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UOIF : le procès contre Marine Le Pen fixé au 9 juillet prochain

RAMF 2012 - UOIF

Ahmad Jaballah, président de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France), avait annoncé le 30 mars 2012 vouloir porter plainte contre Marine Le Pen pour diffamation, suite à un communiqué de presse publié le 30 mars 2012, en pleine campagne présidentielle, dans lequel elle demandait l’interdiction du rassemblement annuel .

Haro sur les musulmans

Alors que le muslim bashing battait son plein, la présidente du Front national n’avait pas hésité à considérer l’UOIF « comme proche des islamistes, sinon même des terroristes ».

Quelques jours à peine après les assassinats perpétrés par Mohamed Merah contre deux militaires français d’origine maghrébine, des enfants juifs et leur père, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen comptaient bien profiter du contexte particulièrement tendu pour convaincre les électeurs que la France était en grand danger. A cause des musulmans, évidemment.

Nous étions alors en plein délire. Chacun tentait d’exploiter la moindre occasion pour s’en prendre aux musulmans. Nicolas Sarkozy voulait absolument montrer aux Français qu’il avait la situation en main et qu’il agissait pour la sécurité du pays. C’est ainsi que l’ancien président décida d’interdire le territoire à des savants musulmans invités au rassemblement annuel des musulmans de France (RAMF) que l’UOIF organisait pour la 29e année consécutive. Akrima Sabri, Ayed Ben Abdallah al-Qarni, Safwat al-Hijazi, Abdallah Basfar se sont vu refuser ou retirer la possibilité de se rendre sur l’ensemble du territoire français.

L’UOIF, une cible facile

Par ailleurs, alors ministre de l’Intérieur, Claude Guéant adressa une mise en garde outrageante à l’UOIF. Le rassemblement devait “se tenir dans le respect des lois et des principes républicains”, somma-t-il. Il s’agissait moins pour Nicolas Sarkozy, qui en 2003 se rendit au RAMF, de mettre en garde l’UOIF que d’une part d’envoyer un message aux électeurs, d’autre part d’occuper le terrain face à une Marine Le Pen en embuscade.

Nicolas Sarkozy et les musulmans

“[…] Je les connais, les musulmans. Et je vais vous dire : je les apprécie. Moi je suis allé au congrés de l’UOIF. Je suis intervenu devant l’UOIF. Parce que les musulmans, c’est pas que Dalil Boubakeur.” Échange de mines surprises. “Attendez ! Je l’adore, Dalil. Il est formidable ! Mais il représente les musulmans comme moi les moines trappistes, hein ?”

Propos rapportés par l’ancien ministre Bruno Le Maire dans son ouvrage Jours de pouvoir [1].

C’est donc dans ce contexte de surenchère que Marine Le Pen, ivre d’elle-même, s’en prit violemment à l’UOIF, dont elle réclama ni plus ni moins la dissolution, ainsi que l’interdiction du RAMF, qui put toutefois avoir lieu du 6 au 9 avril 2012. Toute honte bue, la présidente du FN alla jusqu’à affirmer qu’elle « aidera les Français musulmans à se libérer de l’emprise de ces fanatiques qui pourrissent les quartiers et oppriment les femmes, en pervertissant la religion ».

Réplique immédiate de l’UOIF qui dénonça dans un communiqué « les propos de Marine Le Pen […] une fois de plus diffamatoires. » Et son président, Ahmed Jaballah, d’ajouter que si “ces accusations n’ont pas de valeur pour [l’UOIF] », cette dernière allait “poursuivre Marine Le Pen en justice pour ces déclarations, parce que ces déclarations sèment le doute, la haine.” La date du procès a été fixée hier au 9 juillet 2013, qui, ironie du sort, correspondra peut-être au premier jour du mois de ramadan.

L’UOIF, une organisation radicale ?

Alors que l’Union des organisations islamiques de France n’a de cesse de lisser son image, le discours dominant entretenu par les expertologues en islam Fourest, Sifaoui, Meddeb ou encore Bidar veut qu’elle soit une organisation “radicale” ; ce qui doit bien faire rire dans les chaumières musulmanes.

Pas plus tard que dimanche, alors que se tenait la 30e édition du RAMF, Frédéric Martel, journaliste radio qui officie sur France culture, précisa au détour d’un message sur Twitter que l’UOIF appartient à l’islam radical. On ne rit pas.

C’est à ce type de déclaration que l’on peut mesurer la qualité d’un journaliste, qui comme dans le cas présent peut en une phrase ruiner sa crédibilité : comment donner du crédit à son propos, sur quel que sujet que ce soit, quand de telles énormités sont proférées publiquement ? #Fail.