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Finance islamique : la société 570 installe la franchise halal Al-Farooj

En mars 2010, nous vous annoncions l’arrivée en France de l’enseigne dubaïote Al-Farooj [1]. Deux ans et demi plus tard, le premier restaurant d’Al-Farooj [2] s’apprête à ouvrir ses portes à Alfortville, en région parisienne. Al-Islami Group, à qui appartient Al-Farooj, a en effet choisi d’octroyer la master franchise à la société Bibars, laquelle envisage d’étendre le concept à la France entière.

Filiale du puissant conglomérat S.S. Lootah [3], qui compte dans son portefeuille, outre la puissante Dubaï Islamik Bank, pas moins de 150 sociétés dans le BTP, la finance, l’hôtellerie, l’énergie, etc., Al-Islami Group exporte pour la première fois sa franchise Al-Farooj en Europe. La grande nouveauté se situe pourtant ailleurs.

Un financement par sukuk

Sollicitée par la société dubaïote pour développer le concept Al-Farooj dans un premier temps en France, Bibars s’est enjoint les services de 570 easi [4], une société d’ingénierie financière spécialisée dans la finance islamique, qui s’est illustrée en 2011 avec le lancement du premier produit financier islamique permettant d’acquérir un bien immobilier [5].

La société Bibars a ainsi pu financer l’ouverture de son premier restaurant Al-Farooj grâce à l’émission d’un sukuk de 500 000 euros. Le sukuk est une obligation participative. Il permet à un investisseur de financer, en l’espèce, un restaurant sur une période donnée avec un certain taux de rendement. Dans le cas présent, ce sont des investisseurs, clients de la société 570, qui ont ensemble investi 500 000 euros pour une durée maximale de cinq ans avec un taux de rendement espéré de 8 % par an.

Des nouvelles perspectives pour les entreprises françaises

Au-delà d’Al-Farooj, c’est bien l’ensemble des entreprises françaises qui voient s’ouvrir là une nouvelle source de financement. Alors que la crise a rendu plus difficile l’accès au crédit bancaire, le recours aux sukuks offre des perspectives particulièrement intéressantes. Loin de la finance spéculative, ces outils, nouveaux en France, peuvent en effet permettre aux entrepreneurs à la recherche de financements de trouver d’autres solutions que celles offertes par les banques.

Or, comme on le constate avec le crowdfunding [6], la tendance est à la finance participative. Avec les sukuks, ce mode de financement a un atout non négligeable : il est adossé à des actifs réels. C’est donc l’économie réelle qui est ainsi favorisée et non plus la finance spéculative. La société Bibars ne s’y est pas trompée : elle envisage d’ouvrir dans les années à venir une cinquantaine d’établissements dans toute la France en recourant de la même manière que pour son premier restaurant à l’émission de sukuks.

L’émission de ce premier sukuk a été validée par un membre du comité de validation ACERFI, lequel avait déjà en 2011 validé le compte bancaire Harmonis, de la Chaabi Bank [7]. La franchise Al-Farooj, en France, est certifiée par l’organisme de certification et de contrôle AVS. Le premier restaurant ouvre en septembre in cha’a-Llah.