- Economie islamique - https://www.al-kanz.org -

Finance islamique : “En France, il est indispensable de travailler à une prise de conscience générale”

aidimm

Finance islamique [1]. Alors que Londres est toujours déterminée à devenir incontournable en matière de finance islamique [2], pour des raisons principalement idéologiques la France, qui dispose pourtant de bien des atouts, est à la traîne. La finance islamique, qui réconcilie la finance avec l’économie réelle, peut réussir en France, comme nous l’explique l’expert Oumar Seye, président de l’association AIDIMM [3].

Al-Kanz : Pourriez-vous avant toute chose dresser un état des lieux de la finance islamique en France ?
Oumar Seye : 
La finance islamique a fait l’objet de nombreuses avancées entre 2008 et 2010. Il y a eu à cette époque une véritable volonté politique pour promouvoir et faire de la France un hub (plateforme) de la finance islamique en Europe. En 2008, Paris Europlace annonçait des mesures concrètes en faveur de la finance islamique. En 2009 [4] et 2010 [5], des instructions fiscales sont publiées, permettant la mise en œuvre de produits tels que la murabaha, les sukuks [6], l’ijara [7], etc.
Depuis 2010, les principaux faits marquants sont liés à l’ouverture du premier compte bancaire shariah-compatibles [8] et du lancement d’un produit de financement immobilier sous forme de murabaha par le groupe 570 et Chaabi Bank [9]. C’est une étape majeure dans l’évolution de la finance islamique en France.
Enfin d’autres projets ont suivi en 2013 comme le sukuk Al Farooj [10]. Nous sommes dans une véritable dynamique qui laisse présager d’un avenir plus généreux en solutions shariah-compatibles.

Al-Kanz : De quelle manière selon vous, la finance islamique pourrait faire du bien à l’économie française ?
Oumar Seye :
 L’essoufflement de l’économie française (chômage, croissance, nulle, baisse de la consommation des ménages, etc.) est indéniable. La finance islamique présente trois atouts majeurs pour la France :
– une demande en solutions shariah-compatibles de la part des ménages musulmans qui reste à satisfaire. Il y a là un véritable vivier de croissance au regard des millions de musulmans que compte la France,
– à l’échelle européenne, on constate un besoin de refinancement assez marqué (Etats, collectivités, projets de développement, entreprenariat). Les fonds islamiques en quête de débouchés pourraient trouver des opportunités d’investissement et par la même de soutiens d’activités à forte valeur ajoutée,
– les partisans d’une finance alternative, régulée, corrélée à l’économie réelle et profondément éthique dans ses principes et modes opératoires peuvent également s’y retrouver.

Al-Kanz : Pourtant, cette finance éthique a bien du mal à s’installer. Comment l’expliquez-vous ?
Oumar Seye :
 Il y a clairement un problème d’image. Les institutions financières françaises disposent de toute l’expertise pour structurer et distribuer des produits shariah-compatibles. Ces dernières sont d’ailleurs présentes dans les pays du Golfe au travers de filiales pleinement dédiées à la finance islamique. Le rapport à l’islam, les amalgames sont de véritables freins. Ajoutons que la communauté musulmane n’exprime par ailleurs pas assez ses besoins, pourtant bien réels.

Al-Kanz : Malgré tout, Aidimm continue à y croire. Qu’est-ce qui permet, au-delà du credo, de croire que des projets en finance islamique pourraient voir le jour en France ?
Oumar Seye :
 Aidimm continue à militer et demeure convaincue que l’édifice reste à construire. Malgré l’absence de banque islamique, des formations académiques sont dispensées, ce qui permet de faire émerger des compétences qui seront indispensables dans un avenir proche. Par ailleurs, sur le marché, même si elle est toute récente, l’offre du groupe 570, qui a réussi à structurer des produits sans intermédiation bancaire, incarne la possibilité de la finance islamique en France. Il faut y croire et continuer à encourager les nombreuses initiatives du moment.

Al-Kanz :  Pensez-vous que les particuliers, les consommateurs, ont un rôle à jouer dans la mise en place, certaine et pérenne, de la finance islamique ?
Oumar Seye :
 Oui, très clairement. D’ailleurs l’un des objectifs-clef d’Aidimm depuis sa création en 2005 demeure la sensibilisation des consommateurs. Il est indispensable de travailler à une prise de conscience générale afin que les principes majeurs de cette finance soient mieux connus et la cause amplement partagée. Il y une marge de progression encore importante en la matière.

Al-Kanz : Samedi 22 juin, vous organisez une formation sur toute une journée. En quoi consistera-t-elle ?
Oumar Seye :
 Aidimm organise en moyenne trois séminaires par an. Le séminaire du 22 juin qui se tiendra sur une journée aura trois objectifs :
– un rappel des fondements de la finance islamique avec un zoom sur des notions essentielles telles que la monnaie, la différence entre le commerce & l’intérêt, l’endettement dans sa vision islamique
– un état des lieux de cela finance islamique en France ainsi qu’en Europe
– une table ronde afin que le public puisse librement échanger avec nos invités (Groupe 570, Chaabi Banque, Ansar Finance, etc.)

Les inscriptions se font sur le site de l’association www.aidimm.com

Tarif (participation aux frais d’organisation)
Membre adhérent AIDIMM : 12 € (saisir le code de réduction reçu par mail)
Non-adhérent étudiant/chercheur d’emploi : 19 €
Non-adhérent actif/salarié/entrepreneur/professionnel : 27 €

Une fois votre inscription confirmée, vous recevrez tous les détails par mail. Si vous ne pouvez payer en ligne par carte bancaire, vous pouvez adresser un chèque à l’ordre d’Aidimm au 12 rue Sadi Carnot, 93170 Bagnolet en mentionnant au dos du chèque votre nom et votre prénom, votre e-mail et votre n° téléphone.

Un ticket d’entrée vous sera alors envoyé par l’administration dès réception de votre règlement

Pour tout complément d’information, veuillez contacter l’association AIDIMM par mail à [email protected] ou par téléphone au 06 95 07 12 70.

Code de réduction pour les Al-Kanznautes. L’AIDIMM offre une remise de 10 euros pour la formation, si lors de la préinscription vous indiquez le code de réduction suivant : ADFI1522.