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Abattage rituel : Wilders tancé par le grand rabbin d’Israël


Crédit – Flickr : Cea [1]

Sévèrement mouché. Geert Wilders, l’un des plus célèbres islamopathes au monde, soutien inconditionnel de l’État juif, vient de se faire taper sur les doigts par le grand rabbin d’Israël pour son acharnement à vouloir faire interdire l’abattage rituel aux Pays-Bas.

S’en prendre aux musulmans, toucher les juifs

Nuire aux musulmans par tous les moyens possibles, c’est le leitmotiv de l’ensemble des partis d’extrême droite en Europe. C’est même parfois dans certains pays, lors d’échéances électorales, la ligne principale adoptée pour remporter les élections.

Après le voile et les mosquées, c’est l’abattage rituel qui fait les frais depuis plusieurs mois de cette hystérie islamophobe. Mais, contrairement au voile et aux mosquées, l’abattage rituel touche aussi les juifs ; ce qui rend la tâche beaucoup plus compliquée à ceux qui prennent pour cible les musulmans.

L’UMP en a fait il y a quelques mois la douloureuse expérience. François Fillon s’est fait publiquement tirer les oreilles par le CRIF [2], Jean-François Copé a dû s’effacer après moultes vociférations [3] et menaces de prendre des mesures contre le halal, tout comme Nicolas Sarkozy qui s’est parjuré en l’espace de quelques jours pendant la campagne présidentielle. Quant à l’actuel ministre de l’Intérieur, farouche opposant au halal, il n’a pas hésité à faire une volte-face [4] remarquable.

Le sionisme comme caution de l’islamophobie

Dans une lettre adressée à Geert Wilders, Yona Metzger, grand rabbin d’Israël, somme l’islamopathe de cesser de soutenir l’interdiction de l’abattage rituel, rappelant que l’homme politique néerlandais, autoproclamé “meilleur ami d’Israël”, utilise ces mêmes vieilles méthodes antisémites qui ont longtemps visé à chasser les juifs du pays qu’ils habitaient. En Suisse, les autorités décidèrent, en 1894, d’interdire l’abattage rituel [5] afin de limiter l’entrée et la résidence des juifs sur le territoire helvétique.

Le camouflet est immense. Geert Wilders, à l’instar de son alter-ego, tout aussi névrosée, Pamela Geller, a gagné la sympathie de nombreuses organisations juives grâce à ses prises de position pro-israéliennes. En Europe, l’extrême droite est contre l’islam avec Israël [6]. On se souvient du voyage de Louis Alliot, numéro 2 du FN, en Israël pendant la campagne présidentielle [7]. Jusque-là, les autorités juives ont accueilli avec complaisance ces soutiens. En France, pendant longtemps, le CRIF a hurlé avec les loups [2]. Mais l’islamophobie étant très souvent un antisémitisme de lâches, les juifs ont fini par devenir les victimes collatérales des campagnes islamophobes.

Wilders désavoué par Israël

Aujourd’hui, l’abattage rituel est sérieusement menacé, tout comme la circoncision [8]. Les autorités juives se réveillent et prennent le problème vraiment au sérieux. Le soutien opportuniste à Israël ne suffit plus. C’est une très mauvaise nouvelle, un coup dur pour les partis et organisations islamophobes. En sommant Geert Wilders de prendre ses distances avec Dion Graus, porte-parole du parti des animaux [9], parti qui veut interdire l’abattage rituel aux Pays-Bas, Yona Metzger abîme sérieusement, sans pour autant la compromettre, sa stratégie de conquête du pouvoir.

“On ne peut être à la fois un ami d’Israël et du peuple juif et, d’autre part soutenir une loi anti-juive et être amis avec M. Dion Graus”, écrit le rabbin à Wilders. Le désaveu est profond. Geert Wilders est dans l’impasse : soit il continue sa campagne islamophobe contre l’abattage rituel et perd ses précieux soutiens férocement pro-Israël dans la communauté juive, soit il renonce à s’attaquer à l’abattage rituel et il perd l’un de ses précieux leviers islamophobes.