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Agression à Argenteuil : une femme voilée au ministère de l’Intérieur, sans Manuel Valls

Islamophobie [1]. La femme voilée victime d’une agression le 13 juin dernier à Argenteuil [2] près de Paris a été reçue avec son mari au ministère de l’Intérieur. Mardi dernier, Hosni Maati, avocat de la victime, annonçait le décès du bébé que portait la jeune femme de 21 ans.

Une violence normale

Malgré la violence de ces deux agressions, Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, a choisi de garder le silence. Tout comme Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, hormis quelques-unes. Les agressions des ces femmes à Argenteuil ont été suivi du silence de ces ministres socialistes – et de ces féministes dont le « silence ahurissant » a choqué au-delà des musulmans eux-mêmes [3]. C’est un fait. Ces femmes sont voilées, seraient-elles peut-être coupables. Violence normale.

Il faut rappeler que depuis l’affaire Baby Loup Manuel Valls et Najat Vallaud-Belkacem ont multiplié les attaques contre toutes ces femmes, musulmanes, qui ont décidé de porter le voile. On comprend dès lors qu’une femme voilée agressée, ce n’est pas la République qui est agressée. C’est une femme qu’il convient de dévoiler. Le reste est secondaire.

Deux poids deux mesures

Selon la presse, la jeune femme et son époux ont été reçus par le cabinet du ministre et non par le ministre lui-même. Ce dernier s’est contenté la veille de faire parvenir une lettre à chacune des deux victimes « pour leur apporter son soutien », indique-t-on au ministère. Fallait-il qu’il les rencontre personnellement ? Nous ne croyons pas que cette tradition démagogique, instaurée par Nicolas Sarkozy, qui consiste au moindre fait-divers à mobiliser un ou plusieurs ministres soit bonne.

D’abord parce qu’un ministre n’a pas vocation à consoler les victimes, mais à employer son temps à servir l’Etat. Ensuite parce que le ministère finit par opérer inexorablement une hiérarchisation des victimes, bon gré mal gré. En l’espèce Manuel Valls se rend coupable d’un insupportable deux-poids deux-mesures. Dans la République du ministère de l’Intérieur toutes les victimes ne se valent pas.

L’une des victimes a été reçue. Ce n’est pas une mauvaise chose. Mais il en faudra un peu plus pour convaincre les musulmans que le gouvernement est déterminé à combattre l’islamophobie, ce qui, malgré l’urgence, est loin d’être une préoccupation des autorités. Car au-delà de ces deux agressions, avant ces deux agressions, actes et paroles islamophobes comme profanation de mosquées se sont multipliées ces derniers mois, jusque dans l’Assemblée. Il est temps de mettre un coup d’arrêt à toute cette haine.