieu et place de la version arabe, on a eu la succession, à l’envers, des lettres arabes qui devaient composer le slogan ; soit, dans son équivalent français, “s n o t o v n o h c n e l é M”. Ça, c’est du slogan de bonhomme ! En arabe, le résultat est juste désastreux. Affligeant pour ces les auteurs qui n’ont peut-être rien remarqué.

Selon Marianne 2 [4], qui reprend l’information aujourd’hui, après le blogueur Octave, Bruno Bilde, responsable de la communication de Marine Le Pen, indique que les auteurs du tract sont « des gens proches du FN ».

En 1994, lors des municipales, Patrick Labaune [5], RPR, avait diffusé un tract anonyme sur lequel figurait une photo du maire socialiste, Rodolphe Pesce, en compagnie de l’imam lors de l’inauguration de la mosquée de Valence. On pouvait lire le texte suivant : “Pesce préfèrent les islamistes du FIS que les français ». Patrick Labaune, surnommé après cela par le Monde “le député corbeau”, avait pris soin d’ajouter les deux fautes de français.