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Meilleure baguette 2013 : boulanger, Rhida Khader fournira l’Elysée

ridha khader lauréat du prix de la meilleure baguette de Paris

Le verdict est tombé. La Chambre professionnelle des artisans boulangers-pâtissiers a sacré jeudi 25 avril « meilleure baguette artisanale de Paris » la baguette d’un boulanger du 14e arrondissement de la capitale.

203 baguettes concourraient. Disqualification pour 52 baguettes qui ne respectaient pas les critères de taille et de poids. Les 151 autres baguettes sont passés par le palais intransigeant du jury. Aspect, cuisson, mie, alvéolage, teneur en sel, odeur et goût, autant de critères qui ont permis de sélectionner la meilleure baguette de Paris.

L’heureux élu s’appelle Ridha Khadher. D’origine tunisienne, il prépare son bon pain au 156, rue Raymond Losserand, dans le 14e arrondissement de Paris. Ce prix fait de Ridha Khadher le fournisseur officiel de l’Elysée pendant un an. Son prix lui sera remis le 8 mai prochain. Le lauréat gagne par ailleurs une prime de 4 000 euros.

Un Arabe, fournisseur officiel du pain du palais présidentiel, ça évoque évidemment le sketch de Fernand Raynaud.

« Le Douanier » 
de Fernand Reynaud

J’suis pas un imbécile, moi, j’suis douanier, j’aime pas les étrangers. Ils viennent manger le pain des Français. Ouaih, c’est curieux, comme profession, je suis douanier puis j’aime pas les étrangers.
Quand je vois un étranger qui arrive et qui mange du pain, je dis : « Ça, c’est mon pain » ; puisque je suis français, et qu’ils mangent du pain français, donc c’est mon pain à moi.
Moi, j’aime pas les étrangers parce que moi, je suis français et je suis fier d’être français ! Mon nom à moi, c’est Koularkerstensky du côté de ma mère et Piazano Venditti, du côté d’un copain à mon père !
C’est pour vous dire si j’suis français ! J’aime pas les étrangers. Ils viennent manger le pain des Français.

Dans le village où on habite, on a un étranger. Alors quand on le voit passer, on dit : « Tiens, ça, là », on le montre du doigt comme un objet ; ils viennent manger le pain des Français… Quand sa femme passe, la tête basse, avec ses petits enfants qui baissent la tête, « Ça, ça, là, c’est des étrangers. Ils viennent bouffer le pain des Français. »
L’autre dimanche, dans mon village, c’était à la sortie de la messe de 10 heures, j’avais été communié au café d’en face. Il y a l’étranger qui a voulu me parler. Moi, j’ai autre chose à faire, vous pensez, parler avec un étranger ! J’avais mon tiercé à préparer…

Enfin, du haut de ma grandeur, j’ai daigné l’écouter. Il m’a dit : « Ne pensez-vous pas qu’à notre époque, 1972, c’est un peu ridicule de traiter certaines personnes d’étrangères… Nous sommes tous égaux. Voilà ce que j’avais sur le cœur, je voulais vous dire ça, Monsieur le douanier. Vous, qui êtes fonctionnaire et très important, vous qui avez le bouclier de la loi. Nous sommes tous égaux, on peut vous le prouver. Quand un chirurgien opère un cœur humain, que ce soit au Cap, à Genève, à Washington, à Moscou, à Pékin, il s’y prend de la même manière. Nous sommes tous égaux. »

Oh ! Andouille ! Venir me déranger pour me dire des inepties pareilles ! Il a poursuivi, ils sont tellement bêtes, ces étrangers ! Ils viennent manger le pain des Français !
Il m’a dit : « Est-ce que vous connaissez une race où une mère aime davantage ou moins bien son enfant qu’une autre race ? »

Là, j’ai rien compris à ce qu’il a voulu dire. J’en ai conclu qu’il était bête. En effet, lorsque quelqu’un s’exprime et que l’on ne comprend pas ce qu’il dit, c’est qu’il est bête, et moi, je peux pas être bête, je suis douanier.

« Va-t-en, étranger ! »

Il m’a répondu : « J’en ai ras-le –bol. Votre race et sa noblesse. Il a pris sa femme, sa valise, ses enfants. Ils sont montés sur un bateau, ils ont été loin au-delà des mers. Et depuis ce jour-là, dans notre village, on ne mange plus de pain… Il était boulanger…

Transcription du sketch via Le Web pédagogique [1]

Liste des lauréats du prix de la meilleure baguette de Paris depuis 1994

2013 – Ridha Khadher, 156, rue Raymond Losserand, Paris 14e arrondissment
2012 – Sébastien Mauvieux, boulanger au 159, rue Ordener, 18e arrondissement.
2011 – Pascal Barillon, Au Levain d’Antan, 6 rue des Abbesses, Paris, 18e arrondissement
2010 – Djibril Bodian, Le Grenier à Pain Abbesses, 38 rue des Abbesses, Paris, 18e arrondissement
2009 – Franck Tombarel de la boulangerie Le Grenier de Félix (64, av. Félix Laure, Paris, 15e arrondissement
2008 – Anis Bouabsa, Au Duc de la Chapelle, 32 rue Tristan Tzara, Paris, 18e arrondissement
2007 – Arnaud Delmontel, 39 Rue des Martyrs, Paris, 9e arrondissement
2006 – Jean-Pierre Cohier 270 rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris, 8e arrondissement
2005 – Eric Sanna, Paris, 20e arrondissement
2004 – Pierre Thilloux, La fournée d’Augustine, 96 rue Raymond Losserand, Paris, 14e arrondissement
2003 – Laurent Connan 38 rue des Batignolles, Paris, 17e arrondissement
2002 – Raoul Maeder, 111 Boulevard Haussmann, Paris, 8e arrondissement
2001 – Pierre Demoncy, Au 140, 140 Rue de Belleville, Paris, 20e arrondissement
2000 – Raoul Maeder, 111 Boulevard Haussmann, Paris, 8e arrondissement
1999 – Stéphane Pouget, 104 rue Bobillot, Paris, 13e arrondissement
1998 – Philippe Gosselin 123-125, 123-125 rue Saint Honoré, Paris, 1er arrondissement
1997 – René Saint-Ouen, 111 boulevard Haussmann, Paris, 8e arrondissement
1996 – Philippe Gosselin, 123-125 rue Saint-Honoré, Paris, 1er arrondissement
1995 – Jean-Noël Julien, Maison Julien, 75 rue Saint-Honoré, Paris, 1er arrondissement
1994 – René Saint-Ouen, 111 boulevard Haussmann, Paris, 8e arrondissement