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Le Crédit lyonnais résilie arbitrairement le compte de la mosquée d’Ecquevilly

Mosquée d'Ecquevilly
Future mosquée d’Ecquevilly [1] (78)

Début mars, l’agence LCL de la ville des Mureaux dans le département des Yvelines a informé l’association islamique Malik ibn Anas d’Ecquevilly (AIMA) de la fermeture de son compte en banque.

De fâcheux précédents

Souvenez-vous. En 2005, le Crédit agricole ferma arbitrairement le compte de l’union des associations musulmanes de Créteil (UAMC) pourtant « approvisionné à hauteur de 760 000 euros [2] », comme le déplorait à l’époque le président de l’association Karim Benaïssa. Cette somme correspondait aux dons collectés en vue de construire la mosquée qui vit le jour quelques années plus tard [3].

La direction régionale indiqua laconiquement ne plus avoir « convenance à maintenir les relations d’affaires existantes à ce jour » entre la banque et l’UAMC. Soutenue par le maire de la ville, qui jugea « discriminatoire » la clôture de ce compte sans justification, l’UAMC décida de porter plainte contre la banque [4]. Bon an mal an, la mosquée fut inaugurée le 18 décembre 2008 [5].

Quelques années plus tard, en 2009, une autre agence du Crédit agricole refuse d’ouvrir un compte professionnel à la société Hanut-ul-Muslim [6] « dans la mesure où l’activité est à caractère religieux ». Le Crédit agricole indiquait désirer « rester neutre de ce point de vue ». Sauf quand il s’agissait de prendre l’argent des barbus, puisque la même année trois produits prétendument shariah-compliant [7] étaient, en France, mis sur le marché.

En 2012, quelques jours avant le mois de ramadan, c’est au tour du Crédit lyonnais de fermer le compte de l’association Oumati [8] là encore pour une raison fallacieuse. La même année, plusieurs entrepreneurs musulmans voient leurs comptes bancaires, personnels et professionnels, clos par la HSBC sans aucune explication. Les exemples de fermetures arbitraires et douteuses ne manquent pas. La dernière en date est celle de la mosquée d’Ecquevilly dans le département des Yvelines (78).

Une indéniable « discrimination », selon l’association musulmane

Dans un communiqué de presse, publié la semaine dernière, le président de l’association islamique Malik ibn Anas d’Ecquevilly (AIMA), l’association gestionnaire du lieu de culte, dit son « désolement » et son « incompréhension » à propos de ce « conflit qui surgit de nulle part » entre l’agence de la ville des Mureaux (78) et l’AIMA, cliente depuis quinze ans.

Porteuse d’un projet de construction d’un centre culturel et cultuel « afin de répondre aux besoins des musulmans de prier dans un lieu digne de leur religion », l’AIMA a entrepris depuis 2010 une collecte de fonds pour réunir le million d’euros nécessaire à la construction de la mosquée. Un cinquième de la somme totale, soit 200 000 euros, ont pu à ce jour être réunis, notamment grâce à une campagne de collecte d’argent dans les mosquées, les marchés et chez les commerces qui acceptent le dépôt d’une tirelire.

Coup de massue le 1er mars 2013 quand l’AIMA reçoit une lettre de l’agence LCL des Mureaux, dans laquelle la banque informe l’association d’Ecquevilly de la résiliation de son compte bancaire. Un entretien avec le directeur de l’agence est alors sollicité. Rendez-vous pris pour le 21 mars.

Lettre de la LCL à la mosquée d’Ecquevilly

Monsieur,

Notre établissement a le regret de vous informer qu’il met fin par la présente à nos relations contractuelles.

En conséquence, la clôture de vos comptes interviendra à l’expiration d’un délai de préavis de 30 jours soit le 1/04/2013.

Nous vous demandons de bien vouloir vous assurer qu’à cette date, vos comptes présentent des soldes positifs ou nuls sachant que ceux-ni n’enregistreront à compter de la date de clôture aucune opération autre que le dénouement de celles en cours initiées avant cette date.

Nous vous prions également de nous restituer tous les moyens de paiement en votre possession et de prendre d’ores et déjà toutes les dispositions pour la modification de vos domiciliations bancaires.

Enfin, nous vous informons que vous avez la possibilité de recourir au Médiateur du crédit. Vous trouverez toutes les informations nécessaires sur le site Internet (www.mediateurducredit.fr) ou en appelant le numéro AZUR 0810 00 12 10 (prix d’une communication locale).

Nous vous prions d’agréer, Monsieur, nos salutations distinguées.

LCL-mosquee-ecquevilly [9]

Lors de l’entretien le directeur « explique que la fermeture du compte est due aux dons manuels qui fluctuent sur [le] compte de l’AIMA : « La LCL ne veut pas avoir à justifier de la provenance des dépôts en espèces sur notre compte auprès des autorités. »

Les mosquées « prises pour cible »

La raison, évidemment fallacieuse, est dénoncée par l’AIMA, qui rappelle que la Croix rouge ou encore la fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France et l’opération Pièces jaunes déposent régulièrement de l’argent en espèces ; tout comme la centaine d’associations musulmanes qui collectent de l’argent [10] en vue de la construction d’une mosquée. Pour l’association Malik ibn Anas, il ne fait aucun doute : la décision revêt un « caractère discriminatoire », les mosquées sont « prises pour cible afin d’en empêcher la construction ».

Dénonçant la LCL qui « se cache derrière son droit de résilier tout contrat qu’elle a avec ses clients et ce sans motivation nécessaire », le président de l’AIMA invite chacun à faire part de votre indignation auprès de LCL à l’adresse suivante : [email protected]

Contactons le Crédit lyonnais

Si l’agence bancaire n’est pas tenue de motiver toute fermeture de compte, il est temps de faire entendre aux banques que l’arbitraire a ses limites. Ne nous trompons pas : les associations musulmanes sont en position de force. Entre le début des collectes et l’inauguration d’une mosquée, il se passe plusieurs années, pendant lesquelles l’argent nécessaire au projet dort tranquillement dans des comptes. Ce sont ainsi plusieurs millions d’euros qui alimentent en France les banques.

S’il vous semble important de faire état de votre surprise auprès de la LCL, nous vous invitons :

1- à appeler son service clients au 09 69 36 30 30 (numéro gratuit depuis un poste fixe),
2- à appeler l’agence des Mureaux au 01 30 22 45 91.
3- à envoyer un mail à : [email protected]

On vous dira certainement que c’est là une affaire privée et qu’aucune information ne pourra vous être fournie. Qu’à cela ne tienne. Il s’agit moins d’avoir des informations de toute façon confidentielles que de faire prendre conscience à cette banque que nous ne sommes plus disposés à subir l’arbitraire. Si le Crédit lyonnais ne reviendra certainement pas sur cette décision, il faut qu’il se souvienne de cette fermeture cavalière.

4- à demander des explications sur la page Facebook de LCL : LCL sur Facebook [11]
5- à diffuser l’information sur Facebook et sur Twitter.
6- à contacter le médiateur du crédit en vous rendant sur le site www.mediateurducredit.fr [12] ou en appelant le numéro AZUR 0810 00 12 10. Pour information, l’ensemble des banques n’apprécient pas du tout être dans le viseur du médiateur du crédit. Profitons-en

Ne négligez le pouvoir de votre souris ou de votre téléphone. Ne laissons plus rien passer et n’oublions pas que tant qu’un fait n’est pas mis au jour, tant qu’il n’est pas clairement visible, il n’existe pas. Ni les médias, ni les politiques, ni personne n’en ferons état. Faisons chauffer les SMS. Mobilisons-nous !