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Copé : l’islamophobie actée par les médias


Crédit – Délit Maille [1]

Le 10 octobre dernier, le collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) organisait une distribution de pains au chocolat en guise de réponse-pied de nez aux propos démagogiques et racoleurs de Jean-François Copé, candidat paniqué à la présidence de l’UMP.

Accueillie positivement, cette opération a été couverte pas de nombreux médias français et étrangers (Distribution de pains au chocolat : revue de presse [2]).

Outre l’AFP, France 5 ou encore France Inter, Le Figaro, quotidien de droite, et Libération, quotidien de gauche, ont traité de cette distribution gratuite de pains au chocolat. Comme très souvent, le traitement de ces deux titres a été différent. Radicalement différent, étonnamment différent même, diront certains. Ou pas.

Regardons de plus près le titre choisi par Libération : “Coup de comm chocolatée contre le “climat islamophobe””. Le journal de gauche a choisi de mettre entre guillemets “climat islamophobe”. Il aurait pu choisir d’écrire “contre l’islamophobie”, mais il a préféré “climat islamophobe”.

L’islamophobie est ainsi diluée dans quelque chose qui relèvera plus de la perception que de la réalité ; en l’occurrence, peut-on imaginer, celle des bénévoles du CCIF qui ce matin œuvrait au dialogue autour de ce mal qui ronge la société française. On peut aussi penser que Libération ait usé des guillemets pour se démarquer d’une opinion qui n’est pas sienne.

Mise en perspective avec le titre choisi par Le Figaro, la prudence de Libération dénote. Le journal de droite a en effet très clairement considéré que cette distribution de pains au chocolat fut motivée par l’islamophobie. De quoi avaler de travers… son petit pain, Jean-François.

Même TF1, comme Rue 89, choisit de parler “d’islamophobie”.

rue 89 islamophobie

L’islamophobie serait ainsi une réalité pour certains médias. Mais pas pour d’autres.

Il reste du chemin à parcourir avant que l’on admette clairement que l’islamophobie gangrène la France. Ni les profanations de mosquées à répétition (six en quelques semaines [3]), ni les incendies de lieux de culte musulmans, pas même le mitraillage d’une mosquée [4] en 2010, celle d’Istres, ou encore les tirs à la kalachnikov contre une boucherie halal ne suffisent à convaincre qu’il y a urgence. Les pyromanes soufflent toujours sur les braises, quand ils ne les allument pas, et les autorités restent passives.