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Finance islamique : un particulier achète son logement sans recourir au crédit à intérêts

Finance islamique [1]. Décembre 2011. Lors du Salon international du monde musulman [2], la banque marocaine Chaabi [3] et la société 570 [4] lançaient le premier produit financier islamique permettant l’acquisition d’un bien immobilier sans recourir à riba (usure, intérêt).

Riba est sévèrement proscrite en islam. C’est même une abomination. De fait, de nombreux musulmans refusent catégoriquement de recourir à des crédits traditionnels [5], ces banals crédits à intérêts. D’autres y recourent, non sans se dire qu’ils enfreignent un principe de leur credo.

Jusque-là en France il n’était pas possible d’acquérir un bien immobilier sans souscrire un crédit usurier. Avec ce nouveau produit, 570 et Chaabi ouvraient la voie à un nouveau marché. Le produit en question est fondé sur le principe de la murabaha, qui revient à un acte commercial banal : un tiers achète un produit qu’il revend à un autre avec une marge bénéficiaire. En l’espèce, la banque achète une maison qu’elle revend à un particulier.

Contrairement aux idées reçues, il ne s’agit pas là d’un crédit ribawi (à intérêts) déguisé [6].

Six mois après le lancement, le premier logement sous murabaha est une réalité depuis deux jours. C’est la société 570 qui l’annonçait hier sur Twitter.

Easi Murabaha [7]
Crédit – @570easi [8]

Concrètement, cela signifie qu’un particulier – en l’occurrence un couple de la région parisienne – a acquis un appartement de façon licite, sans recourir à un quelconque prêt à intérêts. Cette première encourageante ne manquera pas de créer un enthousiasme certain chez tous ceux qui attendent depuis des années que de tels produits soient commercialisés. Pour autant, la frilosité des banques françaises et l’aversion qu’il y a en France à l’égard de tous ce qui est accolé au terme « islamique » oblige à une certaine retenue. Si le marché est là, si les conditions sont réunies pour qu’une finance sans usure voit le jour, le contexte français, comme à l’accoutumée, ne favorise guère son développement. De fait, cette finance nouvelle en France est dans une phase pilote qui après maints efforts pourrait aboutir à des produits accessibles à un plus large public in cha’a-Llah.